Qui aurait pu envisager la possibilité que Cam Newton puisse être incapable de se trouver un boulot dans la NFL il y a quelques années ? C’est pourtant ce qui semble être le cas.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

En 2015, Newton était l’un des joueurs les plus spectaculaires et productifs, non seulement du football, mais bien du sport professionnel en général. Ses 35 passes de touché et 10 majeurs au sol avaient permis aux Panthers de la Caroline de connaître la meilleure saison de leur histoire avec une fiche de 15-1 et une participation au Super Bowl.

Cam « Superman » Newton se moquait de rivaux trop petits ou pas assez rapides, marquait des touchés à profusion et les célébrait avec un « dab », puis remettait le ballon en guise de souvenir à un jeune spectateur dans les gradins. Newton a été nommé joueur par excellence du circuit en 2015 et la vie était belle.

C’est précisément lors du 50e Super Bowl qu’est survenu le début du déclin. Très ordinaire dans la défaite de 24-10 des Panthers contre les Broncos de Denver, Newton a perdu l’estime de beaucoup de gens dans les dernières minutes du match.

C’était 16-10 et il restait environ quatre minutes à jouer au quatrième quart lorsque Von Miller a fait perdre le ballon à Newton profondément dans le territoire des Panthers.

Plutôt que de tenter de récupérer le ballon qui se trouvait devant lui sur le sol, on se rappellera que Newton s’était inexplicablement éloigné de l’action. C’est finalement le demi de sûreté T. J. Ward qui a récupéré le ballon à la ligne de 4 des Panthers, et c’est essentiellement de cette façon que la saison de rêve des Panthers s’est terminée.

Dans les jours qui ont suivi, Newton s’est défendu en disant qu’il n’avait pas essayé de récupérer le ballon afin d’éviter une blessure. Au Super Bowl, alors que son équipe avait un retard de seulement 6 points et qu’il ne restait que quelques minutes à la rencontre… Rien pour l’aider à se défaire de sa réputation de diva et de joueur individualiste.

Depuis sa défaite au Super Bowl, Cam Newton n’a plus jamais été le joueur dominant qu’on a vu durant la saison de 2015.

Son attitude a continué d’être plus nuisible qu’amusante aux yeux d’une majorité de gens, les blessures l’ont ralenti, et les Panthers en ont eu assez. Incapables de l’échanger, ils ont libéré Newton en mars après une union de neuf ans. Le nouvel entraîneur-chef du club, Matt Rhule, a préféré Teddy Bridgewater à Newton, et les Panthers l’ont embauché pour les trois prochaines saisons en lui accordant un contrat de 63 millions.

Destinations possibles

Après avoir été remercié par les Panthers, Newton a d’abord dit qu’il s’attendait à demeurer l’un des quarts les mieux payés de la NFL. Aucune offre formelle n’est venue, du moins de ce que l’on sait.

Quelques semaines plus tard, Newton a cette fois fait savoir qu’il accepterait d’être un réserviste en 2020, un scénario qui semble plus que probable. Si une équipe avait voulu faire de Newton son quart partant, ce serait probablement déjà fait à ce stade de la saison morte. Les camps doivent normalement s’amorcer dans deux mois.

Mais si la situation devait changer, trois ou quatre équipes pourraient logiquement offrir un contrat à Newton afin qu’il puisse lutter pour le poste de partant, dont les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

On dit que Bill Belichick, le coordonnateur offensif Josh McDaniels et les Patriots souhaitaient que leur prochain quart-arrière soit mobile, question de bonifier leur livre de jeux.

Or, pour le moment, Jarrett Stidham et Brian Hoyer sont les seuls quarts des Pats. Belichick n’a jamais hésité à offrir des contrats à court terme à des joueurs qui voulaient relancer leur carrière, surtout lorsqu’il s’agissait d’aubaines.

PHOTO JOSEPH MAIORANA, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Bill Belichick, entraîneur-chef des Patriots de la Nouvelle-Angleterre

Les Chargers de Los Angeles ont quant à eux avoué avoir discuté de la possibilité d’embaucher Newton. Son arrivée générerait certainement de l’intérêt à Los Angeles, qui n’a jamais été considérée comme une ville de football, mais qui a maintenant deux équipes de la NFL.

Les Chargers soutiennent être satisfaits de leur situation derrière le centre, mais Tyrod Taylor n’a jamais prouvé qu’il pouvait être un bon partant, et Justin Herbert, le premier choix du club en avril, profiterait sûrement du fait de passer sa première saison sur les lignes de touche en se familiarisant avec les rangs professionnels.

Ron Rivera, qui a dirigé Newton durant neuf ans en Caroline, est maintenant à la barre des Redskins de Washington, qui n’ont aucune valeur sûre comme quart. C’est une autre destination qui semble logique, mais qui pourrait toutefois nuire à la confiance du jeune Dwayne Haskins, choisi au premier tour il y a un an.

Réserviste de luxe ?

Les options de Newton quant à un éventuel poste de partant sont peu nombreuses et les possibilités diminuent pour un poste de réserviste.

Les Raiders de Las Vegas (Marcus Mariota), les Jets de New York (Joe Flacco), les Cowboys de Dallas (Andy Dalton), les Bears de Chicago (Nick Foles) et les Saints de La Nouvelle-Orléans (Jameis Winston) ont tous déjà ajouté un quart d’expérience pour seconder leur partant.

Ce n’est par contre pas le cas des Broncos, des Bills de Buffalo, des Jaguars de Jacksonville, des Cardinals de l’Arizona et des Bengals de Cincinnati, qui pourraient choisir de greffer un vétéran à leur équipe. Chacune de ces formations aura un quart partant possédant tout au plus deux saisons d’expérience la saison prochaine.

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Josh Allen, des Bills de Buffalo

Le problème avec Newton, c’est qu’il ne semble pas trop être le genre de joueur que les équipes recherchent comme second. Idéalement, un quart réserviste est un type effacé, qui est toujours fin prêt et qui, surtout, veut aider le partant à connaître du succès. Pas sûr que Newton soit ce genre de joueur.

Cela dit, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il reçoive un coup de fil et une offre. Il n’a que 31 ans et son talent demeure trop grand pour qu’il n’en soit pas ainsi.

La question est plutôt de savoir s’il redeviendra le visage et le quart partant d’une organisation. Une question qui aurait été jugée comme étant farfelue il n’y a pas si longtemps.