En plus de devoir trouver leur prochain directeur général et de régler l’interminable dossier de leur vente, les Alouettes devront assembler leur groupe d’entraîneurs en vue de la saison 2020 prochainement.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

La plus importante des questions à cet égard concerne Bob Slowik. Le coordonnateur défensif sera-t-il de retour pour une deuxième saison ?

Ça ne devrait faire aucun doute. Même si la défense des Alouettes a terminé la saison dernière avec des statistiques peu reluisantes dans certaines catégories et qu’elle a connu un match éliminatoire pour le moins difficile contre les Eskimos d’Edmonton, Slowik a somme toute fait du bon travail. Surtout lorsqu’on sait qu’il travaillait dans la Ligue canadienne pour la toute première fois en 2019.

Il serait illogique pour l’organisation de ne pas récolter ce qu’elle a semé, en ce sens que Slowik serait forcément plus à l’aise à son deuxième tour de piste.

Il serait très intéressant de voir ce que Bob Slowik accomplirait avec une année d’expérience et d’apprentissage derrière la cravate.

À vrai dire, Slowik a fait mieux qu’on pouvait l’espérer lorsque l’on considère que le front défensif a été incapable d’exercer de la pression sur le quart-arrière avec constance. Sur un terrain de jeu aussi vaste que celui du football canadien, il est carrément impossible d’avoir une défense de premier plan lorsqu’elle est incapable de déranger le passeur.

L’ancien coordonnateur des Bears de Chicago et des Broncos de Denver s’est amené dans la LCF avec la bonne attitude et une modestie à la Marc Trestman. Les joueurs l’aiment, ce qui semble également être le cas de Khari Jones, qui a souvent indiqué qu’il aimait travailler avec Slowik.

Cependant, même si Todd Howard (ligne défensive) et Morris Lolar (demis défensifs) sont de retour avec le club, l’ajout d’un autre entraîneur d’expérience pouvant travailler de près avec Slowik ne serait pas superflu.

Embauche de Kevin Glenn ?

Selon le journaliste Farhan Lalji (TSN), deux équipes feraient actuellement la cour à l’ancien quart-arrière Kevin Glenn, et l’une d’elles serait les Alouettes. Glenn serait pressenti par les Alouettes et le Rouge et Noir d’Ottawa pour devenir leur entraîneur des quarts-arrières.

Jones a cumulé les fonctions d’entraîneur-chef, de coordonnateur offensif et d’entraîneur des quarts-arrières la saison dernière. Il a confirmé qu’il conserverait les tâches de coordonnateur offensif, mais on peut deviner qu’il souhaite alléger sa charge de travail.

Lorsque Vernon Adams fils a joué sa première saison dans la LCF, en 2016, Glenn était l’un des quarts-arrières des Alouettes. Dans une entrevue avec l’auteur de ces lignes en novembre, Adams fils a nommé Glenn lorsqu’il a été question de ceux qui l’avaient le plus aidé à devenir un quart professionnel.

La fin pour Dunn ?

Jones s’est tourné vers l’un de ses anciens coéquipiers afin de pourvoir le poste d’entraîneur des receveurs des Alouettes, l’été dernier. Robert Gordon a attrapé les passes de Jones chez les Blue Bombers de Winnipeg au début des années 2000. Il serait étonnant qu’il ne soit pas de retour à Montréal pour une deuxième saison.

Les Québécois André Bolduc et Luc Brodeur-Jourdain seront sûrement invités à rester avec l’organisation, eux aussi. Bolduc a fait de l’excellent boulot comme responsable des demis offensifs, tandis que Brodeur-Jourdain a eu un impact considérable à titre d’adjoint à l’entraîneur de la ligne offensive, Paul Dunn.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

André Bolduc

Embauché par Mike Sherman il y a deux ans, Dunn est probablement l’entraîneur qui est le plus en danger de ne pas être de retour avec l’équipe en 2020. Brodeur-Jourdain serait un candidat naturel pour remplacer Dunn, mais il reste à voir si l’ancien centre accepterait le poste. Il accorde une grande importance à sa vie familiale, et la conciliation travail-famille est extrêmement difficile pour les entraîneurs à plein temps.

Un bon complément à Jones

Les unités spéciales ont offert du jeu inégal depuis qu’elles sont dirigées par Mickey Donovan, qui est leur coordonnateur depuis 2018. Embauché par Sherman et l’ancien directeur général Kavis Reed, Donovan avait été l’entraîneur-chef des Stingers de l’Université Concordia de 2014 à 2017.

Donovan se démarque par son intensité, qui semble un bon complément au tempérament plus calme de Jones. L’expérience de Donovan au football universitaire canadien le sert bien, puisqu’il connaît ainsi beaucoup de joueurs qui évoluent sur les unités spéciales chez les Alouettes et dans la LCF.

Lorsque la nouvelle entente de Jones a été annoncée, il y a quelques semaines, l’entraîneur-chef avait dit espérer pouvoir compléter son groupe d’adjoints le plus tôt possible, question de pouvoir amorcer rapidement la préparation de l’équipe en vue de la saison prochaine. Il n’est pas clair si la vente de l’équipe et l’embauche du prochain directeur général devront précéder le dossier du groupe d’entraîneurs.

D’une façon ou d’une autre, il serait assez surprenant que Jones et les Alouettes procèdent à plusieurs changements majeurs au sein de leur personnel d’entraîneurs. Pourquoi risqueraient-ils de perturber la bonne entente et une recette gagnante ?