Neuf ans après avoir disputé son dernier match dans l’uniforme des Alouettes et au football professionnel, Ben Cahoon était de retour au Stade olympique, jeudi. De passage à Montréal pour son travail, l’ancien receveur est allé saluer des membres de l’organisation dans leurs bureaux.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

« Lorsque j’étais en voiture [jeudi] matin, le ciel et le soleil de Montréal étaient de toute beauté. Mais j’ai vite déchanté lorsque je suis sorti et que le froid m’a saisi ! », a raconté Cahoon, qui vit aujourd’hui dans l’Utah, où il a passé une grande partie de son enfance et de son adolescence.

« Je suis passé près du stade de McGill plus tôt et j’ai éprouvé la même sensation que lorsque c’était un jour de match. »

Montréal est une ville incroyable. Ça restera toujours ma deuxième maison.

Ben Cahoon

Il dit avoir perdu un centimètre ou deux de taille et un peu de masse musculaire, mais Cahoon semble en bonne forme. Ses 13 saisons sur les terrains de la LCF ont-elles laissé des traces ?

« J’ai encaissé quantité de plaquages, plus que je ne l’aurais souhaité, pour être honnête. Mais je me sens bien. Je m’entraîne presque tous les jours. J’ai de petites douleurs, notamment à un genou, mais je ne peux pas me plaindre.

« J’ai toutefois subi quelques commotions cérébrales dans ma carrière et c’est ce qui me rend le plus anxieux. Je ne sais pas si tous les coups que j’ai subis auront une incidence sur ma santé dans 10 ou 20 ans. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de symptômes, alors je touche du bois. »

Changement de carrière

Après avoir accroché ses crampons au terme de la saison 2010, Cahoon s’est tourné vers le coaching. Il a été l’entraîneur des receveurs de l’Université Brigham Young (BYU), son alma mater, à deux reprises pour un total de quatre saisons (2011-2012 et 2016-2017).

« Les deux fois, c’était sous les ordres de coordonnateurs offensifs recrues, alors nos attaques en ont arraché. J’aimais ça, mais la courbe d’apprentissage était substantielle et le milieu du coaching est extrêmement exigeant.

« J’ai eu la chance de revenir travailler comme entraîneur au Canada lorsque j’ai été renvoyé de BYU, mais j’ai choisi une autre avenue », a expliqué le membre du Temple de la renommée du football canadien.

Cahoon travaille pour une entreprise de barres protéinées (G2G) depuis maintenant deux ans. Il en est le responsable des ventes pour le Canada et pour une partie des États-Unis. C’est pour cette raison qu’il est de passage à Montréal. Les gens qui souhaitent le rencontrer pourront le faire dans un supermarché de Mont-Royal, au 1280, avenue Beaumont, vendredi (de 15 h à 19 h) et samedi (de 13 h à 17 h).

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Ben Cahoon en 2008

« J’espère que je pourrai voir le plus grand nombre de partisans possible, que ce soit pour prendre des photos ou tout simplement pour jaser. J’ai tellement de gratitude pour la façon dont le public de Montréal et du Québec nous a accueillis, ma famille et moi. Mes années à Montréal ont été merveilleuses. »

Grâce à Trestman

Cahoon a fait partie des Alouettes durant toute la première décennie du nouveau millénaire, alors qu’ils formaient l’équipe dominante de la LCF. Les Als ont participé au match de la Coupe Grey à huit reprises en onze ans, de 2000 à 2010.

Avant leurs championnats de 2009 et 2010 – les deux dernières saisons de Cahoon –, les Alouettes ont toutefois essuyé plusieurs échecs dans des matchs importants, notamment lors de la finale de 2008 au Stade olympique, une défaite contre les Stampeders de Calgary.

Cette défaite a été brutale. Elle a été particulièrement difficile à encaisser parce que c’était ici devant nos partisans.

Ben Cahoon

« On sentait qu’on aurait dû jouer beaucoup mieux lors de cette partie. On avait de la difficulté dans les gros matchs, il a fallu gagner en maturité en tant qu’équipe avant de changer les choses. »

Cahoon estime que c’est précisément l’arrivée de Marc Trestman qui a tout changé.

« On a mis du temps à réellement comprendre ce qu’il fallait faire pour gagner des championnats, le travail qui devait être investi et le temps de préparation que cela nécessitait. La grande différence a été Trestman. Ça allait au-delà des joueurs. Nos plans de matchs étaient pour beaucoup dans nos succès. »

Cahoon a gardé le contact avec plusieurs anciens membres et membres actuels des Alouettes.

« Je parle à Anthony [Calvillo] trois ou quatre fois par année. Je vais peut-être aller souper avec John [Bowman] vendredi soir. Je communique également avec Jim [Popp] et Marc [Trestman] occasionnellement. »

Avec le recul, Cahoon pense-t-il avoir pris sa retraite un peu trop tôt ? Aurait-il pu disputer une ou quelques saisons de plus ?

« Je savais que le moment était venu. Le football est un sport de jeunes hommes. L’un de mes genoux me faisait souffrir depuis déjà cinq ou six ans et je n’étais tout simplement plus capable d’encaisser les coups et la douleur. »

Confiant en l’avenir

Même s’il vit à environ 3500 kilomètres de Montréal, Cahoon continue de suivre ce qui se passe chez les Alouettes, la seule équipe professionnelle pour laquelle il a joué.

« Je regarde toujours le sommaire des matchs et je suis très heureux que l’équipe ait recommencé à gagner, surtout pour des vétérans comme John [Bowman], qui ont vécu des années de vache maigre.

« Je pense que l’équipe conservera son erre d’aller, même si des pièces importantes devront se mettre en place à l’extérieur du terrain. L’organisation s’en va dans la bonne direction, les partisans doivent rester optimistes. »