Les Alouettes de Montréal doivent absolument ramener Khari Jones à la barre de l’équipe. C’est le son de cloche qui est venu de tous les joueurs de l’équipe interviewés sur ce dossier au cours des dernières semaines, mais particulièrement lors de la journée du bilan, lundi.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

« Je ne dis pas que ce serait une erreur, mais Khari est le gars qui a fait tourner le vent de 180 degrés, a souligné le vétéran spécialiste des remises Martin Bédard. C’est lui qui a installé cette atmoshère détendue dans le vestiaire. […] C’est un entraîneur, mais il n’y a pas si longtemps, il était un joueur. Alors il est très empathique à ce qu’on a à dire. C’est l’un des meilleurs entraîneurs que j’ai eus de ma vie. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Martin Bédard

« Je pense que les joueurs se sont ouvertement exprimés : ils souhaitent le retour de Khari, a ajouté le centre Kristian Matte, qui comme Jones, n’a pas de contrat pour 2020. Plusieurs désirent jouer pour lui. Je n’ai aucun contrôle là-dessus, mais j’espère pour lui, pour les joueurs, pour tout le monde que les affaires vont avancer de la bonne façon et très prochainement. »

Jones est d’ailleurs le grand responsable du changement de cap qu’ont entrepris les Alouettes cette saison. Appelé à remplacer au pied levé Mike Sherman une semaine avant le premier match de la campagne, Jones a instauré une façon de faire plus actuelle, en plus de grandement assainir l’atmosphère au sein du club, ce qui lui a attiré les éloges de tous ses joueurs et entraîneurs.

On sentait les joueurs à cran sous Mike Sherman ; ça n’a pas été le cas au cours de la saison. Plusieurs ont souligné les moyens utilisés par Jones pour détendre l’atmosphère. Il a notamment permis aux joueurs de créer le « Club 514 », c’est-à-dire de donner au vestiaire les allures d’une discothèque la veille des matchs à domicile, avec boule-miroirs, musique et tout le reste. Il a aussi instauré la journée des chapeaux amusants (Funny Hats Day), entre autres mesures grandement appréciées des joueurs.

Quand, un mois plus tard, les Alouettes ont décidé de congédier leur directeur général Kavis Reed, il a pris la relève, en compagnie du directeur général adjoint Joe Mack et du directeur des opérations football Patrick Donovan.

« Vous pouvez uniquement regarder le travail qu’il a fait et dans quelles circonstances il l’a fait, a témoigné le receveur DeVier Posey. Je pense qu’il mérite une chance de revenir. Il pourrait disposer d’une entre-saison complète, avec le marché des joueurs autonomes et le repêchage, le camp d’entraînement pour faire ce qu’il a à faire. Si on lui donnait toutes les ressources dont il a besoin, je pense qu’il pourrait accomplir de grandes choses.

« Les conditions dans lesquelles il a eu à travailler cette saison étaient atroces. Malgré tout, ça a été amusant et il l’a fait sans jamais se plaindre, en s’amusant lui aussi. Je pense que c’est ce que la ville a ressenti. C’est avec sa personnalité que cette ville est tombée en amour. C’est sa personnalité, sa façon de se conduire qui souvent nous ont poussés à nous surpasser en deuxième demie et remporter ces matchs. Ce serait de la folie que d’aller dans une autre direction. Je suis fier d’être l’un de ses joueurs. […] Ça a été l’une de mes saisons préférées. »

« Je parle à Patrick (Boivin, le président) tous les jours. C’est certain que je vais lui dire ce que je pense. Sans aucune hésitation (Khari Jones) est le gars idéal pour cette équipe. J’espère qu’il aura plus qu’une saison pour se faire valoir. Comme les grands joueurs, les grands entraîneurs doivent enchaîner les saisons pour être reconnus. Pour se hisser au niveau des (Don) Matthews et (Marc) Trestman, il doit avoir la chance d’enchaîner les saisons. »

Maintenant, après qu’il eut mené la formation montréalaise à sa première saison gagnante depuis 2012, Jones ne sait pas ce qui l’attend en 2020.

Chaque fois qu’on a abordé le sujet avec lui, Jones s’est bien gardé de mettre de la pression sur l’organisation, refusant même de confirmer si des négociations avec la direction sont amorcées. Même si l’équipe est toujours sans propriétaire, Boivin connaît le plafond salarial pour le personnel d’entraîneurs et devrait disposer de la latitude nécessaire pour remettre son entraîneur sous contrat. Peut-être que ces négociations sont la raison pour laquelle le bilan de la direction aura lieu plus tard cette semaine ?