Sans trop faire de bruit, Khari Jones a déjà assisté à plusieurs matchs universitaires et collégiaux au Québec cette saison. À leur façon, Jones et André Bolduc continuent de redorer le blason des Alouettes en visitant différentes équipes de la province.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Il n’est pas si simple de trouver du temps lorsqu’on dirige une équipe de football professionnel. Rien n’oblige Jones à aller à la rencontre d’équipes, mais il le fait dans la bonne humeur et avec le sourire, nous dit-on. En vrai gentilhomme qu’il est.

C’est une autre preuve que les Alouettes ont la chance de pouvoir compter sur un entraîneur-chef spécial. Dès que les Alouettes auront de nouveaux propriétaires et un nouveau directeur général, l’étiquette « par intérim » devra être éliminée du titre de Jones et un nouveau contrat à long terme devra être signé.

Son contrat actuel arrivera à échéance dans quelques mois. En entrevue avec l’auteur de ces lignes, hier, Jones a été très clair quant à ses plans d’avenir.

Absolument que je veux rester ici. J’adore cette équipe.

Khari Jones

Jones est jeune et dynamique, mais bien expérimenté au football à trois essais. Il est souriant et sympathique, mais a plus de poigne qu’on pourrait le croire à première vue. Il est réfléchi, détendu et à l’écoute de son entourage, ce qui est une quasi-anomalie dans l’univers ultraconditionné du football professionnel.

Mais ce dont on parle curieusement le moins lorsqu’il est question de Jones, c’est du fait qu’il a également une excellente tête de football. Il est un bon évaluateur de talent, qui semble constamment s’améliorer dans sa sélection de jeux. Et il est encore loin d’avoir atteint son plein potentiel comme entraîneur, ce qui est notable.

Si pour une raison quelconque les Alouettes choisissaient de ne pas garder Jones, on peut être sûrs d’une chose : une autre équipe de la LCF lui fera signe très rapidement. Le travail qu’il a accompli avec les Alouettes cette saison a été un véritable tour de force, peu importe ce que le prochain mois nous réserve. Il a complètement transformé une équipe qui semblait pourrie jusqu’à la moelle.

L’ordre logique

Dans une entrevue avec La Presse il y a quelques semaines, le président du club, Patrick Boivin, a essentiellement dit que les nouveaux propriétaires des Alouettes seraient libres de prendre leurs propres décisions, ce qui va de soi. Boivin a parlé de l’importance de faire les choses dans le bon ordre.

Il est vrai que les Alouettes ont trop souvent fait les choses à l’envers, embauchant l’entraîneur avant le DG, ou le DG avant le président. Ce n’est certes pas l’idéal. L’organisation devrait cependant faire une exception dans le cas de Jones.

« C’est l’unanimité depuis le début, tous les joueurs aiment et apprécient Khari. Mais ce qui est remarquable, c’est qu’on l’aime de plus en plus », a dit le vétéran Martin Bédard, hier.

L’équipe a besoin de stabilité au poste d’entraîneur-chef et j’ose espérer [que Khari] a déjà prouvé qu’il méritait d’être ici l’an prochain. Tout le monde serait extrêmement déçu si ce n’était pas le cas.

Martin Bédard

Aux yeux d’André Bolduc, à la base, le succès de Jones est attribuable à sa personnalité.

« On aime tous Khari parce qu’il est authentique. Il n’y a pas de cachettes avec lui. »

« Dans une équipe de football, il va toujours y avoir de petits problèmes à l’interne. Ce n’est pas évident de dealer avec 65 joueurs et 12 coachs. Mais Khari règle toujours les problèmes rapidement et ça se termine toujours avec des poignées de main. C’est toujours positif, il n’y a jamais de claquage de porte », a raconté Bolduc.

« Après notre dernier match à Winnipeg, Khari nous a dit qu’on avait mal joué. Il n’a jamais peur de nous dire nos quatre vérités. Mais il le fait de la bonne façon. Il a les bons mots pour soutirer le meilleur de chacun et il se soucie vraiment du bien-être de ses joueurs. C’est pour cette raison qu’on veut toujours s’améliorer », a affirmé Bédard.

Avec Jones, Bolduc, le coordonnateur défensif Bob Slowik et le coordonnateur des unités spéciales Mickey Donovan, les Alouettes peuvent compter sur un bon noyau d’entraîneurs, qui possède le bon mélange de fougue, de jeunesse et d’expérience. S’il s’avérait que leur futur DG n’était pas du même avis, les nouveaux propriétaires du club devraient peut-être se poser des questions.

« Tout est positif, alors je ne vois pas comment on pourrait procéder à un changement majeur », a résumé Bolduc.

Adams aussi

Contrairement à Jones, Adams fils est sous contrat pour la prochaine saison. Rien n’empêchera toutefois le prochain DG du club de signer une entente de longue durée avec le quart-arrière.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Vernon Adams fils

Je ne peux pas parler pour Khari, mais je pense qu’on aimerait tous deux rester ici longtemps. On aime les partisans et on veut permettre à l’équipe de retrouver sa tradition d’excellence.

Vernon Adams fils

S’il le pouvait, Adams fils accepterait-il de passer la prochaine décennie avec les Alouettes ? À condition que le salaire soit le bon, il n’hésiterait pas du tout.

« Absolument que j’accepterais. C’est à Montréal que je veux être. Je veux continuer de gagner des matchs afin qu’il n’y ait plus le moindre doute que je suis le bon quart-arrière pour cette équipe. »

« Vernon démontre cette saison qu’il peut bien jouer dans cette ligue et il va continuer de s’améliorer, il n’a que 26 ans. Et Khari fait tout un travail. Le duo entraîneur-quart-arrière est en place. Et s’il ne reste pas en place, les choses pourraient vite changer », a rappelé Bolduc.

Prochain match : Argonauts de Toronto c. Alouettes, ce soir (19 h), au stade Percival-Molson