Khari Jones a eu quelques jours pour y penser, mais ça n’a rien changé : l’entraîneur-chef des Alouettes prendrait la même décision qu’il a prise dans les derniers moments du match de samedi soir à Vancouver si c’était à refaire.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Les Lions de la Colombie-Britannique menaient, 25-23, avec 1 min 10 s à écouler au quatrième quart alors que les Alouettes avaient possession du ballon à la ligne de 2 verges des Lions. En situation de troisième essai avec une verge à franchir, Jones a opté pour une « faufilade » du quart-arrière plutôt que pour une tentative de placement. Antonio Pipkin a reçu la remise du ballon, mais a été incapable de le maîtriser et le jeu a avorté. Les Lions ont ainsi pris possession du ballon et l’ont emporté, 25-23.

« On avait eu du succès avec des faufilades plus tôt dans la rencontre, obtenant quatre verges à une occasion et six ou sept verges à une autre reprise. J’étais donc confiant, mais ça n’a pas fonctionné », a commenté Jones après l’entraînement de son équipe, hier.

Un placement réussi aurait donné une avance de 26-25 aux Alouettes, mais Mike Rielly et les Lions auraient eu passablement de temps pour bien se positionner afin de l’emporter avec un placement à leur tour.

« Ils auraient eu 48 ou 50 secondes, et c’est beaucoup de temps. Comme vous le savez, le temps est arrêté après chaque jeu dans les trois dernières minutes d’un match de la LCF », a rappelé Jones.

Pipkin ne s’est pas adressé aux journalistes après la partie et s’en est excusé, hier. « J’étais très émotif et je voulais me ressaisir », a expliqué le quart-arrière, qui n’a pas voulu se servir d’excuse pour le jeu en question.

C’était un échappé, point à la ligne. Je ne peux pas laisser tomber l’équipe avec des erreurs comme celle-là. Je dois m’assurer de ne pas échapper le ballon.

Antonio Pipkin

Selon Jones, Pipkin n’était toutefois pas le seul joueur à blâmer sur la séquence.

« Quelques éléments n’ont pas fonctionné. Nous n’avons pas bloqué les bons joueurs parce qu’ils [les Lions] avaient une formation différente de ce qu’on avait vu de leur part jusqu’à ce moment. Puis Antonio a peut-être précipité son geste un peu. »

« J’ai peut-être effectivement voulu faire trop vite. J’étais excité et je voulais marquer un touché pour l’équipe. J’ai déjà tiré une leçon de cette situation et je dois regarder vers l’avant. Il y a encore beaucoup de football à jouer cette saison et on a encore plusieurs objectifs à accomplir. »

De mal en pis

Considéré comme le quart d’avenir de l’organisation il y a à peine quelques mois, Pipkin a tour à tour été devancé dans la hiérarchie par Vernon Adams fils et Matt Shiltz, qui a obtenu le départ à Vancouver à la suite de la suspension d’Adams fils. Et voilà que Pipkin vient probablement de coûter une victoire aux siens.

Je dois continuer de me présenter au travail tous les jours, peu importe la situation ou ce qui se produit. Je me concentre à devenir un meilleur joueur. Quel que soit mon rôle, l’équipe a besoin de moi.

Antonio Pipkin

« C’est encore plus difficile parce qu’il est un réserviste et qu’il ne participe pas à beaucoup de jeux. Ce n’est pas une sensation agréable lorsqu’on juge que l’équipe a perdu à cause d’une erreur qu’on a commise », a dit Jones, qui a toutefois rappelé à son équipe qu’elle aurait pu fermer les livres plus tôt en réussissant mieux certains jeux.

C’est d’ailleurs le message qu’a eu Adams fils pour son coéquipier. Dans les minutes qui ont suivi la défaite des Alouettes, le quart partant a envoyé un message texte à Pipkin.

« Je lui ai envoyé un message parce que je savais de quelle façon il se sentait. Aucun joueur ne veut vivre une situation comme celle-là. Certains jeux survenus avant celui-là auraient pu nous donner la victoire, il n’a donc pas à prendre tout le blâme », a commenté Adams fils, qui a purgé sa suspension d’un match et qui sera de retour au jeu samedi.

À un point des éliminatoires

Les Tiger-Cats de Hamilton ont maintenant 8 points d’avance sur les Alouettes au sommet de la division Est. Il serait donc très étonnant que ces derniers parviennent à doubler les Tiger-Cats.

En revanche, les Alouettes s’assureront d’obtenir leur place pour les éliminatoires s’ils l’emportent contre les Stampeders de Calgary samedi (16 h) au stade Percival-Molson. Pour une équipe qui a raté les séries éliminatoires lors des quatre dernières années, ce serait une belle réalisation.

« C’est très important de le faire, car ça fait quelques années qu’on n’a pas participé aux éliminatoires et ce serait une très belle sensation de le faire contre une excellente équipe comme celle des Stampeders », a commenté Adams fils.

Bede absent

Plusieurs joueurs des Oiseaux n’ont pas pris part au premier entraînement de la semaine, hier. C’est notamment le cas du botteur Boris Bede, qui aurait subi une blessure en Colombie-Britannique. « Il devrait être de retour à l’entraînement demain [aujourd’hui], c’est du moins ce que l’on espère », a indiqué Jones. Arrivé chez les Alouettes la semaine dernière, Ryan Santoso a remplacé Bede, hier.

Henoc Muamba est parti au milieu de l’entraînement pour des raisons personnelles, tandis que Chris Ackie a effectué des exercices individuels sur les lignes de touche.

Blessé samedi soir, Antonio Simmons n’a pas participé à la séance d’entraînement, mais Jones estime que l’ailier défensif pourrait être à son poste contre les Stampeders. Blessé à un bras, le garde Sean Jamieson a repris l’entraînement et son cas sera réévalué quotidiennement.

Amoah dans l’équipe de développement

Les Alouettes ont par ailleurs ajouté un autre ancien du Rouge et Or de l’Université Laval à leur alignement. Il s’agit du demi offensif Christopher Amoah, qui a remporté la Coupe Vanier à deux reprises (2016 et 2018) avec le Rouge et Or. Amoah a totalisé 1977 verges en 279 courses et a marqué 10 touchés dans les rangs universitaires. Il fera partie de l’équipe de développement.

Prochain match : Stampeders de Calgary c. Alouettes, samedi à 16 h au stade Percival-Molson