Mike Sherman le reconnaît. William Stanback et le jeu au sol des Alouettes n’ont pas été suffisamment utilisés la saison dernière.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

« S’il y a une chose que je changerais, ce serait celle-là. On aurait dû utiliser notre jeu au sol davantage. William apporte beaucoup à notre équipe et on devra trouver des façons de lui donner le ballon plus souvent cette année », a convenu Sherman après l’entraînement matinal des siens, hier.

À sa première saison dans la LCF, Stanback a récolté 539 verges au sol, ce qui lui vaut le 10e rang chez les demis offensifs. Pourtant, sa moyenne de 6,7 verges par course a été la plus élevée, et de loin, parmi les 10 joueurs en question ! Andrew Harris et Don Jackson ont terminé au deuxième rang avec une moyenne de 5,8 verges.

Vu l’inconstance du jeu aérien des Oiseaux (restons polis), Stanback — et Tyrell Sutton avant qu’il ne soit échangé — aurait certes pu aider l’attaque en obtenant plus d’occasions.

N’allez cependant pas croire que Stanback va s’en plaindre. Il court comme un train, mais il n’y a aucune forme de rudesse lorsque Stanback s’entretient avec les membres des médias. Le porteur de ballon dit toutes les bonnes choses, et le fait toujours très calmement.

« Je suis très excité [de la possibilité d’être plus utilisé], mais il y a d’autres bons demis offensifs dans l’équipe. Je pense entre autres à Jeremiah Johnson, à Ryder Stone et à Stefan Logan. On compte sur un excellent groupe. » — William Stanback

L’équipe passe toujours avant le succès individuel pour Stanback. Cela dit, aucun des autres porteurs de l’équipe ne possède une combinaison de force et de vitesse comparable à la sienne. Lorsque les joueurs défensifs voient le demi de 6 pi et 233 lb s’amener à pleine vitesse, ils ne sont habituellement pas très pressés de le plaquer. C’est en partie ce qui explique cette moyenne de 6,7 verges par course.

« On voit rarement des demis offensifs aussi imposants que lui dans la LCF. Il est en mesure d’aller chercher les verges difficiles, mais il est également capable d’en gagner 80 sur un seul jeu. Notre équipe est très chanceuse de pouvoir compter sur un joueur comme lui », a dit le nouveau venu Jeremiah Johnson, qui sera probablement le réserviste de Stanback cette saison.

En insistant un peu, on réussit à convaincre Stanback de nous parler un peu plus de son jeu et de ses objectifs personnels. A-t-il pour but de terminer au sommet de la ligue pour les verges au sol ?

« J’y pense souvent, oui. J’aimerais mener la ligue pour les verges et les touchés. Mais en dernier ressort, ce que je veux, c’est le plus grand nombre de victoires possible. »

L’hiver à Montréal

Lorsqu’on lui a demandé s’il croyait pouvoir devenir le meilleur demi offensif de la ligue, Stanback a esquivé en répondant que c’était l’objectif de tous les porteurs de ballon, pas seulement le sien. Pense-t-il être le joueur clé de l’attaque à l’exception du quart partant ?

« Je pense que je peux être l’un des joueurs clés. Je veux être productif sur le terrain et je veux être une bonne influence auprès des jeunes. »

Certains jeunes Québécois ont d’ailleurs eu la chance de rencontrer Stanback au cours de la saison morte puisqu’il a participé à des visites dans des écoles.

« J’ai participé à des événements dans des écoles primaires et dans la communauté, tout en m’assurant d’être bien préparé pour cette nouvelle saison, mentalement et physiquement. Je suis resté à Montréal et je me suis familiarisé avec la ville. »

Lorsqu’un joueur américain passe la saison morte à Montréal et qu’il prend part à la tournée des écoles et aux activités promotionnelles des Alouettes, c’est normalement signe que l’organisation veut en faire l’un de ses piliers. John Bowman en est un bon exemple.

Le hic avec Stanback, c’est que son contrat arrivera à échéance en février et qu’il pourrait fort bien obtenir une autre chance dans la NFL, lui qui a déjà fait partie des Packers de Green Bay.

« Je ne pense pas trop à la NFL pour le moment. Ça demeure une possibilité, mais c’est secondaire pour moi actuellement. Ce que je veux, c’est que cette équipe soit unie et qu’elle gagne. »

PHOTO CHRISTOPHER KATSAROV, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Jeremiah Johnson

Johnson pour remplacer Sutton

Les Alouettes espéraient ramener Tyrell Sutton à Montréal lorsque le marché de l’autonomie s’est amorcé, en février. Toujours aigri de la décision du club de l’avoir échangé, le vétéran a plutôt signé un contrat avec les Argonauts de Toronto.

Le directeur général Kavis Reed s’est vite tourné vers Jeremiah Johnson, qui fait carrière dans la LCF depuis 2014. L’ancien des Ducks de l’Oregon a également passé cinq saisons dans la NFL, la plupart du temps au sein d’équipes de développement.

« C’est vraiment bon de l’avoir ici. Il remplace Tyrell Sutton, c’est aussi simple que ça. Il est arrivé en grande forme et je pense qu’il peut jouer encore quelques saisons », a estimé l’entraîneur des demis offensifs, André Bolduc.

« Ça nous donne une dimension spéciale de pouvoir compter sur Stanback, qui est un bulldozer même s’il est rapide et un bon athlète, et Johnson, qui est efficace dans tous les aspects du jeu, notamment par la passe. »

Comme Bolduc, Sherman est heureux d’avoir deux bons demis offensifs sous la main et n’écarte pas la possibilité de les utiliser lors des mêmes matchs. En raison du ratio de joueurs canadiens, les équipes doivent souvent choisir l’un ou l’autre de leurs demis américains.

« Jeremiah me surprend beaucoup depuis le début du camp. Il est âgé de 32 ans, mais il joue comme s’il avait 24 ou 25 ans. Il est en excellente condition physique, il court avec puissance et il sert de belles feintes. Je suis très impressionné », a commenté l’entraîneur-chef.

« William et moi développons une très belle complicité. J’essaye de lui transmettre ce que j’ai appris durant ma carrière, et il m’aide, lui aussi. Une bonne communication est essentielle lorsqu’on veut avoir un bon groupe de demis offensifs », croit Johnson.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Mike Sherman, l’entraîneur-chef des Alouettes

Vente des Alouettes : Sherman n’y pense pas

Le feuilleton de la potentielle vente des Alouettes se poursuit dans les coulisses, mais les entraîneurs et les joueurs de l’équipe assurent qu’ils ne se laissent pas déconcentrer par toutes les rumeurs qui circulent. Après Éric Lapointe et Clifford Starke, l’homme d’affaires montréalais Vincent Guzzo a à son tour manifesté son intérêt pour l’équipe dans une entrevue qu’il a accordée à Tony Marinaro, de TSN 690. « Ça ne change rien à notre préparation. On a une saison à disputer et on veut avoir du succès. Je veux montrer à nos partisans que notre équipe est améliorée par rapport à celle de l’année dernière », a commenté l’entraîneur-chef, Mike Sherman. « C’est l’aspect des affaires et on n’est pas vraiment impliqués. On se concentre sur ce qui se déroule sur le terrain. Pour être bien honnête, je n’y pense pas. »