À défaut de prendre un temps d'arrêt, il est facile de simuler une blessure pour briser le rythme de l'attaque adverse ou permettre à son quart-arrière de bénéficier de quelques minutes supplémentaires entre deux jeux.

Publié le 14 nov. 2012
Pascal Milano LA PRESSE

Les propos de Scott Fujita, au cours de la saison 2011, ont rappelé que ce type de simulation était bien présent en football. «J'ai déjà joué dans des endroits où on nous l'apprenait», a admis le secondeur des Browns de Cleveland.

On choisit d'avance quel joueur recevra la mission de feindre la blessure, ajoute l'entraîneur Danny Maciocia, des Carabins de l'Université de Montréal. «C'est un joueur désigné qui va se mettre à genoux, pendant une minute ou deux, pour calmer les choses. Ce choix passe toujours par l'entraîneur, ce n'est jamais les joueurs qui vont se mettre d'accord entre eux sur le terrain.»

La NFL menace

Dans un mémo envoyé aux 32 équipes, la NFL a menacé les organisations et les joueurs fautifs en brandissant le spectre de suspensions, d'amendes et même de retraits de choix au repêchage. Mais, peu importe le règlement adopté, celui-ci est presque impossible à mettre en application durant le match en raison du nombre et de la force des contacts.

«C'est toujours difficile de punir ces joueurs-là, car il n'est pas facile de déterminer, sur le moment, si la blessure est réelle ou pas», rappelle Maciocia. Sa solution? Que le joueur blessé reste sur les lignes de côté pour plusieurs jeux, au lieu d'un seul.

La télévision intervient

La lutte contre les simulateurs dans la Ligue canadienne a trouvé un allié inattendu, il y a quelques années. Partenaires du circuit, les responsables de TSN s'arrachaient les cheveux devant la longueur des matchs.

«À TSN, la Ligue canadienne avait un bloc de trois heures et quatre minutes pour chaque match. Les producteurs nous ont avisés que les matchs duraient entre 10 et 15 minutes de trop et qu'il fallait éliminer les blessures inexistantes», révèle Maciocia. Les tricheries sont d'ailleurs en très forte baisse, selon lui, dans la Ligue canadienne depuis deux ou trois saisons.