À l'aube de leur ouverture locale, demain soir au stade Percival-Molson, l'un des sujets chauds chez les Alouettes est sans surprise le jeu de leurs unités spéciales. À la suite du désastre de la semaine dernière à Hamilton, il est permis de s'interroger sur leur qualité.

Miguel Bujold LA PRESSE

La formation de Marc Trestman a prêté une attention particulière aux unités spéciales au cours des derniers jours, mais ne semble pas très inquiète. Les erreurs qui ont conduit à deux touchés des Tiger-Cats lors de retours de bottés auraient vite été repérées et corrigées.

«Ces retours étaient attribuables à un ou deux joueurs en particulier, qui ne font pas partie de nos premières unités de couverture», a souligné Trestman.

«C'est toutefois une bonne leçon à tirer, car on ne peut pas faire des erreurs semblables. On pense avoir apporté les correctifs nécessaires et nous serons meilleurs cette semaine», a ajouté l'entraîneur-chef.

Parmi les erreurs en question, il y a eu le trop peu de temps où le ballon est resté dans les airs (hang time) sur le botté d'envoi de Sean Whyte. Puis, certains joueurs ne se trouvaient tout simplement pas à la bonne position, ce qui a causé le deuxième touché.

«On aurait sûrement préféré que le ballon reste dans les airs plus longtemps sur le premier touché, mais au bout du compte, nos unités de couverture n'ont pas fait le travail», a cependant fait remarquer Andy Bischoff, responsable des unités spéciales.

«Notre performance de la semaine dernière n'est par contre pas représentative de nos unités spéciales. Nos erreurs étaient évidentes. Elles n'étaient pas subtiles. Ce n'était pas des erreurs qui sont parfois plus difficiles à corriger», a expliqué Bischoff.

Les unités de couverture des Alouettes devraient être plus solides, demain, ne serait-ce qu'en raison de la présence de Walter Spencer, absent contre les Tiger-Cats. Un as des unités spéciales, Spencer est probablement le meilleur joueur de l'équipe en couverture de bottés.

«Walter est très difficile à bloquer et il repère rapidement le ballon. Il a une très bonne connaissance stratégique et il saisit toujours ce que les équipes tentent d'accomplir pour le bloquer», résume Bischoff.

Contrairement à certains autres joueurs, Spencer ne craint nullement la circulation lourde et les durs coups d'épaule. Trestman croit que c'est une attitude essentielle à tout joueur qui connaît du succès sur les unités de couverture.

«Ces joueurs courent à pleine vitesse sur de longues distances, alors les chocs sont souvent très percutants. Il faut donc accepter la robustesse et n'avoir aucune peur. Et on doit également avoir des yeux tout le tour de la tête, car les choses se déroulent très rapidement.»

Spencer estime que les deux touchés accordés aux Tiger-Cats sont la preuve que les unités de couverture ne peuvent jamais baisser leur garde, ne serait-ce que pour une fraction de seconde.

«Ça démontre que le moindre manque de concentration peut coûter un touché. Si un joueur n'occupe pas son couloir, un effet domino se produit. Un coéquipier tentera de prendre la place du joueur qui n'est pas à sa position, et c'est soudainement deux joueurs qui ne sont pas où ils devraient être. La première chose qu'on réalise ensuite, c'est que le joueur adverse célèbre dans la zone des buts.»

Un seul botteur

Trestman a confirmé, hier, que seul Sean Whyte serait en uniforme contre les Lions de la Colombie-Britannique, demain soir. Ancien membre des Lions, Whyte a encore de bons amis à Vancouver, mais est heureux de se retrouver avec les champions en titre.

«Ça fait longtemps que les Alouettes forment la meilleure équipe. Ils affichent beaucoup de confiance en arrivant sur le terrain, et c'est une équipe intimidante. C'est agréable de pouvoir en faire partie», a dit le botteur, qui s'améliore de jour en jour, s'il faut en croire Bischoff.

«Il a continuellement progressé pendant le camp, et a beaucoup gagné en confiance. On estime qu'il est capable de faire du bon travail sur tous les types de bottés.»

Si c'est le cas, Sandro DeAngelis, qui est un botteur de précision plus établi que Whyte, restera sur les lignes de touche, un sort qu'il accepte, mais qui le déçoit.

«Compte tenu de ma feuille de route, je n'aurais jamais cru me retrouver dans une telle situation. Mais ça fait partie du métier et j'ai une famille à nourrir», a-t-il exprimé.