La section des Sports de La Presse est heureuse d'accueillir en ses pages un nouveau chroniqueur, l'ancien maraudeur des Alouettes, Matthieu Proulx. Pendant toute la saison, le nouveau retraité partagera avec vous ses impressions sur l'actualité de la Ligue canadienne de football. Bonne lecture!

Matthieu Proulx, collaboration spéciale LA PRESSE

Cette année, j'aurai plusieurs deuils à faire: celui de la franche camaraderie dans le vestiaire, celui de la montée d'adrénaline lorsqu'on foule le terrain sous les clameurs de la foule, celui de la fierté d'avoir réussi un bon jeu. Bref, celui de faire partie d'une équipe de football!

S'il est un deuil que je n'aurai pas à faire cependant, c'est bien celui du camp d'entraînement. Bien sûr, pour les vétérans, la rencontre des coéquipiers après les longs mois d'hiver constitue un moment fort agréable. Toutefois, l'expectative des entraînements intensifs, de la sueur, des douleurs (inévitables!), de la fatigue et des ronflements des voisins de dortoir, ça, je m'en passe très bien, merci!

Pour les recrues, le camp d'entraînement représente un moment à la fois attendu et redouté. Il y a tant de choses à apprendre, tant de preuves à faire, dans une fenêtre de temps très limitée. La réputation qu'on s'est forgée au fil des années est à rebâtir, les amitiés sont à refaire. Il faut savoir observer, écouter. Il faut savoir trouver sa place, mais surtout il faut savoir FAIRE sa place.

Le succès récent des Alouettes et le nombre restreint de postes disponibles au sein du club compliquent cependant la tâche. Ainsi, le niveau de compétition est très élevé et la fatigue mentale prend souvent le relais de l'épuisement physique. La capacité de produire sous pression devient donc un élément clé de la réussite et même de la survie au camp!

Il faut connaître la dynamique d'un camp d'entraînement afin d'en saisir la difficulté. Le réveil se fait à 6h à grands coups de marteau sur la porte de chambre, gracieuseté d'un sympathique membre du personnel de l'équipe. C'est une levée du corps ardue qui nous rappelle les douleurs oubliées de la veille (surtout à ce point-ci du camp).

On se déplace alors péniblement vers la cafétéria pour le petit déjeuner et ensuite vers le stade pour se préparer en vue des deux entraînements quotidiens. Dès l'arrivée au stade, les joueurs doivent se faire bander les chevilles et les poignets et se couvrir les muscles tendus d'une crème chauffante pour éviter les étirements.

Après quatre heures d'entraînement intense et rigoureux, il est temps d'aller dîner le plus vite possible pour espérer avoir le temps de faire une petite sieste. Viennent ensuite les traitements pour s'occuper des douleurs diverses avant les réunions d'après-midi.

En fin de journée, les troupes bénéficient généralement d'un moment de répit avant le souper en équipe et les réunions en soirée qui se terminent vers 22h. Il est maintenant l'heure de rentrer au dortoir.

Gare à quiconque raterait le couvre-feu! De toute manière, après une journée du genre, tout ce que les joueurs désirent, c'est d'aller dormir avant de recommencer le lendemain matin une autre longue journée d'entraînement.

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Le match de demain soir représentera, pour les vétérans, une dernière occasion de peaufiner leur jeu et d'améliorer leur synchronisme afin d'entamer la saison sur les chapeaux de roues comme l'ont fait les troupes de Marc Trestman depuis trois ans.

Pour les nouveaux venus, il s'agira de la dernière chance de démontrer leurs aptitudes. Cette occasion sera certainement de courte durée, puisque cette deuxième partie préparatoire est généralement l'affaire des vétérans.

Assisterons-nous à d'autres performances époustouflantes comme celles de Bo Bowling ou de Brandon London? Aurons-nous la chance de voir un autre quart qu'Anthony Calvillo jouer avec la première unité offensive? Il faudra attendre le botté d'envoi pour y répondre. Chose certaine, le camp est terminé et tout le monde est content de rentrer à la maison.