Deux matchs, c'est très peu pour se faire une opinion de joueurs qu'on ne connaissait que vaguement deux semaines plus tôt. C'est le défi de Marc Trestman, et la raison pour laquelle plusieurs vétérans des Alouettes ne joueront pas ou à peine ce soir.

Miguel Bujold LA PRESSE

À partir du début du deuxième quart, la rencontre entre les Alouettes et les Blue Bombers de Winnipeg, au stade Percival-Molson, sera l'affaire de joueurs très peu connus du public, qui tenteront de s'accrocher à leur rêve de faire carrière au football professionnel.

Anthony Calvillo, Scott Flory, Jamel Richardson, Jerald Brown et Mark Estelle ne seront pas en uniforme, et d'autres partants pourraient les imiter. Ceux qui fouleront le terrain disputeront quelques séries avant de retirer leur casque pour le reste de la soirée.

Rien pour augmenter la vente de billets, mais le travail de Trestman n'est pas de remplir les gradins. C'est de déterminer qui devra faire ses valises d'ici le 24 juin, date à laquelle l'équipe procédera à ses dernières coupes.

Où se situe la compétition la plus intense? Celle chez les porteurs de ballon est vive tandis que Sean Whyte et Sandro DeAngelis se disputent probablement un seul poste de botteur. C'est cependant le surplus de receveurs qui retient le plus l'attention au camp des Als.

Si le compte est bon, il y en a toujours 14 qui sont en concurrence. Combien seront toujours là dans un peu plus d'une semaine? Ça reste flou, mais parions qu'au moins 5 d'entre eux devront se trouver un nouvel emploi.

Richardson, Kerry Watkins, S.J. Green, Brian Bratton et Danny Desriveaux feront tous partie de la formation régulière. À moins que l'équipe lui préfère Matt Lambros, Éric Deslauriers devrait également demeurer à Montréal. Lambros et Deslauriers ont un profil similaire: Canadiens et imposants. Lambros est très bon depuis l'ouverture du camp, mais l'organisation gardera-t-elle trois receveurs canadiens (Desriveaux, Deslauriers et Lambros)?

Le spécialiste des retours Tim Maypray est un autre receveur dont le poste à Montréal semble assuré. Maypray avait justement profité des matchs préparatoires de l'année dernière afin de se tailler une place grâce à quelques beaux jeux.

«J'en ai effectivement réussi quelques-uns qui m'ont peut-être permis de rester ici, mais dans cette équipe, on doit toujours continuer d'en faire. Avec le nombre de receveurs de talent qu'on a, la marge de manoeuvre est inexistante», a rappelé Maypray, qui commence sa deuxième saison.

Bien qu'il se soit établi comme le spécialiste des retours du club à l'automne, Maypray estime qu'il peut encore faire mieux. «Je ne suis pas satisfait de mon travail, en particulier sur les retours de bottés de dégagement», a-t-il jugé.

Maypray a conservé une moyenne de 23,6 verges sur les retours de bottés d'envoi, et une de 7,8 verges sur ceux de dégagement. Il a fini au troisième rang de la ligue avec un total de 1666 verges en retours de bottés. Son apport en attaque (2 attrapés pour 30 verges) a toutefois été minime.

«J'aimerais obtenir plus de travail en attaque, mais je dois attendre mon tour. Il y a plusieurs joueurs devant moi et je ne me plaindrai pas. Je suis le spécialiste des retours et un receveur réserviste, et si ça ne change pas, c'est correct.»

Rodriguez pour remplacer Porter?

Il est évident que les chances de percer la formation de quelques receveurs se sont améliorées lorsque Jerry Porter s'est déchiré un tendon d'Achille, la semaine dernière. C'est le cas de Dallas Baker, Brandon London et Prechae Rodriguez.

Comme Porter, ces trois receveurs ont le physique idéal afin d'embêter une défense. Rodriguez est le seul des trois qui possède de l'expérience, ce qui lui confère un avantage. La production du joueur de 6'5 est cependant en chute libre depuis deux ans. Après des saisons de 70 et 45 attrapés avec les Tiger-Cats de Hamilton, Rodriguez n'a capté que 30 passes à sa seule campagne en Saskatchewan.

«Les Roughriders forment une très bonne organisation et je n'ai rien à dire contre eux. Mais je ne cadrais pas dans leur système offensif», a-t-il expliqué cette semaine.

On reproche parfois à Rodriguez un manque d'intensité et de constance. Le receveur accorde pourtant une grande attention à la constance de son jeu, et n'a que 26 ans, ce qui laisse croire que le meilleur est peut-être à venir.

«J'ai appris dès les rangs universitaires que la constance était la clé du succès, c'est pourquoi j'attrape souvent des passes supplémentaires au terme des entraînements», a noté l'ancien membre des Tigers de l'Université Auburn, qui ne croit pas que la malchance de Porter servira sa cause.

«Son départ a peut-être amélioré les chances de certains receveurs, mais il s'agit tout de même d'une compétition très relevée.» Et le match de ce soir devrait permettre aux Alouettes de départager quelques-uns des nombreux candidats en lice.