Avec tous les imprévus qui ont précédé le Tour d’Émilie mardi, la simple participation de la cycliste Marie-Soleil Blais à cette course en Italie a de quoi satisfaire la Québécoise, qui a finalement conclu au 53e rang.

Agence Sportcom

C’est que l’athlète de Saint-Rosaire a longtemps attendu son vélo de course et le reste de son équipement avant la compétition, mais en vain.

Vélo de rechange, casque emprunté

Tout est retenu aux douanes à Madrid, en Espagne, pays où elle s’est entraînée en vue de la reprise des activités.

J’ai roulé un vélo de rechange avec un pédalier trop grand. J’arrivais à peine à atteindre les freins.

Marie-Soleil Blais

« Plusieurs fois pendant la course, j’ai eu l’impression que je ne pouvais pas freiner à temps, mais je me suis rendu compte que ça allait bien et que ça m’empêchait de freiner pour rien ! », dit celle qui a dû emprunter un casque environ 30 minutes avant le départ.

Une logistique ardue qui s’ajoute aux mesures déjà prises pour contrer la contagion de la COVID-19 par l’organisation. Dans ces circonstances difficiles, Blais se soucie peu de son résultat (+2 minutes 29 secondes). C’est la Danoise Cecilie Uttrup Ludwig, de la formation FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope, qui a été la plus rapide lors de cette épreuve de 87,2 kilomètres.

La 53e place, je m’en fiche un peu. J’avais abandonné à un certain moment, je trouvais ça tellement compliqué de prendre part à la course, La pression est tombée à ce moment-là. On était seulement quatre filles dans l’équipe, alors j’ai décidé de me lancer.

Marie-Soleil Blais

Si « la performance était secondaire » mardi, Marie-Soleil Blais, de la formation Cogeas-Mettler, affirme toutefois avoir eu beaucoup de plaisir à ce qui a été sa toute première course depuis les Championnats du monde disputés en septembre 2019.

« J’ai été très active, j’ai fait mon boulot en attaquant et ç’a été une belle expérience. C’était la première fois que je roulais avec l’équipe et j’ai aimé l’ambiance auprès de mes coéquipières. Je sais que les problèmes vont finir par se régler et que tout va rentrer dans l’ordre », assure la cycliste de 31 ans.

Également en action, la Sherbrookoise Magdeleine Vallières-Mill s’est classée 39e, à 1 minute 46 secondes de la gagnante.

« La course finissait avec une côte de deux kilomètres assez à pic et le reste était plat. L’important était donc d’essayer de rester toute l’équipe ensemble, de bien se positionner et d’essayer de ne pas chuter », explique Vallières-Mill. Elle n’était cependant pas en excellente position au pied de la montée après avoir été prise derrière une chute.

« C’est toujours assez impressionnant d’être dans un peloton avec autant de coureuses expérimentées. J’ai essayé d’apprendre le plus possible et d’aider mes coéquipières à être le plus possible en avant. On a encore beaucoup à apprendre, mais c’est pour ça qu’on est avec l’équipe du WCC (formation de développement U23 de l’UCI) ! Nous sommes excitées pour notre prochaine course, soit le Grand Prix de Plouay », dit-elle.

Pour sa part, Marie-Soleil Blais patiente toujours afin de recevoir son vélo. Puisqu’elle revient d’Espagne, les nouvelles réglementations de la Suisse l’empêchent d’aller dans ce pays en compagnie de toute son équipe.

« Les règles d’entrée et de sortie des pays varient beaucoup et sont tellement compliquées. Je ne sais toujours pas sur quoi je vais rouler dans les prochains jours. C’est une situation difficile, mais tout le monde travaille ensemble et j’ai hâte que tout revienne dans l’ordre. »

Si tout se passe bien, Marie-Soleil Blais devrait être de La Course, en France, à la fin du mois d’août.

Dans le volet masculin du Tour d’Émilie, le cycliste québécois Nickolas Zukowsky (Rally Cycling) n’a pas rejoint le fil d’arrivée. Le Russe Aleksandr Vlasov (Astana) est monté sur la plus haute marche du podium.