Après avoir découvert les routes du Tour de France l’été dernier, Hugo Houle retrouvera celles du Giro du 3 au 25 octobre. Cette troisième participation à l’épreuve italienne lui permettra de rouler auprès de son bon ami Jakob Fuglsang, l’un des leaders de l’équipe Astana, mais aussi d’intégrer les Grand Prix cyclistes de Québec et Montréal à son agenda.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« Le plus important pour moi, c’est d’être dans une gang avec laquelle je vais avoir du fun. Je suis convaincu que je vais avoir la chance de refaire le Tour de France, mais les circonstances de cette année m’ont conduit à prendre cette décision avec l’équipe. Ça me permet aussi de faire Québec et Montréal », a raconté Houle dans le cadre du lancement officiel de la saison de la Fédération québécoise des sports cyclistes.

Pour cette saison particulière, les dirigeants d’Astana ont divisé l’équipe en deux. Une partie des coureurs, soit les résidents espagnols ainsi que les Sud-Américains, vont s’entraîner dans la Sierra Nevada (sud de l’Espagne). Ils encadreront le grimpeur colombien Miguel Angel Lopez lors du Tour de France.

Le deuxième groupe se retrouvera dans les Dolomites, en Italie, la semaine prochaine. Le gros objectif de la saison est le Tour d’Italie. « Je ne suis pas spécialement déçu [de ne pas faire le Tour] même s’il reste que le Tour, c’est le Tour. Quand tu es dans le milieu, c’est sensiblement la même chose de faire l’une ou l’autre épreuve. D’ailleurs, j’aime beaucoup le Giro qui est un peu plus tranquille au niveau de l’ambiance. Ça nous permet d’être plus relax.

« Je suis convaincu que l’on a nos chances. Jakob va très bien présentement et il va déjà très vite. Avec ce qu’il a montré l’année dernière et en début de saison [avec sa victoire au Tour d’Andalousie], j’ai confiance que l’on puisse faire une très belle performance. C’est stimulant pour un coéquipier. On va aussi avoir besoin d’un peu de chance. Au Tour l’année dernière, il était en forme, mais les circonstances ont fait qu’il n’a pas eu la vie facile. »

D’ici là, Houle participera notamment à deux étapes du Tour de France virtuel, au Tour de Pologne, en plus de faire quelques courses en France et Italie. Les dates du 11 et 13 septembre sont aussi encerclées puisqu’elles correspondent aux Grand Prix cyclistes de Québec et de Montréal.

Jeudi matin, le président Serge Arsenault a indiqué maintenir le cap malgré le contexte particulier. « Nous croyons toujours être en mesure de présenter deux événements de très haut niveau regroupant les meilleures équipes au monde à la mi-septembre. [...] Au cours des derniers mois, nous avons élaboré plusieurs scénarios en vue de la tenue des GPCQM. La santé et la sécurité de toutes les parties prenantes de nos courses, dont le public, les athlètes, les membres de l’encadrement des équipes et de l’organisation sont, bien évidemment, au centre de nos préoccupations. »

Une autre mise à jour sera effectuée à la mi-juillet. Si la suite des choses s’avère favorable, le cycliste de 29 ans ne s’imagine pas être ailleurs qu’au Québec.

« Cela va de soi que j’y participe. C’est tout le temps le fun de revenir à la maison, il y a une ambiance qui est particulière. En plus, je ne suis pas revenu au Québec depuis le mois de décembre, a-t-il dit. S’ils peuvent aller de l’avant, je vais être présent, d’autant plus qu’il y aurait plus d’opportunités avec le Tour de France qui est présenté en même temps. »

Le Tour de France se déroulera du 29 août au 20 septembre. Les Championnats du monde, eux, auront lieu du 20 au 27 septembre en Suisse.

Un record de puissance

Houle était encore à Monaco au moment d’aborder sa saison au « calendrier épuré » qui lui permettra « d’être toujours à 100 % » quand il va participer à une épreuve. C’est là qu’il a passé les derniers mois à garder la forme, majoritairement à l’intérieur. Quel regarde pose-t-il sur le confinement ?

« En fin de compte, ce n’était pas mauvais en soi, surtout avec la grosse période qui s’en vient pour nous. J’ai bien géré la situation. Dès le départ, je m’attendais à ce que ce soit quand même assez long. Je m’étais accordé une bonne période de repos avant une reprise progressive avec un home-trainer. »

Dans le dernier mois, il a pu retrouver les reliefs et jauger son état de forme. Des tests de 3 et 12 minutes ont montré qu’il était déjà en très bonne posture. « Ça vaut ce que ça vaut puisque ce sont des courtes durées, mais j’ai fait des records de puissance. Et pour avoir monté énormément de cols lors du dernier mois, j’ai retrouvé le niveau d’avant la pandémie sans être au top de ma forme. Il ne faut pas s’emballer non plus, on est encore tôt dans la préparation. L’objectif reste au mois d’octobre. »