Dans le contexte toujours particulier du Grand Prix de Monaco de Formule 1, dimanche, les négligés veulent pour une fois perturber l'ordre logique des choses et rafler la mise au détriment des McLaren-Mercedes et surtout des Ferrari, largement dominatrices en début de saison.

Marc-Antoine Baudoux AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur les cinq premières courses, la scuderia en a remporté quatre (deux pour Kimi Raikkonen, deux pour Felipe Massa) et McLaren-Mercedes est parvenu à ramener également une victoire (grâce à Lewis Hamilton). Il est donc logique que leurs opposants, emmenés par des BMW Sauber toujours pressantes, piaffent d'impatience.

Le circuit de Monaco et ses nombreux pièges est ainsi l'endroit idéal pour tenter de troubler l'ordre établi.

Un peu en retrait à Istanbul il y a deux semaines, les BMW Sauber courent toujours après un premier succès et le cadre prestigieux de Monaco serait l'endroit idéal pour une première.

«J'attendais vraiment Monaco avec impatience, avoue ainsi Robert Kubica. J'y ai été très bien en 2007 et j'adore les circuits en ville, étroits, avec des barrières juste en bord de piste. Cette année sans antipatinage ce sera encore plus difficile de piloter là-bas. J'espère être au moins aussi performant que l'an dernier et j'attends un bon résultat.»

Rebondissements

La suppression de l'antipatinage et des aides au pilotage pourrait en effet déboucher sur une course pleine de rebondissements puisque à Monaco il n'y a pas de vastes dégagements à la sortie des virages, comme sur les circuits précédents à Barcelone ou Istanbul. La moindre erreur se solde en général par un abandon.

À ce titre, les Renault, en nets progrès, possèdent un atout maître en la personne de Fernando Alonso, très à l'aise en Principauté où il a remporté les deux derniers Grands Prix.

«Monaco est un circuit où tout peut arriver et où le pilote peut vraiment faire la différence, même si une bonne voiture sera toujours un avantage, rappelle l'Espagnol. Nous avons progressé mais nous sommes encore derrière Ferrari, McLaren et BMW. Nous essaierons malgré tout de tirer notre épingle du jeu et de saisir la moindre opportunité.»

Les Red Bull, dans les points lors des quatre dernières courses, ou les Toyota sont aussi candidats à la surprise. Jarno Trulli, pilote de pointe de l'équipe japonaise, a d'ailleurs remporté sa seule victoire en F1 dans les rues de la Principauté.

Cependant, les équipes de pointe ne vont bien sûr pas céder leur place facilement.

«L'an dernier McLaren-Mercedes était très fort à Monaco mais on a beaucoup travaillé sur nos réglages depuis, indique ainsi Felipe Massa, victorieux en Turquie il y a deux semaines et troisième sur le Rocher l'an dernier. On espère être plus à l'aise que la saison dernière sur ce circuit tortueux.»

Diamants

Kimi Raikkonen, actuellement en tête du championnat, veut quant à lui oublier le Grand Prix 2007: 16e sur la grille après une erreur en qualifications, il n'avait fini que huitième.

Du côté des McLaren-Mercedes, on espère que le poids des diamants incrustés pour l'occasion dans les casques des deux pilotes ne sera pas trop pénalisant. Plus sérieusement, Lewis Hamilton se refuse à tout pronostic dans une épreuve si aléatoire.

«Monaco c'est ma course préférée, affirme le Britannique, deuxième l'an dernier et vainqueur de la course GP2 en 2006. Mais imprévisible est le mot qui résume le mieux cette épreuve. En Turquie (2e) on a fait une grande course, on sait que la performance est là, mais à Monaco absolument tout peut arriver.»

Plus loin dans le peloton, Giancarlo Fisichella (Force India) espère marquer un point pour son 200e Grand Prix, tandis que l'ambiance est contrastée du côté des Toro Rosso.

D'un côté, l'équipe italienne inaugure de nouvelles voitures et attend un regain de performances, mais les débuts de cette monoplace STR3 contraignent Sebastian Vettel à utiliser une nouvelle boîte de vitesse. Ainsi, l'Allemand sait déjà qu'il sera pénalisé de cinq places sur la grille de départ.

Son coéquipier Sébastien Bourdais a abandonné dans la dernière course et a quant à lui le droit d'utiliser cette nouvelle transmission sans pénalité. Le Français, en général à l'aise sur les circuits urbains, a couru une fois à Monaco, en F3000 en 2002: il avait remporté l'épreuve et signé la pole position.