Alonso: deux titres avec Renault en 2005 et 2006 et puis s'en va chez McLaren-Mercedes. Schumacher: deux titres avec Benetton (ex-Renault) en 1994 et 1995 et puis s'en est allé chez Ferrari. Le parallèle est évident.

Igor Gedilaghine

Alonso: deux titres avec Renault en 2005 et 2006 et puis s'en va chez McLaren-Mercedes. Schumacher: deux titres avec Benetton (ex-Renault) en 1994 et 1995 et puis s'en est allé chez Ferrari. Le parallèle est évident.

D'autant qu'à l'arrivée de leur pilote vedette, Ferrari comme McLaren traversent une mauvaise passe. Et Alonso, comme Schumacher avant lui, est attendu comme le Messie.

«Après six ou sept ans sans succès, cette équipe veut une révolution et il est bon de faire partie de ce projet», proclamait l'Espagnol plein d'enthousiasme le jour de la présentation de sa nouvelle monoplace.

Au début de la saison 2007, McLaren n'a plus gagné de titre mondial pilotes depuis Mika Häkkinen en 1999. A l'arrivée de Schumacher en 1996, aucun pilote Ferrari n'avait plus été sacré depuis le Sud-Africain Jody Scheckter en 1979.

«On va rigoler»

Aussi, Ferrari semblait encore plus mal en point début 1996 que McLaren-Mercedes début 2007, d'autant que Kimi Räikkönen, alors au volant d'une Flèche d'argent, avait lutté pour le titre face à Alonso en 2005, remportant autant de victoires cette année-là que l'Espagnol (7).

Cependant, Ferrari s'était imposé en Grand Prix l'année précédant l'arrivée de Schumacher, grâce à Jean Alesi au Canada, tandis que McLaren a vécu une saison 2006 vierge.

Michael Schumacher aura mis cinq saisons avant d'offrir un titre pilotes à Ferrari, en 2000. L'année précédente, il avait permis à la Scuderia de recoiffer la couronne mondiale constructeurs qui lui échappait depuis 1983. McLaren attend une couronne chez les constructeurs depuis 1998.

Au moment où Alonso a signé son transfert chez McLaren, fin 2005, l'écurie de Woking venait de lui livrer une rude bataille et semblait en mesure d'assurer à ses pilotes la possibilité de se battre pour le titre. La saison 2006 prouva le contraire.

Alors quid de 2007 ? [Je connais bien Fernando (Alonso): s'il n'a pas une bonne voiture... on va rigoler], persiflait sur TF1 l'ancien patron de l'Espagnol chez Renault, Flavio Briatore, qui avait déjà perdu Schumacher en 1996 alors qu'il dirigeait Benetton.

Trois comme Senna

De son côté, Alonso sait qu'un troisième titre consécutif ne pourra être le fruit que d'un travail de Titan. Et les essais hivernaux semblent, malheureusement pour lui, confirmer cette tendance.

«Bien que nous roulons vite, la voiture n'est simplement pas prête pour espérer gagner», avait admis Alonso le 9 février lors d'essais privés à Jerez.

Mais celui qui apparaît comme le plus impliqué de tous les pilotes McLaren depuis Senna n'a pas ménagé ses efforts pour tenter de faire progresser la MP4/22.

Quoi qu'il en soit, si le nouveau défi qu'il s'est lancé semble le ravir, Alonso a d'ores et déjà assuré qu'il ne s'éterniserait pas en F1 comme a pu le faire Schumacher et ses 16 saisons, jalonnées il est vrai de faramineux records, dont 7 titres mondiaux.

«J'ai trois ans de contrat (avec McLaren-Mercedes) et j'espère aller au bout, explique-t-il. Je ne sais pas si je gagnerai un autre titre ou les trois prochains, ça, le temps le dira (...) Dans tous les cas, les trois titres de Senna sont une référence d'un des meilleurs pilotes de tous les temps. L'égaler serait déjà une immense fierté.»