C’est calme et venteux sur le circuit Gilles-Villeneuve en ce vendredi matin d’avril. Par-ci, par-là, des employés s’affairent à différentes tâches. Tranquillement, le site prend forme. Une forme qu’il n’a pas prise depuis trois ans. Enfin, diront plusieurs.

Publié le 28 avril
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Le promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier, a offert à La Presse un tour du circuit, vendredi dernier, à moins de deux mois du jour J.

« On est fébriles, mais pas trop rouillés ! Le naturel revient », lance-t-il.

Le 19 juin, ce sera la première fois en trois ans que les monoplaces de Formule 1 s’aligneront sur la grille de départ du circuit montréalais. D’ici là, l’équipe du Grand Prix a encore beaucoup de pain sur la planche.

« Ça vient vite. […] Sans dire que c’est sept jours sur sept, c’est intense. Il ne faut pas trop avoir de journées comme le 18 avril avec de la neige. Ça nous ralentit ! », évoque M. Dumontier.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

François Dumontier, promoteur du Grand Prix du Canada

« Là, on finalise le montage des tribunes, explique-t-il. Même si le circuit est permanent, nos installations sont temporaires. Chaque année, on remonte les gradins, les loges d’entreprise, etc. »

Seuls les garages flambant neufs construits en 2019 restent en place de façon permanente.

À l’arrière des garages, des grues s’activent à installer une plateforme d’environ 80 pi de fond dans le bassin du fleuve Saint-Laurent. Ladite plateforme, qui sera retirée après le Grand Prix, accueillera certains membres des équipes de F1, comme les ingénieurs.

  • Grue installant la plateforme sur le bassin du fleuve Saint-Laurent

    PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

    Grue installant la plateforme sur le bassin du fleuve Saint-Laurent

  • Grue installant la plateforme sur le bassin du fleuve Saint-Laurent

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    Grue installant la plateforme sur le bassin du fleuve Saint-Laurent

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Dans un des virages, des morceaux de mur attendent patiemment d’être posés. Ce sera fait dans les prochaines semaines, de façon à ce que le circuit soit « complètement hermétique ». Puis, il restera à mettre en place les différents services offerts au public, comme les concessions alimentaires.

« Comme tel, sur le circuit, il n’y a aucun changement [par rapport aux années passées], fait savoir M. Dumontier. C’est le même tracé. On est en train de refaire l’asphaltage dans la ligne des puits. Ce sont des travaux qu’on devait faire en 2020, après ceux des garages de 2019. »

Le promoteur nous indique d’ailleurs, en « touchant du bois », que son équipe n’a pas eu de problèmes d’approvisionnement jusqu’à maintenant. Elle a cependant dû composer avec la pénurie de main-d’œuvre.

Un bon spectacle

La capacité d’accueil du circuit Gilles-Villeneuve a été augmentée « de plusieurs dizaines de milliers de places » cette année, fait savoir François Dumontier, sans toutefois dévoiler le nombre exact. La totalité des billets est par ailleurs vendue depuis des mois. La capacité maximale a été atteinte en hauteur et en largeur pour toutes les tribunes. On compte d’ailleurs deux tribunes de plus qu’auparavant, ainsi qu’un étage de plus dans une loge d’entreprise.

Il y a un phénomène qu’on voit dans la majorité des Grands Prix, pas seulement à Montréal. C’est le fameux phénomène de la série Drive to Survive. Ça, tout le monde en parle. Et ça a un impact direct sur la vente de billets. On le sent.

François Dumontier, promoteur du Grand Prix du Canada

« Ce sont presque 30 % des ventes de billets qui sont rattachées à ça, ajoute-t-il. C’est une clientèle nouvelle qui comprend plus de femmes et de jeunes adultes. C’est intéressant. »

La saison de Formule 1 va bon train depuis déjà un mois. Après quatre Grands Prix, c’est l’équipe Ferrari qui occupe le premier rang du classement des constructeurs grâce aux performances de ses deux pilotes, Charles Leclerc et Carlos Sainz. Quatre autres Grands Prix sont prévus à l’horaire avant celui du Canada.

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Seuls les garages flambant neufs construits en 2019 restent en place de façon permanente sur le site.

« Le début de saison est très excitant, note M. Dumontier. Ce sont de bonnes courses. Le but d’avoir modifié les voitures, il commence à être atteint. C’est-à-dire que ça permet des courses plus rapprochées, des dépassements. »

« La façon dont je le vois et le comprends, c’est que Ferrari a peut-être mieux compris le nouveau règlement et l’a appliqué sur sa voiture, ajoute-t-il. Là, Mercedes doit se rattraper. […] Rendu au Grand Prix du Canada, je pense que tous les bogues sur les voitures vont avoir été trouvés et réglés. »

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Bâti en 1977, le circuit montréalais est plus « traditionnel » et « difficile » que les nouveaux circuits, souligne le promoteur du Grand Prix du Canada.

Bâti en 1977, le circuit montréalais est plus « traditionnel » et « difficile » que les nouveaux circuits, relève-t-il, ce qui rendra le spectacle intéressant le 19 juin.

« C’est un petit circuit. [En matière de] largeur, c’est le minimum qu’on peut avoir pour le circuit de F1. Quand tu regardes les nouveaux circuits, à Bahreïn ou Austin par exemple, c’est au moins une fois et demie [plus large]. Ils ont énormément de zones de dégagement, ce que nous n’avons pas. Ici, le pilote fait une erreur de pilotage et le mur est à quelques pieds d’un côté ou de l’autre. »

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François Dumontier a eu l’idée de souligner le décès de Guy Lafleur sur le circuit.

Concernant la COVID-19, M. Dumontier explique que son équipe suit les règles de la Santé publique, avec laquelle il a été en contact fréquent au cours des derniers mois. Avant les Fêtes, elle avait reçu « une forme de feu vert » pour commencer à organiser l’évènement.

Triste anniversaire

PHOTO ROBERT NADON, ARCHIVES LA PRESSE

Gilles Villeneuve en 1974

Le 8 mai marquera les 40 ans de la mort de Gilles Villeneuve dans un tragique accident lors des qualifications du Grand Prix de Belgique, en 1982. « On peut imaginer que l’équipe Ferrari va faire quelque chose de spécial pour souligner ça. Je ne pense pas que le Grand Prix de Miami va faire quelque chose, la tradition là-bas n’est pas assez forte. Nous, on va sûrement le souligner d’une façon quelconque, même si c’est un mois et demi après. »