(Montréal) Le sous-administrateur en chef de l’Agence de la santé publique du Canada affirme qu’il est préférable de se fier à la Santé publique de Montréal afin de déterminer s’il est risqué ou non de présenter le Grand Prix du Canada de Formule 1, le 13 juin prochain.

Alexandre Geoffrion-McInnis La Presse Canadienne

« Je crois que c’est très important de respecter la perspective de l’échelle locale, parce que ce sont eux (la Santé publique de Montréal) qui sont sur le terrain, qui connaissent le mieux la situation et même les enjeux avec le système de santé dans la région de Montréal », a expliqué le Dr Howard Njoo, vendredi, en visioconférence.

Ce qui n’est pas nécessairement de très bon augure pour la présentation du Grand Prix du Canada en 2021.

Jeudi, la Santé publique de Montréal a émis une série de recommandations défavorables à la tenue du Grand Prix du Canada cet été. Elle a notamment exprimé ses inquiétudes par rapport à l’arrivée de milliers de personnes qui gravitent dans l’univers de la F1 en provenance de Bakou, en Azerbaïdjan (l’épreuve qui précède le Grand Prix du Canada au calendrier), sans pouvoir respecter la quarantaine obligatoire.

Le Dr Njoo attend toujours le dossier

Le Dr Njoo a aussi profité de l’occasion pour dire qu’il n’a toujours pas reçu de « lettre de support » de ses homologues de la Santé publique du Québec et de Montréal au sujet de l’évènement qui se déroule annuellement sur le circuit Gilles-Villeneuve.

« On attend toujours les lettres de support de l’échelle provinciale et locale avant de commencer à faire notre propre analyse. Jusqu’ici nous n’avons rien reçu », a-t-il assuré.

Le Dr Njoo a cependant mentionné qu’il était en communication constante avec la Santé publique du Québec dans ce dossier.

« Nous avons de bonnes communications avec l’échelle provinciale — c’est elle qui a reçu la proposition de la F1 —, donc nous sommes en train de discuter, mais on attend encore leurs lettres de support », a-t-il répété.

Ce n’est pas la première fois que des problèmes de communication provoquent des turbulences.

Jeudi, la mairesse de Montréal Valérie Plante a tenu à réitérer l’importance de la communication entre les divers partenaires impliqués dans ce dossier.

Entre-temps, le ministre de l’Innovation et de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a mentionné que les partenaires dans ce dossier tentaient de minimiser les conséquences d’une annulation du Grand Prix.

Il a toutefois laissé entendre qu’un dénouement dans cette saga pourrait survenir très prochainement, après avoir dit « qu’on espère avoir des nouvelles d’ici 48 heures ».

Du côté d’Octane Management, l’entreprise dirigée par François Dumontier et qui est responsable de l’organisation de l’épreuve montréalaise de F1, personne n’a voulu émettre de commentaires à ce sujet, jeudi.

Plus tôt cette semaine, le quotidien La Presse a révélé que le promoteur de l’évènement souhaitait obtenir une compensation financière d’environ 6 millions pour les pertes qui pourraient découler de l’organisation de l’évènement à huis clos en 2021.

Sinon, le Grand Prix du Canada pourrait être remplacé au calendrier par le Grand Prix de Turquie au cours du même week-end, soit du 11 au 13 juin.

Le Grand Prix du Canada a été annulé en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.

Avec la collaboration de Lina Dib