(Atlanta) Tandis que sa ville adoptive pleurait son décès, certains partisans des Braves d’Atlanta ont demandé qu’on change le nom de l’équipe en l’honneur du surnom du légendaire frappeur de puissance Hank Aaron — les «Hammers».

Paul Newberry
The Associated Press

« Hammerin’Hank » est décédé vendredi à l’âge de 86 ans, entraînant des hommages en provenance des quatre coins des États-Unis — dont ceux du président actuel et des passés — pour sa carrière prolifique au baseball. Aaron a aussi offert une bonne dose d’espoir à la communauté afro-américaine en surmontant le racisme persistant alors qu’il pourchassait le record du baseball majeur pour le nombre de circuits en carrière.

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Les gouverneurs de la Géorgie et de l’Alabama ont décrété que les drapeaux soient mis en berne pour rendre hommage à Aaron — le « Hammer » est né dans la ville portuaire de Mobile, mais a habité à Atlanta pendant l’essentiel de sa vie.

Les Falcons d’Atlanta (NFL), l’Atlanta United (MLS) et l’équipe de football de l’université Georgia Tech (NCAA) ont indiqué qu’ils retireront le numéro 44 d’Aaron lors de la prochaine saison. Ce numéro était retiré depuis belle lurette par les Braves.

Les réseaux sociaux se sont ensuite enflammés afin qu’on remplace le nom de l’équipe de baseball par le surnom d’Aaron. Même une pétition a été mise en ligne à cet effet.

« Il y a deux critères importants pour procéder à un changement de nom : 1) Il doit rendre hommage à une icône qui a représenté notre ville avec classe et dignité pendant près de 50 ans, et 2) Il doit effacer le tort provoqué par le fait que notre ville compte sur une équipe qui salit le nom des peuples autochtones, surtout que l’une des plus grandes tragédies de l’histoire américaine, la "Trail of Tears" — cet évènement désigne le déplacement de plusieurs peuples amérindiens par le gouvernement américain entre 1831 et 1838 —, a commencé dans le secteur où l’équipe est implantée », pouvait-on lire dans la pétition.

Les Braves ont réitéré qu’ils ne voulaient pas changer de nom, puisqu’ils le considèrent comme un hommage aux peuples autochtones, et non une insulte.

L’équipe a cependant pris quelques précautions pendant les séries éliminatoires en 2019 afin de dissimuler des symboles controversés, surtout après que le lanceur des Cardinals de St. Louis Ryan Helsley — qui fait partie de la communauté Cherokee — se soit plaint du légendaire Tomahawk Chop de l’équipe.

Ainsi, les Braves n’ont pas distribué de tomahawks en styromousse rouge avant le match décisif de la série, gagné par les Cards. Ils ont aussi cessé de faire jouer la musique rythmique qui encourage les partisans à mimer le geste du tomahawk avec leurs bras.

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Les dirigeants des Braves n’ont pas précisé si ces changements seraient permanents ou non lors du retour des spectateurs dans les gradins pour les matchs, mais ils ont retiré le panneau « Chop On » situé près de l’entrée du SunTrust Park.

Ces derniers mois, certains partisans ont commencé à suggérer de nouveaux logos pour remplacer l’emblématique tomahawk, notamment un marteau lui ressemblant.

Rien n’indique que le décès d’Aaron fera bouger les choses à ce niveau. La plus vieille concession de la Ligue nationale a commencé à utiliser le nom Braves il y a plus de 100 ans, alors qu’elle évoluait à Boston.

L’équipe s’est ensuite appelée les Bees en 1936, avant de retourner à son nom original de Braves en 1941.

L’an dernier, l’équipe de football de Washington a changé de nom, décrit comme étant « insultant et condescendant » par Meriam-Webster. Les Indians de Cleveland ont aussi annoncé qu’ils changeront de nom et de logo, mais pas avant la conclusion de la saison 2021.

Les Braves font partie des nombreuses concessions sportives nord-américaines qui misent sur des surnoms inspirés des communautés autochtones, avec les Chiefs de Kansas City (NFL), les Warriors de Golden State (NBA) et les Blackhawks de Chicago (LNH).