Est-ce qu’une saison de 60 matchs pourrait servir la cause des Rays de Tampa Bay? La formation de la Floride croit que oui.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

Après tout, les Rays ont remporté 96 matchs et ont poussé les Astros de Houston, finalistes de la Série mondiale, à la limite de cinq rencontres en série de section l’an dernier. En disputant ces 60 rencontres en seulement 66 jours, les équipes ayant le plus de profondeur sauront davantage tirer leur épingle du jeu. Ça tombe bien : c’est l’une des forces des Rays.

À commencer par leur rotation. Avec Charlie Morton, Blake Snell - vainqueur du Cy-Young dans l’Américaine en 2018 - comme locomotives, voilà potentiellement de 20 à 25 départs de qualité. Morton a mené les lanceurs des Rays avec 16 victoires l’an dernier et le vétéran de 12 saisons a même terminé troisième au scrutin du trophée Cy-Young.

À cette liste, il faut aussi ajouter le nom du polyvalent Ryan Yarbrough, qui a récolté 11 victoires l’an dernier, le deuxième plus haut total des Rays, dans un rôle hybride : de ses 28 présences l’an dernier, 14 ont été effectuées comme partant ou ouvreur, stratégie qu’affectionnent particulièrement les Rays.

Comme Yonnys Chirinos (9-5, 3,85 en 2019) et Tyler Glasnow (6-1, 1,78 en 12 départs) sont toujours absents du camp estival du club pour des raisons qui n’ont pas été divulguées, Yarbrough aura l’occasion de solidifier sa place au sein de la rotation.

« Nous ne nous rendons pas où nous nous sommes rendus la saison dernière sans Yarbrough, a déclaré le gérant, Kevin Cash, à MLB.com. Il a eu une période de sept ou huit départs où il a été particulièrement dominant. Il va continuer de s’améliorer. (…) Il a une grande valeur à nos yeux. »

Il faut aussi compter sur l’ingéniosité de Cash pour gérer ses lanceurs. En plus des nombreux ouvreurs, Cash a bien su doser le travail de ses lanceurs de relève, alors que pas moins de 11 d’entre un ont obtenu au moins un sauvetage en 2019.

Attaque revampée

Les Rays viennent de connaître deux saisons d’affilée de 90 victoires ou plus. Toujours soucieux de leurs dépenses, ils ont de nouveau fait preuve d’imagination et d’opportunisme en embauchant le Japonais Yoshitomo Tsutsugo, le voltigeur Hunter Renfroe et le frappeur désigné et joueur de champ intérieur Jose Martinez.

Tsutsugo a signé un pacte de deux ans et 12 millions US après avoir frappé pour ,279 avec 29 circuits et 79 points produits au Japon en 2019. Renfroe (33 circuits, 89 points produits en 140 rencontres avec les Padres de San Diego) et Martinez (,269, 10 circuits, 42 points produits en 128 matchs avec les Cards de St. Louis) ajouteront un peu de punch au cœur du rôle offensif.

PHOTO MIKE CARLSON, AP

Yoshitomo Tsutsugo

Ces trois additions seront sûrement bien accueillies par Austin Meadows, meilleur frappeur des Rays avec ses moyennes de ,291/,364/,558, ses 33 circuits et 89 points produits l’an dernier.

De compter sur plus de munitions ne devrait pas nuire aux Rays, qui doivent composer avec les puissants Yankees de New York dans l’Est de l’Américaine. Même s’ils ont connu une saison en deçà des attentes en 2019 et qu’ils se sont départis de Mookie Betts et de David Price au cours de l’hiver, les Red Sox de Boston ne sont jamais bien loin. Les Rays commettraient toute une erreur de les négliger, surtout pendant cette saison raccourcie.

Montréal toujours dans l’air

Difficile de parler des Rays sans parler du Groupe de Montréal et de son projet de villes-sœurs. Le propriétaire du club, Stuart Sternberg, a assuré la semaine dernière que le projet est toujours d’actualité, même si la pandémie de la COVID-19 est venue ralentir le processus.

À Montréal, Stephen Bronfman et son groupe travaillent toujours à faire progresser le dossier. Le coronavirus a quelque peu ralenti leur rythme, mais le fer-de-lance du projet montréalais assure que le dossier avance.

« Nous avons entrepris avec enthousiasme notre travail depuis le début de l’année, conjointement avec les Rays, pour développer notre projet de villes-sœurs, avec un nouveau stade dans les deux régions et une saison de baseball partagée, a indiqué Bronfman par courriel à La Presse canadienne. Malgré la pandémie qui a ralenti certains de nos travaux, nos équipes respectives progressent très bien dans l’analyse de tous les volets de ce projet passionnant. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Stephen Bronfman

Les Rays ont bel et bien présenté un projet aux autorités sanitaires afin d’accueillir quelque 2000 spectateurs au Tropicana Field à compter de la première semaine du mois d’août, mais les récentes hausses de cas en Floride ont repoussé ce projet à une date indéterminée.

« Il est probablement prudent de penser que la fin août est le plus tôt où nous pourrions accueillir des spectateurs, a déclaré Sternberg au Tampa Bay Times. Je ne sais vraiment pas. La situation change de semaine en semaine. »

Les Rays avaient condamné la portion supérieure de leurs gradins en 2019. Le plan de Sternberg d’admettre 2000 spectateurs par rencontre ne tient d’ailleurs pas compte de cette portion supérieure. Le proprio des Rays préfère se concentrer sur ce plus petit nombre de spectateurs pour lancer des activités, compte tenu des coûts qui seraient impliqués pour préparer et désinfecter un plus grand nombre de sections dans l’enceinte.

L’équipe pourrait toutefois rouvrir la portion supérieure du stade pour une éventuelle course aux séries ou la tenue de matchs éliminatoires.

- Avec l’Associated Press