Don Newcombe, un puissant lanceur droitier des Dodgers de Brooklyn et l'un des premiers Noirs à évoluer dans le baseball majeur est mort. Il était âgé de 92 ans.

ASSOCIATED PRESS

L'organisation des Dodgers de Los Angeles a confirmé que Newcombe avait rendu l'âme mardi matin des suites d'une longue maladie.

« La présence et la vie de Don Newcombe ont fait de lui un modèle à suivre pour les joueurs des Ligues majeures à travers le pays », a déclaré le président des Dodgers, Stan Kasten.

« Il était une présence constante au Dodger Stadium, et les joueurs se rendaient à lui pour bénéficier de ses conseils sans fin et de son leadership. À ses yeux, les Dodgers étaient plus importants que tout, et nous sommes tous chanceux qu'ils soient passés dans nos vies. »

Né le 14 juin 1926 au New Jersey, Newcombe, comme ce fut le cas pour Jackie Robinson, s'est vu offrir un contrat par Branch Rickey après avoir joué dans la Ligue des Noirs. Comme Robinson, il est passé par les Royaux de Montréal, où il a joué pendant un peu plus d'une saison, en 1948 et 1949, et comme Robinson, il a fait sa marque dans les Ligues majeures.

Surnommé « Newk », ce colosse de six pieds quatre pouces et 225 livres était un lanceur au comportement combatif qui n'hésitait pas à intimider les frappeurs et à les repousser du marbre s'ils s'en approchaient un peu trop.

Nommé recrue de l'année en 1949 grâce à un dossier de 17-8, il a connu trois campagnes de 20 victoires et a été nommé quatre fois joueur tout étoile.

Newcombe, Robinson et le receveur Roy Campanella, un autre Noir, formaient un trio de joueurs étoiles qui s'apportaient souvent un soutien mutuel.

« Nous nous sommes donné une stratégie, a plus tard confié Newcombe. Nous savions l'impact que nous laisserions. Nous devions endurer. Le caractère (de Robinson), son épine dorsale, son cran étaient la clé. Avec M. Rickey, Jackie était le leader. »

Pendant les années de Newcombe avec l'équipe, les Dodgers ont été plus souvent des aspirants que des champions. Ils se faisaient une spécialité de terminer au premier rang du classement de la Ligue nationale avant de perdre la Série mondiale contre les Yankees.

L'exception à cette règle fut 1955, quand les Dodgers sont enfin venus à bout des Yankees. Cette année-là, Newcombe a présenté une fiche cumulative de 20-5, gagnant même 18 de ses 19 premières décisions. Le jour où il a récolté sa 20e victoire, il a aussi frappé son septième circuit de la saison, ce qui représentait alors un record pour un lanceur dans la Ligue nationale.

Toutefois, Newcombe a toujours connu des difficultés lors des matchs éliminatoires. Il a perdu la première partie de la Série mondiale de 1955 face aux Yankees, et alors qu'il s'était préparé pour agir à titre de partant lors du septième match, les Dodgers lui ont finalement préféré le jeune Johnny Podres. En 1956, Newcombe a perdu le septième match de la Série mondiale face aux Yankees.

En quatre sorties lors de la classique automnale du Baseball majeur, Newcombe a affiché un dossier global de 0-4 et une moyenne de points mérités de 8,59.

Il a connu sa meilleure saison en 1956, avec une fiche de 27-7. Elle lui lui a valu le trophée Cy Young qui, à l'époque, n'était décerné qu'à un seul lanceur, peu importe s'il évoluait dans la Ligue nationale ou la Ligue américaine. Cette même saison, il a aussi été nommé joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue nationale.

Après 1956, les performances de Newcombe ont perdu de leur lustre avec les Dodgers - alors déménagés à Los Angeles - les Reds de Cincinnati et les Indians de Cleveland. Il a eu un bref regain de vie avec les Reds en 1959, où il a présenté une fiche de 13-8 et une moyenne de points mérités de 3,16.

Durant sa carrière de dix saisons dans les Ligues majeures, il a affiché un dossier de 149-90 et une moyenne de points mérités de 3,56.

Comme bien des joueurs de sa génération, Newcombe a été contraint de faire son service militaire pendant sa carrière, perdant ainsi deux saisons complètes, en 1952 et en 1953.

Des problèmes d'alcoolisme ont aussi mené à une retraite prématurée­. Il a abandonné l'alcool plus tard dans sa vie et a travaillé au sein de programmes de prévention contre la drogue et l'alcool. Il a continué de travailler avec les Dodgers, plus récemment à titre de conseiller spécial au président.

Newcombe n'a pas été admis au Temple de la renommée du baseball, en grande partie à cause de sa carrière abrégée par l'armée et l'alcool.

Il n'a conservé presque aucun souvenir de sa carrière. Il a vendu ses trophées de recrue de l'année, de joueur le plus utile et son Cy Young, ainsi que sa bague de la Série mondiale, au cinéaste Spike Lee.