L'action ne manque pas cette saison dans le baseball majeur. Sur le losange, mais peut-être encore plus à l'extérieur.

Miguel Bujold LA PRESSE

Elle semble révolue, l'ère où les seuls joueurs qui se faisaient pincer pour dopage étaient des deuxième-buts de 165 livres qui passaient plus de temps dans le AAA que dans les majeures. Il y a d'abord eu l'admission d'Alex Rodriguez, des Yankees de New York, puis la bombe d'il y a deux semaines, la suspension de 50 matchs imposée à Manny Ramirez, des Dodgers de Los Angeles.

 

On ne peut cependant pas dire que la perte de Ramirez soit très dévastatrice pour les Dodgers, jusqu'ici en tout cas. Après avoir perdu quatre de ses cinq premiers matchs sans son voltigeur étoile, l'équipe de Joe Torre a remporté sept des huit suivants.

S'il y a un club qui ressort jusqu'ici, c'est bien dans le quartier de Chavez Ravine qu'on le retrouve. Détenteurs du meilleur dossier des ligues majeures - en bonne partie à cause de ces 13 victoires consécutives à domicile en début de saison -, les Dodgers (29-13) avaient déjà neuf matchs d'avance sur le reste de la division Ouest, hier. Ils avaient inscrit plus de points (232) et en avaient concédé moins (158) que n'importe quelle autre équipe de la Ligue nationale.

C'est le poids plume Juan Pierre qui remplace Manny Ramirez. Alors, il sera capital pour les Dodgers de continuer à bénéficier d'une attaque bien répartie. Orlando Hudson, Matt Kemp, Casey Blake, James Loney et Andre Ethier connaissent tous de bonnes saisons, et Russell Martin s'est mis en marche après un pénible mois d'avril.

Au monticule, les Dodgers ont peut-être trouvé leur as en Chad Billingsley, un droitier de 24 ans qui a remporté six de ses sept décisions, présenté une moyenne de 2,51 et totalisé 63 retraits sur des prises en 61 manches. Jonathan Broxton, un releveur de 290 livres, a sauvegardé 11 des 13 avances qu'il a été sommé de protéger et compte déjà quatre victoires. Le succès en séries éliminatoires pourrait toutefois passer par l'ajout d'un autre partant de qualité et expérimenté.

De la compagnie pour les Cubs

La plupart des experts croyaient que les Cubs de Chicago domineraient la division Centrale, comme le font les Dodgers dans l'Ouest, mais la troupe de Lou Piniella ne produit pas à la hauteur des attentes. Les Cubs ont gagné 11 de leurs 14 premiers matchs en mai, mais ils se sont inclinés quatre fois de suite depuis ce temps.

Les Oursons sont devancés par les Brewers de Milwaukee et les Cards de St. Louis, et les Reds de Cincinnati n'ont qu'un demi-match de retard sur eux. Ils n'ont pas été épargnés par les blessures (Aramis Ramirez, Carlos Zambrano), c'est vrai, mais il y a également quelques joueurs qui déçoivent.

Avant le match d'hier, à San Diego, Derrek Lee ne frappait que pour une moyenne de ,239 et n'avait produit que 18 points, alors que le talentueux Rich Harden (4,74) et Ryan Dempster (4,40), excellent en 2008, ne connaissent pas le type de saison qu'espéraient les Cubs.

À Milwaukee, Yovani Gallardo a remplacé C.C. Sabathia au sommet de la rotation, et l'attaque est entre bonnes mains avec Ryan Braun (,326, huit circuits, 30 points produits), Prince Fielder - en feu après un mois d'avril à oublier -, et le vétéran Mike Cameron, qui semble enfin avoir trouvé la bonne équipe pour lui au Wisconsin.

Les Cards n'ont plus autant de joueurs étoiles qu'auparavant, mais ils ont encore l'un des meilleurs gérants du baseball en Tony LaRussa, ainsi qu'un candidat annuel à la Triple Couronne en Albert Pujols.

Longtemps considérés l'une des risées du baseball, les lanceurs des Reds ont la cinquième moyenne de la Nationale (4,08), menés par le jeune Johnny Cueto et un groupe de releveurs expérimenté.

En attaque, Jay Bruce a 12 circuits - mais aussi 31 retraits sur des prises -, tandis qu'on ne sait toujours pas si Joey Votto, éprouvé par des vertiges, sera en mesure de jouer sur une base régulière. Le Torontois d'origine connaissait une excellente saison : moyenne de .366, cinq circuits et 27 points produits.

Les Phillies de Philadelphie ont profité de leur fiche de 13-4 à l'étranger pour prendre possession du premier rang dans l'Est, mais la seule chose qui soit décidée dans cette division, c'est que les Nationals de Washington finiront encore derniers.

Nos anciens z'Amours ont la troisième attaque de la ligue, mais aussi la pire moyenne de points mérités. Ils dominent aussi les ligues majeures avec 43 erreurs, huit de plus que n'importe quelle autre des 29 autres équipes.

La source de ce long calvaire? La transaction qui a amené Bartolo Colon à Montréal n'a sûrement pas aidé. En retour de Grady Sizemore, Brandon Phillips et Cliff Lee... Ouch. Mais on a bien apprécié les 10 victoires de Colon dans l'uniforme des Expos, n'est-ce pas?