Sa routine a été présentée et a même déjà été jugée. Jacqueline Simoneau devra néanmoins patienter jusqu’au 21 février, comme toutes ses adversaires, pour connaître l’issue de la toute première Série mondiale virtuelle de natation artistique de la FINA.

Sportcom

En fait, seuls les organisateurs et l’équipe de production responsable du montage visuel de la compétition détiennent les fameux résultats tant attendus. Les athlètes et les entraîneurs ignorent le classement final de chaque épreuve, même si tout est joué depuis quelques jours. Ne leur reste plus qu’à se joindre aux partisans et à suivre la webdiffusion le jour venu.

« C’est assez particulier », a admis Jacqueline Simoneau en entrevue avec Sportcom. Seule Canadienne à avoir pris part à cette compétition virtuelle organisée par les États-Unis, la Montréalaise a été surprise par la nouvelle avec seulement deux semaines de préavis.

« Habituellement, nous avons des mois pour nous préparer physiquement et mentalement. Il a fallu que je m’ajuste très rapidement, mais j’ai approché ça comme un nouveau défi », a-t-elle spécifié.

D’autant plus que son programme libre en solo commençait à prendre la poussière, puisque les entraînements des derniers mois ont seulement été axés sur les épreuves olympiques, en duo et en équipe. Simoneau n’avait donc pas pratiqué sa routine depuis février 2020 et a commencé à y consacrer une heure par jour lorsqu’elle a su qu’elle allait représenter le Canada à nouveau.

« On a revisité la chorégraphie, mais on ne l’a pas beaucoup changée. Les règles étaient très spécifiques pour filmer et les juges voyaient seulement la routine d’un côté, alors qu’ils sont des deux bords habituellement. Nous nous sommes assurés que tout soit bien balancé et que ça paraisse mieux d’un côté ! »

Des directives précises avaient été envoyées aux diverses fédérations pour qu’elles procèdent toutes de la même façon. La caméra devait être située à un mètre de l’eau, vis-à-vis le centre de la piscine et surélevée de 1,8 mètre, avec la plateforme de départ située à la droite de l’écran. Les participantes avaient droit à une plage horaire d’une heure préétablie, entre le 27 et le 31 janvier, afin de soumettre leur captation. La vidéo devait débuter et terminer avec un code envoyé préalablement par les organisateurs à l’heure convenue.

Après une longue semaine d’entraînement, Jacqueline Simoneau s’est élancée un samedi après-midi, à l’INS Québec (Institut national du sport du Québec). Sans avoir à quitter un hôtel ou à prendre un autobus avec ses coéquipières, elle a tout de même enfilé sa tenue de l’équipe canadienne, misant sur la musique pour se motiver et faire le plein d’énergie.

« J’avais beaucoup de fatigue accumulée et c’était différent, mais je me sentais comme à une vraie compétition. J’avais peur de ne pas ressentir la même adrénaline parce que je me fie beaucoup à la foule et aux juges pour me donner de l’énergie en matière de performance. La fédération a fait du bon travail pour recréer une belle ambiance », a souligné celle dont la dernière compétition remontait aux Jeux panaméricains de Lima, en 2019.

Une première satisfaisante

Dans ces circonstances particulières, incluant une courte période de préparation, la nageuse de 24 ans se dit satisfaite de sa performance. « Je suis contente de ce que j’ai offert et ç’a été une belle expérience. Ça va aussi nous permettre, mes coéquipières et moi, de mieux nous préparer pour les prochaines compétitions virtuelles et nous aider à mieux visualiser le fonctionnement. »

Le Canada prévoit présenter le même type de Série mondiale à la fin du mois de mai et les compétitions nationales devraient également être disputées dans un format virtuel cette année.

Difficile de savoir ce qui attend l’équipe canadienne au cours des prochains mois. L’étape des Séries mondiales prévue à Suzhou, en Chine, a récemment été annulée. Le prochain évènement toujours au calendrier est celui de Budapest, en avril, en personne cette fois. Chaque sortie est importante pour la formation de l’unifolié à l’approche des Jeux olympiques de Tokyo. Ici aussi, la possibilité d’une annulation tracasse Jacqueline Simoneau, qui reste positive malgré tout.

« On voit bien les articles et tout ce qui passe sur les médias sociaux, mais nous devons être prêtes pour n’importe quel scénario. Ça risque d’être des Jeux olympiques très uniques, très différents de ceux que j’ai connus par le passé, mais nous nous entraînons pour y participer cet été et le décompte est déjà commencé. »