Charles Hamelin ratera les deux prochaines Coupes du monde en Asie afin de rattraper le temps perdu à l’entraînement.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Cette décision était prévue et n’a rien à voir avec son état de santé ou ses déconvenues à l’étape de Montréal il y a une dizaine de jours, assure le patineur de vitesse sur courte piste de 35 ans.

« C’est le meilleur plan pour moi en ce moment », a expliqué Hamelin après un entraînement en fin d’après-midi lundi.

Je n’ai pas tant besoin de faire plein de courses quand je ne suis pas à 100 %. J’ai tellement d’expérience derrière la cravate que c’est préférable pour moi de revenir plus tard et d’être mieux physiquement.

Charles Hamelin

Dès l’entrée en poste de l’entraîneur-chef Sébastien Cros, au début de l’été, Hamelin avait convenu de faire l’impasse sur les Coupes du monde de Nagoya (du 29 novembre au 1er décembre) et de Shanghai (du 6 au 8 décembre). Il se remettait alors d’une grave entorse à une cheville qui l’a tenu à l’écart de la glace pendant plusieurs semaines. La saison dernière, il avait traîné une bursite au genou gauche qui a nécessité une opération.

« Ça me donne la chance de rattraper un peu le temps perdu durant l’été en ce qui a trait au volume. C’est un peu ça qui est arrivé aux deux compétitions [de Montréal et Salt Lake City, une semaine plus tôt]. Ça allait bien, mais je commençais à manquer un peu de jus à la fin de la journée le dimanche, dans les relais de 5000 m. Il me manquait le punch que j’avais le samedi. Ça, c’est attribuable au manque de volume. C’est ce que je vais essayer de rattraper ces cinq prochaines semaines. »

À la Coupe du monde de Montréal, Hamelin a chuté en passant sur un marqueur de piste au 1500 m et a été disqualifié le lendemain pour un blocage avec le bras en quart de finale du 1000 m. Le bilan qu’il en tirait avec Cros, quelques minutes avant l’entrevue, était cependant favorable.

« J’aurais aimé avoir de meilleurs résultats, mais il y a vraiment beaucoup de positif dans les courses que j’ai faites à Montréal. […] J’ai exécuté pas mal de choses que je ne faisais pas dans le passé. J’étais beaucoup moins nerveux, plus calme, moins réactif. J’ai beaucoup travaillé là-dessus ces dernières années. C’est le fun à voir. Même si je n’étais pas à 100 % physiquement, je me voyais me rendre jusqu’en finale. »

Une occasion pour les jeunes

Le champion mondial de 2018 note un autre élément positif à son absence : des jeunes pourront découvrir le circuit. Ainsi, Sébastien Gagnon, 24 ans, de Sainte-Anne-des-Plaines, et Jordan Pierre-Gilles, 21 ans, de Sherbrooke, feront leurs premiers pas en Coupe du monde. Ils accompagneront le médaillé olympique Pascal Dion, Steven Dubois Maxime Laoun et Cédrik Blais.

Les membres de cette équipe peu expérimentée auront l’occasion de combler le vide créé par le retrait de leur chef de file. « Sans être le gars qui dit quoi faire à tout le monde, ma présence fait régner la confiance dans les relais ou les compétitions, a souligné Hamelin. Certaines personnes devront jouer des rôles différents ou prendre le groupe sur leurs épaules. C’est bon pour développer la nouvelle génération. »

Le quintuple médaillé olympique reprendra le collier pour les Coupes du monde de Dresde et de Dordrecht (Pays-Bas), tremplins vers les Mondiaux de Séoul, à la mi-mars.

Entre-temps, il n’écarte pas la possibilité de prendre part à l’Invitation canadienne à l’aréna Maurice-Richard, du 6 au 8 décembre. Aussi, il n’a pas encore statué sur sa participation aux tout nouveaux Championnats des Quatre continents, au même endroit, du 10 au 12 janvier.

Du côté féminin, Kim Boutin tentera de poursuivre sa séquence de quatre victoires consécutives en Asie. Courtney Sarault, médaillée d’argent à Montréal, Alyson Charles, Danaé Blais et Rikki Doak seront également du voyage dimanche. La Montréalaise Genève Bélanger, 22 ans, renouera pour sa part avec le circuit après une première expérience en 2015.