L’idée de l’émission Aide demandée précède l’arrivée de la COVID-19. Elle est toutefois devenue plus pertinente que jamais, le milieu de la restauration ayant perdu la majorité de ses repères dans la dernière année. Louis-François Marcotte y vole au secours des plus éprouvés.

Publié le 8 févr. 2021
Ève Dumas
Ève Dumas La Presse

La docuréalité est composée de 10 épisodes de 20 minutes, dont les quatre premiers sont mis en ligne ce lundi. On y voit le chef vedette québécois visiter sept restaurants, pour finalement retenir la candidature de quatre établissements en difficulté qu’il croit pouvoir aider.

Louis-François Marcotte s’y présente comme une version gants blancs et sympathique de Gordon Ramsay. Il sait trouver les mots et le ton justes pour tenter de convaincre ou de rassurer des restaurateurs inquiets, désorganisés, épuisés, anxieux. Le chef va même jusqu’à faire du jogging avec un des participants paralysé par l’anxiété !

« C’était aussi un engagement hors caméra pour moi. Des appels, j’en ai fait. Je voulais aider pour vrai. J’ai sacré souvent. Je n’ai pas compté mes heures. Il y a des fois où je suis sorti du resto un peu désespéré, ne sachant plus trop ce qu’il fallait faire pour que mon message passe. Mais quand je réussissais à régler un problème qui perdurait depuis un an en un seul coup de fil, c’était vraiment cool et satisfaisant aussi. »

C’est d’ailleurs parce qu’il a un important réseau de contacts, une vaste expérience de la restauration et une approche très pragmatique qu’on l’a pressenti pour cette émission. « Les gens qui me voient à la télé ne savent pas toujours ce que je fais pour vrai dans la vie. Ils ne voient pas comment je monte des projets de restaurants. »

Dans mon quotidien, il y a toujours plein de gens qui m’appellent pour avoir des conseils. Mon père me disait souvent : ‟It’s not who you are, it’s who you know.” Ça me fait plaisir de pouvoir partager ça.

Louis-François Marcotte

Au quatrième épisode d’Aide demandée, par exemple, Louis-François Marcotte demande à son ami Jérémie Falissard, de Fugazzi Pizza, de donner une formation aux propriétaires d’une nouvelle brasserie. Il trouve aussi un réfrigérateur pour un couple de restaurateurs de Montréal, sans que ces derniers n’aient à débourser un rond. La nouvelle pièce d’équipement permettra au resto de passer en mode épicerie.

PHOTO FOURNIE PAR TOU.TV

Jérémie Falissard (à droite) donne un cours de pizza 101 aux propriétaires d’une nouvelle brasserie.

Son propre établissement, le café social Chez Cheval, a lui-même rapidement misé sur le prêt-à-manger et l’épicerie pour affronter la fermeture des salles à manger. « Le 16 mars au matin, il passait des boules de foin dans les rues, comme dans les films westerns. On capotait. Mais on s’est remonté les manches et on s’est dit qu’il fallait réagir là, là ! Ceux qui ont bougé vite, qui ont travaillé fort dès le début, semblent bien s’en sortir en ce moment. Mais il y en a aussi qui avaient tout contre eux. Les grandes tables du centre-ville, qui vivaient de groupes, de touristes ou de clients d’affaires, ont beaucoup plus de misère. »

Louis-François Marcotte pense-t-il que ses quatre « protégés » s’en sortiront ? « En temps normal, je dirais probablement, oui. Mais dans les circonstances actuelles, je n’en ai aucune idée. Le milieu de la restauration est en train de changer. On teste plein de choses. Il y en a qui ont un succès instantané, d’autres qui ont besoin d’être développées. C’est imprévisible. Plus la crise dure, plus les nouvelles habitudes sont ancrées. J’ai bien hâte de voir l’après », conclut le chef entrepreneur, qui demeure néanmoins optimiste.

La série Aide demandée, composée de 10 épisodes, est offerte dans la section VÉRO.TV d’ICI Tou.tv Extra. Les quatre premiers sont mis en ligne ce lundi, tandis que les six autres s’ajouteront à raison de deux par semaine.