Benoit Chalifoux en est convaincu : de bonnes habiletés relationnelles sont essentielles pour avoir des rapports authentiques en couple, en famille, même au travail. Loin d’être un psy, il est adjoint au vice-doyen à l’international à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM). Dans Être à son meilleur, publié chez Édito, il donne des moyens concrets pour améliorer nos comportements et nos relations. Des pistes plus nécessaires que jamais, en cette deuxième vague de pandémie.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

Justement : comme le coronavirus, les habiletés relationnelles sont invisibles, mais contagieuses, observe Benoit Chalifoux. On peut les attraper et les transmettre. Il est aussi possible de les améliorer, avec du travail basé sur la recherche scientifique. « Malheureusement, ce domaine-là est souvent traité avec de l’ésotérisme, regrette le spécialiste. Les habiletés relationnelles sont réelles, comme les habiletés techniques, et on peut les développer. »

Dans Être à son meilleur, Benoit Chalifoux présente un coffre à outils contenant cinq habiletés relationnelles primordiales :

1) Autodiscipline

C’est la capacité de persévérer dans le chemin qui mène à l’atteinte des buts, explique Benoit Chalifoux. L’autodiscipline permet de prédire les résultats scolaires de manière plus fiable que le quotient intellectuel, souligne-t-il en citant les travaux d’Angela Duckworth, de l’Université de Pennsylvanie.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

« Les tragédies que j’ai vécues me permettent d’être aux aguets, dit Benoit Chalifoux. Je sais que la vie tient par un fil et que je dois en profiter pour ne pas remettre à demain le projet que je peux faire aujourd’hui. C’est cette autodiscipline qui donne une vraie liberté, dans la vie. »

2) Automotivation

Pour qu’on soit motivé, il faut satisfaire trois besoins : l’autonomie, l’affiliation sociale et la compétence. Cela permet de donner du sens à nos actions. « Ma femme se bat toujours avec notre fille de 2 ans pour l’habiller, illustre-t-il. Pas moi. Je lui propose deux pantalons et elle choisit. Je réponds à son besoin d’autonomie. »

3) Maîtrise de soi

Il faut prendre conscience de nos émotions, les reconnaître, les comprendre puis les maîtriser, conseille Benoit Chalifoux. Il donne l’exemple de son père, resté calme quand son frère de 20 ans a massacré la voiture familiale, sans se blesser. Répondre le lendemain seulement aux courriels désagréables est l’un de ses trucs.

4) Communication bienveillante

En cette époque où on regarde en moyenne son écran de téléphone 200 fois par jour, savoir écouter est une qualité rare. « Il a fallu que je fasse un travail assez fou sur moi-même, que je fais encore, pour être à l’écoute, admet Benoit Chalifoux. Arriver à laisser l’autre parler jusqu’à la fin, ne pas penser à autre chose et avoir une écoute empathique. »

5) Empathie

Quand Benoit Chalifoux avait 8 ans, son autre frère âgé de 3 ans, est mort dans un accident. Sa mère a alors eu la chance de compter sur une amie à l’empathie naturelle. « Elle ne peut pas se mettre à ma place, mais elle tend l’oreille et le cœur », a dit sa mère, citée dans Être à son meilleur. Essentielle, l’empathie est moins présente chez les jeunes en raison de leur usage intensif des appareils technologiques, selon des études menées à l’Université du Michigan.

Très bien, mais par où commencer pour mieux garnir son coffre à outils ? « Le point de bascule, c’est évidemment la connaissance de soi », dit Benoit Chalifoux. Il suggère de faire la liste de ses cinq principales qualités et de ses six défauts, puis de demander à un proche de faire pareil, pour une première prise de conscience.

« En sortant de ta zone de confort, tu te redécouvres, souligne le spécialiste. Tu trouves tes talents cachés et tes angles morts. Ça te permet d’entamer un travail sur tes habiletés relationnelles. »

Chérir les vraies relations

Chaque petit geste compte. « J’ai donné le livre à un de mes amis et il m’a dit avoir renoué des liens avec des gens, témoigne Benoit Chalifoux. Il fait juste les appeler le matin, leur souhaiter une bonne journée. Ça prend 15 secondes, mais ça fait un bien fou. »

« Entretenir son réseau social, c’est important plus que jamais, souligne le spécialiste. Ce sont les vraies relations, pas les amis Facebook, qui permettent de vieillir en bonne santé mentale et physique. C’est le meilleur investissement qu’on peut faire, nos vraies relations. » Parole d’un détenteur de MBA.

IMAGE FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Être à son meilleur, L’incroyable pouvoir des habiletés relationnelles, de Benoit Chalifoux, éditions Édito