Nicolas Brassard a étudié en lutherie. Une discipline qu'il adorait, mais qui ne lui laissait pas suffisamment de liberté d'expression. «L'art de faire des instruments de musique, dit-il, exige beaucoup d'oreille, de précision, de finesse ainsi qu'une grande rigueur d'exécution, mais on ne peut pas faire ce que bon nous semble.»

Mis à jour le 17 févr. 2010
LE SOLEIL

Or, les compétences qu'il a acquises en lutherie, Nicolas Brassard s'en sert aujourd'hui pour le vitrail. Une discipline qui lui permet de s'éclater davantage avec les formes et les couleurs. «Quand j'assemble des pièces de verre dans mon atelier, je m'amuse comme sur un terrain de jeu», déclare-t-il en entrevue.Dès les débuts de sa formation, il y a huit ans, l'artisan s'est tout de suite senti en harmonie avec le verre, ce matériau tout en transparence qui laisse filtrer la lumière. Pas étonnant qu'il ait orienté sa création vers ce qui touche les luminaires. Et leur facture est résolument moderne.

Influences contemporaines

«Malgré le respect que j'ai pour le style Tiffany, explique l'artiste, je me sens davantage attiré par les influences contemporaines.» Ses oeuvres tout en géométrie témoignent d'ailleurs de son penchant pour les styles épurés aux lignes d'une précision chirurgicale.

Or, cette luminosité tout en finesse, l'artisan l'obtient en utilisant des verres artisanaux qui coûtent évidemment plus cher que le verre commercial, mais dont les résultats font la différence entre objets de série et oeuvres de création. «C'est de la très belle matière, dit-il, qu'on travaille avec le plus grand respect.»

Au style s'ajoute la couleur. L'artiste aime particulièrement la palette des orangés, des jaunes, des gris, de verts, des noirs. Et il avoue avoir un net penchant pour le blanc laiteux «qu'on ne voit pas beaucoup dans le vitrail, explique-t-il, mais qui a l'avantage d'offrir une belle luminosité sans laisser apparaître les détails». Dans son processus de création, Nicolas Brassard favorise l'échange avec ses clients. «Une intéraction essentielle, dit-il, qui lui permet d'aller plus loin, d'alimenter sa réflexion, de développer de nouvelles idées.»

C'est pourquoi il travaille en étroite collaboration avec les designers, les entreprises et les boutiques de luminaires. Une approche qui l'a amené, l'an dernier, à créer sa propre compagnie de conception et de fabrication de luminaires du nom de Brassart et de faire partie de l'équipe des artisans de la maison Kinsmen 2009 dans laquelle il a réalisé un mur séparateur en vitrail.

Si l'esthétique du vitrail est mis en priorité, la base des lampes est tout aussi recherchée. Or, la ligne directrice demeure la simplicité. Les pieds sont en métal plaqué chrome avec les points d'attache placés de façon à consolider la structure. «Ces points, je les ai conçus moi-même afin de garder le contrôle sur la qualité du produit fini». Comme il s'agit de produit haut de gamme, l'artiste juge capital de veiller à la perfection de chaque pièce.

Dans la région de Québec, Nicolas Brassard expose ses créations à la Boutique Oh! Bois Dormant du quartier Petit Champlain et à Montréal, on le retrouve chez Homier Luminaires ainsi qu'à L'art des artisans du Québec.