Le condo de Patricia Larivière dans un immeuble moderne fait face au Vieux-Port de Montréal. Tout en longueur, il offre une vue privilégiée sur le fleuve. Grâce à un jeu de volumes et de perspectives imaginé par la firme Atelier Périmétrique, l’espace impersonnel de 950 pi2 s’est métamorphosé en cocon design. Visite éclairée.

Muriel Françoise Muriel Françoise
Collaboration spéciale

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Patricia Larivière a fait appel au designer Patrice Charbonneau, président d’Atelier Périmétrique.

Mise en scène

Le condo acheté en 2013 par Patricia Larivière, directrice des comptes dans une agence de relations publiques, dispose d’une abondante fenestration avec des ouvertures pleine hauteur et deux balcons. Cette construction baigne les lieux de lumière naturelle. En revanche, l’espace de vie tout en longueur est un peu étroit. Quelques astuces du designer Patrice Charbonneau, président d’Atelier Périmétrique, exécutées par la firme Balise construction, ont permis de leurrer le regard et de créer des zones distinctes dans l’espace loft.

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Les faux plafonds dissimulent du matériel technique.

Faux plafonds tactiques

De grandes boîtes géométriques en placage de cerisier, fabriquées par l’ébéniste Les Armoires Nu-Trend, ont été fixées au plafond. « Elles rappellent les plafonds en bois que l’on trouvait autrefois dans certaines maisons et boutiques du Vieux-Montréal », détaille Patrice Charbonneau. En plus de donner une autre dimension au lieu, grâce à un jeu de compression visuelle du vide, elles permettent de cacher du matériel technique tel qu’un cinéma maison et une installation hi-fi que Patricia active à l’aide d’une application sur son cellulaire.

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Un jeu de volumes et de perspectives a permis de métamorphoser le condo de Patricia Larivière.

Mobilier intégré

L’appartement comprenait à l’origine deux cloisons pour le bureau et la chambre. Elles ont été enlevées afin de créer un espace ouvert plus agréable au quotidien. Pour délimiter les coins repas et repos, le designer a eu recours à du mobilier intégré de style mid-century, notamment des banquettes et des tables d’appoint adossées à la cuisine. « J’aime l’idée que le jour où je partirai d’ici, je n’aurai presque rien à déménager », confie Patricia.

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Le choix du jaune ocre est inspiré
des conteneurs que l’on trouve au Vieux-Port.

Îlot central accentué

La cuisine existante a été préservée et peinte dans un jaune ocre qui, comme pour les autres choix de couleurs du lieu, est inspiré des conteneurs que l’on trouve au Vieux-Port et de la signalétique d’Habitat 67. Un long îlot noir en acrylique traverse le séjour et sert de trait d’union avec le salon contigu. Patricia l’apprécie surtout lorsqu’elle a de la visite, mais compte aussi installer des chaises hautes à l’extrémité pour y prendre ses déjeuners.

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Les tableaux de la salle à manger-bureau
sont de Patrice Charbonneau.

Salle à manger-bureau

La cloison enlevée au fond de l’appartement a permis de travailler une vue d’ensemble plus intéressante, notamment grâce à des boîtes en bois sculpturales au plafond de part et d’autre de l’habitation. Une table aux pieds en cerisier massif avec un plateau en verre fumé a été posée devant une banquette qui occupe toute la largeur du mur. Des peintures de Patrice Charbonneau accrochées face à face signent son œuvre. C’est ici que Patricia travaille occasionnellement.

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La colonne de l’entrée habillée de merisier

Habillage de colonne multifonctions

Une colonne de béton à l’entrée de l’appartement a été avantageusement habillée de cerisier grâce à des armoires sur mesure qui offrent des espaces de rangement pour les denrées alimentaires et les accessoires qui accompagnent le quotidien. « Cet aménagement a également permis de redéfinir l’espace du vestibule, qui dispose d’un coin vide-poches, et de diriger la circulation dans l’appartement, un peu comme sur le podium d’un défilé », pointe le designer.

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La chambre principale et le boudoir sont séparés par un miroir.

Miroir-cloison

Passionnée de design, Patricia a notamment visité la maison de l’architecte Walter Gropius, fondateur de l’école du Bauhaus, dans le Massachusetts. La division entre la chambre principale et le boudoir grâce à une vitre précédée d’un miroir l’a séduite. L’idée a été ajoutée au projet au moyen d’un miroir suspendu au faux plafond en bois qui sépare ici le coin nuit du séjour. « C’est mon miroir préféré, car c’est rare de disposer d’un éclairage naturel pour se maquiller dans un condo », observe-t-elle.

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Le verre fumé des tables de nuit allège l’ensemble de la pièce.

Table de nuit vitrifiée

Comme pour le reste du mobilier, le lit est intégré au décor. Une structure de contreplaqué peinte en rose rassemble cadre et tête de lit, ainsi que des tables de chevet sur lesquelles a été posé un verre fumé qui se poursuit jusqu’au mur. « La ligne qu’il dessine et l’impression de flottement qu’il crée grâce à sa transparence allègent l’ensemble de la pièce », explique le designer. Côté fenêtre, le verre se prolonge jusqu’à une petite bibliothèque dans une alcôve aux étagères elles aussi en verre fumé.

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Le verre fumé habille aussi la salle de bains.

Salle de bains encastrée

Le verre fumé que l’on retrouve un peu partout, y compris sur le grand miroir proche de l’entrée, a aussi permis d’habiller la salle de bains d’origine assez quelconque. La paroi au coin de la baignoire a été remplacée par une vitre plus sombre. Elle sert de point de jonction avec une sorte de boîte rectangulaire qui répond à la linéarité de l’appartement en amenant une dimension nouvelle grâce à la profondeur suggérée par le long miroir.