Personne ne sait exactement à quel moment l'être humain a commencé à cultiver le pois plutôt que de tout simplement le récolter à l'état sauvage. On a toutefois retrouvé des restes de pois dans les fouilles de sites archéologiques du Moyen-Orient datant de l'an 7000 avant J.-C. Les Chinois, pour leur part, prétendent que c'est l'empereur Shen Nung qui découvrit le pois il y a environ 5000 ans.

Larry Hodgson
Larry Hodgson COLLABORATION SPéCIALE, LE SOLEIL

Personne ne sait exactement à quel moment l'être humain a commencé à cultiver le pois plutôt que de tout simplement le récolter à l'état sauvage. On a toutefois retrouvé des restes de pois dans les fouilles de sites archéologiques du Moyen-Orient datant de l'an 7000 avant J.-C. Les Chinois, pour leur part, prétendent que c'est l'empereur Shen Nung qui découvrit le pois il y a environ 5000 ans.

On a attribué au pois sauvage le même nom que le pois domestiqué, soit celui de Pisum sativum (pisum pour «pois», sativum pour «cultivé»). Au cours de sa domestication, on a fait prendre deux avenues différentes au pois.

D'abord en Occident, on récoltait le pois à pleine maturité. C'est le pois sec ou le pois à écosser. On enlevait et rejetait la cosse pour garder le pois sec qui pouvait se conserver pendant de longs mois et ainsi servir de nourriture en période de disette. C'est donc le pois beige de la soupe aux pois ou de la purée de pois. C'est seulement bien plus tard, vers le XVIIe siècle, qu'on a commencé à le consommer frais. Et c'est ce «petit pois», le pois immature, récolté lorsqu'il est encore vert et sucré, qui est le plus connu de nos jours.

Mais en Orient, on a cultivé le pois principalement pour sa cosse comestible, développant des lignées à larges cosses aplaties très sucrées qu'on récoltait de façon très précoce, quand les pois étaient tout petits. C'est le pois des neiges, ainsi appelé puisqu'on le récolte tellement tôt dans la saison qu'il y a encore de la neige dans les montagnes. Si on attendait trop, la cosse devenait trop fibreuse pour la consommation. Même quand on récolte le pois des neiges tôt, il y a un fil indigeste le long de la cosse qu'il faut enlever avant la consommation.

C'est en 1970 seulement, aux États-Unis, que le pois mange-tout est né. Résultant d'un croisement accidentel entre le petit pois européen et le pois des neiges asiatique, le nouveau-venu à cosse sucrée et sans fil peut être consommé à toute étape de sa croissance, cuit ou cru. En effet, on peut le manger quand il est immature, c'est-à-dire lorsque la cosse est aplatie comme un pois des neiges. Mais alors qu'il mûrit et que la cosse devient plus ronde en coupe transversale et que les pois gonflent aussi, il est toujours comestible.

Si on le laisse mûrir un peu plus, on pourra récolter des «petits pois» et quand même manger la cosse à part. Finalement, si on attend encore plus qu'il arrive à maturité complète, l'on récoltera des pois secs. C'est donc un légume des plus versatiles. Dans le potager familial du moins, c'est le pois mange-tout qui est rapidement devenu le pois le plus populaire.

Une culture... hâtive

Le pois est parmi les rares légumes qui préfèrent un semis hâtif. On peut le semer en octobre pour une germination au printemps suivant, mais habituellement, on le sème très tôt au printemps, au mois d'avril, dès que le sol peut être travaillé.

Il lui faut un sol ordinaire et bien drainé, pas trop acide (ajoutez un peu de chaux au sol pour atteindre, si nécessaire, un pH d'environ 6,5 à 7,2) et pas trop riche (évitez les engrais riches en azote). Le plein soleil ou presque est également de rigueur. Semez les graines à 2 à 5 cm de profondeur et à autant d'espacement dans le rang.

Si c'est la première fois que vous semez des pois à cet endroit, ajoutez un inoculant à pois (disponible en jardinerie ou par catalogue) au sol, car le pois vit en symbiose avec des bactéries spécifiques qui ne sont pas nécessairement déjà présentes. Une seule application d'inoculant est bonne pour la durée du potager. Un paillis est très utile pour maintenir le sol frais et humide. Durant la période de croissance, des arrosages peuvent être nécessaires.

Sous sa forme d'origine, le pois était un grimpant, produisant à l'extrémité de ses feuilles composées des vrilles qui s'agrippent aux objets minces. Ainsi, on pose habituellement un filet sur le rang pour lui offrir support ou encore, on y place des branches minces sur lesquelles il peut grimper. Il existe aussi des pois nains qui n'ont théoriquement pas besoin de tuteur... mais ils sont généralement moins productifs que les pois grimpants. Ils ont été développés pour faciliter la récolte à la machine, un facteur sans importance dans le potager familial où le pois grimpant demeure encore roi.

Les pois arrivent rapidement à maturité, généralement en deux mois ou moins. Pour maintenir la production, il faut les récolter tous les deux jours environ. Leur production ralentit ou cesse lorsque arrive la chaleur de l'été. On peut toutefois semer de nouveau les pois (mais seulement les pois les plus hâtifs) à la mi-août pour une récolte automnale. Le pois tolère bien les gels légers et la récolte peut souvent se maintenir jusqu'à la fin d'octobre dans nos régions.

N'arrachez pas les plants de pois à la fin de leur saison. En se décomposant sur place, ils enrichissent le sol en azote: mieux vaut alors les couper, mais les laisser sur place comme paillis.

Les ennemis du pois

Le pois est sujet aux pucerons qui sont faciles à chasser avec un bon jet d'eau venant du boyau. Plus difficiles à contrôler sont les animaux à quatre pattes : marmottes, lièvres, etc. Il faut normalement les trapper pour les contrôler. Enfin, plusieurs maladies, dont le blanc, la fusariose et la pourriture, peuvent se manifester. Le plus facile, c'est tout simplement de choisir des lignées de pois reconnues pour leur résistance aux maladies.

Un légume très nutritif

Le pois est considéré comme un légume très nutritif, riche en vitamines (A, B [thiamine et acide folique] et C notamment) et en minéraux (phosphore et potassium), ainsi qu'en fibres, en acides animés et en protéines. Et il est relativement faible en calories: 250 g de pois mange-tout ne contiennent que 45 calories.