Christine Lamarche et Rémi Montesinos aiment les fleurs. Cela paraît particulièrement à l’avant ensoleillé de leur propriété, à Saint-Lambert, où les plates-bandes, graduellement agrandies, ont fini par supplanter la pelouse. À l’arrière, d’autres types de plantes s’épanouissent à l’ombre des arbres matures.

Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

Les banlieusards ont façonné leur décor au fil des 16 dernières années. Le terrain était très traditionnel lorsqu’ils en ont fait l’acquisition, se souvient Christine Lamarche. « Il y avait une piscine hors terre entourée de gazon bien sec à l’arrière, précise-t-elle. Nous trouvions la superficie du terrain intéressante, mais ce qui nous a motivés à acheter la maison, ce sont les fenêtres. Il y a beaucoup de grandes fenêtres, même dans le sous-sol. On aime beaucoup les plantes d’intérieur et l’hiver, on peut aussi jardiner. »

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La cour de Christine Lamarche et Rémi Montesinos n’a plus rien de conventionnel. La piscine hors terre a été remplacée par un jardin fleuri en constante évolution.

Tous deux aiment donc les fleurs, mais chacun a ses propres sources d’inspiration. Christine Lamarche tient de sa mère, Denise Martel, l’amour pour les plantes sauvages et les champignons. « C’est cette passion, qu’elle m’a transmise, qui m’a amenée à aller en gastronomie », révèle l’associée de Normand Laprise, copropriétaire du Toqué ! et de leurs trois autres établissements de restauration à Montréal et à Brossard.

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Christine Lamarche affectionne particulièrement les pivoines, qu’elles soient arbustives ou herbacées.

Rémi Montesinos, quant à lui, a grandi à Sillery dans un quartier semblable à Saint-Lambert, garni d’arbres majestueux. Il connaît davantage les plantes cultivées, puisque c’est ce que ses parents, Silvia et Jean-Pierre Montesinos, ont toujours privilégié dans leur magnifique propriété.

Le couple a mis ses connaissances en commun, mélangeant divers types de plantes, sauvages et cultivées. « Nos plantes ont des histoires, souligne Mme Lamarche. Mes beaux-parents nous ont donné plusieurs boutures et nous en avons ramené de notre première propriété, dans le Plateau. Nous avons aussi fait des achats sur Kijiji auprès de particuliers, trouvant des trésors à une fraction du prix. Et nous avons acheté certaines vivaces dans des pépinières, de même que dans des rendez-vous horticoles organisés à Saint-Lambert ou au Jardin botanique. »

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Des clématites poussent le long du mur de brique. L’eau de pluie, peut-on constater, est récupérée afin d’arroser les plantes.

Ne pas aller contre nature

Les propriétaires se sont d’abord attaqués à l’arrière. L’espace ombragé sous le gros érable, dans la cour, a été le premier métamorphosé. « Il n’y a pas grand-chose qui pousse sous un arbre, constate Mme Lamarche. Mais quand on met les bonnes plantes, cela fonctionne. Nous avons donc essayé de reproduire le sous-bois de la forêt laurentienne en plantant des trilles, des érythrones, des anémones, qui fleurissent surtout au printemps. »

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Christine Lamarche et Rémi Montesinos se sont d’abord attaqués à l’arrière. L’espace ombragé sous le gros érable, dans la cour, a été le premier à être métamorphosé.

Il n’était pas question de se battre contre la nature. « Quand on fait du jardinage, il faut composer avec les éléments qu’on a, indique-t-elle. Il faut aussi faire beaucoup d’essais et d’erreurs. On essaie des plants à certains endroits et quand cela performe, on est contents. Sinon, on les change de place. Il faut s’y prendre tôt au printemps ou tard à l’automne. On fait des listes du travail à faire sur le terrain. »

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L’avant de la maison est fleuri, lui aussi. Les plates-bandes, graduellement agrandies, ont fini par supplanter la pelouse, l’an dernier. Les vivaces ont de la place pour prendre de l’expansion.

Toujours, le jardinage demeure pour eux un passe-temps, qui leur procure beaucoup de plaisir. « On ne cherche pas à ce que tout soit parfait et bien positionné. On n’a pas le temps. On ne choisit pas non plus des plantes fragiles, sujettes aux maladies. On ne s’embête pas avec cela. »

Ils ont bien essayé d’avoir un potager. Mais la faible luminosité, l’entretien exigé et les écureuils ont eu raison de leur bonne volonté. « On a préféré les fleurs, qui demandent moins de soins quand elles sont bien positionnées et arrosées, dit Mme Lamarche. Les deux derniers étés, on a vu des chenilles de papillons monarques sur nos asclépiades. Notre bain d’oiseaux est visité par une multitude d’espèces. »

  • À l’avant, l’aménagement paysager attire l’attention des passants et suscite de nombreux commentaires positifs.

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    À l’avant, l’aménagement paysager attire l’attention des passants et suscite de nombreux commentaires positifs.

  • Les iris étaient en fleurs lors de la visite du photographe.

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    Les iris étaient en fleurs lors de la visite du photographe.

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La pandémie est une période stressante pour les restaurateurs, fait-elle remarquer. Le jardinage lui a permis de se changer les idées en étant entourée de fleurs de tôt en mai jusqu’en octobre. Son amour pour les pivoines et les géraniums, tient-elle à préciser, lui vient du père de sa mère, Arthur Martel, légué à travers des photos qui l’ont impressionnée. Les influences sont multiples. Mais le bien-être procuré s’avère unique.