(New York) L’État de New York, épicentre du nouveau coronavirus aux États-Unis, a lancé samedi un appel à la mobilisation de tous les professionnels de santé, après avoir subi ses plus lourdes pertes depuis le début de l’épidémie.

Maggy DONALDSON avec Charlotte PLANTIVE à Washington
Agence France-Presse

Les États-Unis ont franchi samedi la barre des 300 000 cas, dont plus du tiers sont situés dans le seul État de New York, qui totalise aujourd’hui quasiment autant de malades de la COVID-19 que l’Italie ou l’Espagne.

L’État, où se trouve la plus grosse ville du pays, a enregistré 630 nouveaux décès en une journée, son pire bilan sur 24 heures, et déplore désormais 3565 morts sur les plus de 8100 recensés aux États-Unis.

Contrairement à l’Espagne et l’Italie, où les bilans sont plus lourds, « nous n’avons pas encore atteint le pic » de l’épidémie, a déclaré le gouverneur démocrate Andrew Cuomo lors d’une conférence de presse.

PHOTO BRYAN R. SMITH, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo

« Mais on s’en rapproche », a-t-il ajouté, en évoquant des estimations allant de quatre à quatorze jours avant d’espérer un ralentissement des contaminations.  

Pour éviter l’engorgement des hôpitaux au plus fort de la crise, les autorités locales sont engagées dans une course contre la montre pour renforcer leurs capacités.  

« Quand nous avons débuté, notre première préoccupation était d’avoir assez de lits, maintenant on se concentre sur les équipements et le personnel », a expliqué Andrew Cuomo, en jugeant ne pas être encore « prêt » pour le pic.

Parmi les besoins les plus criants : les respirateurs indispensables à la survie des malades les plus atteints.

« L’État chinois va faire une donation de 1000 respirateurs qui doivent arriver à l’aéroport JFK aujourd’hui », a annoncé M. Cuomo, en remerciant notamment Jack Ma, fondateur du géant chinois de la vente en ligne Alibaba.

L’État de l’Oregon, sur la côte ouest, doit également livrer 140 respirateurs, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, a-t-il dit, l’hôpital de campagne ouvert dans un centre de conférences de Manhattan sera finalement bien consacré aux malades de la COVID-19, et pourra en accueillir 2500. L’État fédéral va fournir son personnel, a-t-il dit.

Donald Trump a ensuite annoncé qu’un millier de médecins et infirmiers militaires seraient déployés à New York pour aider à lutter contre le virus, sans préciser où ils seraient affectés. « Ils vont à la guerre, ils partent pour une bataille à laquelle ils n’ont jamais vraiment été préparés », a déclaré le président.

Appel à tous les soignants

De son côté, le maire de New York Bill de Blasio a appelé l’ensemble des professionnels de santé à la mobilisation.  

PHOTO FRANK FRANKLIN II, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le maire de New York, Bill de Blasio

« Médecins, infirmiers, spécialistes de la respiration… à tous ceux qui ne sont pas déjà dans la bataille : nous avons besoin de vous », a lancé l’édile démocrate dans une vidéo mise en ligne sur son compte Twitter.

« Nous avons besoin que 45 000 professionnels de santé rejoignent la lutte en avril et mai pour pouvoir nous en sortir », a ajouté Bill de Blasio.

Au niveau de l’État, 85 000 personnes se sont déjà portées volontaires, dont 22 000 venues de l’extérieur, selon M. Cuomo.

Andrew Cuomo a pour sa part indiqué qu’il signerait un décret autorisant les étudiants en médecine qui doivent être diplômés au printemps à travailler dès à présent.  

« C’est une période exceptionnelle et New York a besoin d’aide », a-t-il martelé.  

« Etant donné que nous avons des compétences qui semblent nécessaires et précieuses en ce moment, ça a été une décision facile à prendre », a expliqué dans une conférence de presse Gabrielle Mayer, une étudiante en quatrième année de médecine à l’université de New York, qui commencera son internat à hôpital en avance.  

Dans une note positive, M. Cuomo a relevé qu’en dépit de la hausse du nombre de morts, les deux tiers des New-Yorkais hospitalisés parvenaient à se rétablir et à quitter les hôpitaux.

« Nous finirons par nous en sortir, nous atteindrons l’autre côté de la montagne. Mais nous devons faire ce qui doit être fait entre-temps », a-t-il ajouté.