(Washington) Des élus républicains du Congrès américain, furieux de ne pas être assez impliqués dans l’enquête des démocrates en vue d’une procédure de destitution de Donald Trump, ont interrompu mercredi un témoignage à huis clos, créant un rare chaos sur la colline du Capitole.

Agence France-Presse

Plus d’une vingtaine d’élus républicains de la Chambre des représentants ont fait irruption dans une pièce sécurisée, retardant le témoignage d’une responsable du Pentagone, dans le cadre de l’enquête démocrate qui pourrait aboutir sur une mise en accusation (« impeachment ») du président Trump.

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Cet incident intervient deux jours après que Donald Trump a appelé les élus républicains à «s’endurcir».

En violation avec les règles de sécurité de la Chambre, les parlementaires ont pénétré dans cette pièce avec leurs téléphones portables.

Certains contestataires ont même écrit des messages sur Twitter depuis cette chambre sécurisée, appelée « SCIF » dans le jargon du Congrès.  

« J’ai conduit 30 de mes collègues dans le SCIF où Adam Schiff (président démocrate de la commission du Renseignement à la Chambre, NDLR) recueille des dépositions secrètes pour l’impeachment », a ainsi tweeté le représentant de Floride Matt Gaetz, un fidèle soutien de Donald Trump.

Adam Schiff, qui mène de facto l’enquête parlementaire démocrate contre le président républicain, a été contraint d’appeler le sergent d’armes de la Chambre, selon le Washington Post.

Selon un enregistrement audio d’un autre élu républicain, Alex Mooney, Adam Schiff a quitté la salle « car il refusait que l’audition se déroule de manière transparente ».

Les auditions se déroulent pourtant devant l’ensemble de la commission du Renseignement, où une trentaine d’élus, démocrates et républicains, peuvent interroger les témoins.

Retard de plusieurs heures

L’audition de Laura Cooper, chargée de la Russie, l’Ukraine et l’Europe centrale au Pentagone, a finalement pu démarrer dans l’après-midi après plusieurs heures de retard.

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Bill Taylor

Pour freiner la progression de l’enquête, au terme de laquelle les démocrates — majoritaires à la Chambre — peuvent voter un « impeachment » de Donald Trump, les élus républicains dénoncent un manque de transparence.

Mardi, c’est le diplomate américain Bill Taylor, en poste en Ukraine, qui s’est exprimé pendant 10 heures, un témoignage qui a conforté les démocrates dans leurs soupçons.  

Il a relaté comment le président de la première puissance mondiale avait essayé de faire pression sur l’Ukraine pour que ce pays enquête sur la famille de son rival démocrate Joe Biden à l’approche de l’élection de 2020.

Devant la Chambre des représentants, M. Taylor a relaté que l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne (UE), lui avait clairement indiqué que M. Trump avait lié le déblocage d’une aide à l’Ukraine à l’annonce par Kiev d’une enquête visant le fils de M. Biden, qui fut au conseil d’administration d’une entreprise ukrainienne.

Si la Chambre vote l’inculpation de Donald Trump, la procédure passerait au Sénat, à majorité républicaine, pour le « procès » du président.

L’incident de mercredi intervient deux jours après que le milliardaire new-yorkais a appelé les parlementaires républicains à « s’endurcir » et « combattre » cette procédure de destitution qui le vise.