Le coeur du typhon Neoguri traverse les îles principales du Japon

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Neoguri, vu depuis la Station spatiale internationale (ISS), le 8 juillet.

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Karyn POUPEE
Agence France-Presse
TOKYO

Le coeur du typhon Neoguri a touché jeudi matin une des quatre principales îles qui forment l'archipel japonais. Précédé depuis plusieurs jours de pluies torrentielles, ce phénoménal cyclone tropical file désormais tout droit, mais à petite vitesse, vers le centre et l'est de l'archipel, là où se trouvent les populeuses mégapoles nippones.

«Le typhon est arrivé juste un peu avant 7h (mercredi 18h, heure du Québec)» sur la côte de la préfecture de Kagoshima sur l'île de Kyushu, à un millier de kilomètres au sud-ouest de Tokyo, a précisé un porte-parole de l'Agence de météo à l'AFP.

Avant que le centre de ce cyclone tropical n'arrive sur le coeur du territoire nippon, sa périphérie avait déjà déversé depuis le début de la semaine des trombes d'eau sur un très large périmètre d'Okinawa (extrême-sud) au centre de l'archipel, avec des vents atteignant par endroits plus de 250 km/h.

Du sud-ouest au nord-est du Japon, la quasi-intégralité du pays est concernée par des mises en garde ou alertes aux fortes pluies, vents violents, vagues gigantesques et montée du niveau de la mer.

Neoguri, qui a déjà balayé la partie la plus méridionale du Japon (Okinawa), distante de plusieurs centaines de kilomètres des îles principales (Kyushu, Shikoku, Honshu, Hokkaido), a fait une quarantaine de blessés et causé indirectement au moins quatre décès.

Il a un peu faibli depuis 24 heures, mais reste une dangereuse intempérie, d'autant que les territoires touchés ont déjà été fragilisés par les quantités énormes d'eau reçues en quelques jours.

Le typhon promenait jeudi matin des vents de l'ordre de 130 kilomètres par heure et plusieurs dizaines de centimètres de pluie devraient couvrir les sols des zones traversées, avertit l'Agence de météo.

La trajectoire prévue suit exactement le terroire longiforme du Japon comme si Neoguri était guidé par la côte sud pour remonter de Kyushu à Hokkaido en passant par Honshu, la plus grande des îles où se trouvent Osaka (ouest), Nagoya (centre) et Tokyo (est) qu'il devrait frapper vendredi matin.

Dans le sud-ouest, plusieurs entreprises (dont une usine de composants électroniques Kyocera à Kagoshima, un site d'assemblage de deux-roues Honda à Kumamoto ou un importante fabrique de Mitsubishi Heavy Industries à Nagasaki) ont décidé de rester closes, selon des médias. Près de 200 vols essentiellement au départ et à l'arrivée des aéroports du sud de Kyushu ont déjà été annulés pour la journée de jeudi, précise la NHK. Le trafic des trains à grande vitesse Shinkansen est aussi en partie suspendu dans les régions de Kumamoto et Kagoshima (sud-ouest).

Typhon et saison des pluies

Le Japon subit chaque année des cyclones tropicaux, mais ils sont rarement aussi violents au mois de juillet. Face à cette situation exceptionnelle, une réunion gouvernementale du ministre chargé des catastrophes et des agences concernées aura lieu jeudi matin à 10H00 locales (01H00 GMT).

«Ce typhon se mêle au front d'eau habituel de la saison des pluies, ce qui entraîne une forte instabilité et des précipitations sur l'ensemble du pays avec des pics terribles», expliquait jeudi matin une météorologue de NHK.

Dans plusieurs provinces, étaient lancées à l'adresse de centaines de milliers de personnes des avis de préparation à une possible évacuation, recommandations de rejoindre des refuges ou ordres de quitter certaines habitations particulièrement en danger.

Des glissements de terrain sont redoutés dans de nombreuses régions où les cours d'eau ont depuis longtemps largement dépassé le niveau d'alerte.

Plusieurs centaines de maisons ont déjà été détruites ou inondées en diverses zones rurales.

À Nagano (centre-nord), comme si une large partie du sol s'était liquéfié, une énorme coulée de boue a emporté une famille de quatre personnes, tuant un enfant de 12 ans, un accident que les autorités craignent de voir se reproduire ailleurs.

La pluie et les bourrasques de vent menacent aussi au nord-est la région de Fukushima où se trouve la centrale mise en péril par le séisme du 11 mars 2011 et où l'eau est déjà le problème majeur.






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