Un puissant insecticide se trouvait dans l'huile ayant servi à préparer le repas qui a mortellement intoxiqué 23 enfants dans une école du Bihar, dans l'est de l'Inde, selon un rapport médical publié samedi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le repas de lentilles, de pommes de terre et de riz destiné le 16 juillet aux élèves de cette école avait été préparé avec une huile de cuisson qui contenait un pesticide organophosphoré, selon ce rapport d'un laboratoire de médecine légale cité par la police à Patna, la capitale de l'État de Bihar.

«Le rapport a trouvé un composé organophosphoré dans des échantillons d'huile prélevés dans l'école où le repas de midi a été préparé et consommé par les enfants», a déclaré à des journalistes un haut responsable de la police, Ravinder Kumar.

Selon M. Kumar, les experts ont en outre constaté que «la substance toxique» trouvée dans ces échantillons d'huile présentait une concentration «plus de cinq fois plus forte que dans la préparation commerciale (de l'insecticide en question) disponible sur le marché».

Vingt-trois enfants du village de Gandaman, âgés de quatre à douze ans, ont péri à la suite de cette intoxication. La plupart ont été enterrés dans un terrain de jeu adjacent à l'école primaire où leur avait été servi ce repas gratuit - pour nombre d'élèves pauvres, leur seul repas de la journée.

Vingt-quatre autres enfants et un cuisinier qui ont eux aussi été intoxiqués étaient toujours hospitalisés samedi, mais des médecins ont déclaré que leurs vies n'étaient plus en danger.

Le responsable policier n'a pas voulu se prononcer sur la question de savoir si l'insecticide avait été ajouté à l'huile délibérément.

«C'est l'enquête qui doit déterminer comment et où cette substance toxique a été mélangée à l'huile», a déclaré M. Kumar.

La police a indiqué vendredi qu'elle enquêtait pour savoir si la nourriture ou l'huile de cuisson avait été délibérément empoisonnée ou s'il s'agissait d'un accident dû à la négligence.

Des enquêteurs ont perquisitionné jeudi au domicile de la directrice de l'école, en fuite depuis les premiers décès d'enfants. «Nous avons trouvé chez elle des sacs de fertilisants et de pesticides posés près de sacs de pommes de terre et de riz», a déclaré à l'AFP un policier.

Des parents d'enfants décédés ont saccagé vendredi plusieurs bâtiments du village de Gandaman, dont le domicile de la directrice de l'école, pour réclamer justice.