Des centaines de personnes ont manifesté dimanche à Tokyo pour réclamer l'abandon de l'énergie nucléaire, près de dix-huit mois après l'accident de Fukushima, a constaté un journaliste de l'AFP.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Un millier de manifestants avaient déjà défilé vendredi soir devant la résidence du premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, deux jours après la première rencontre du chef du gouvernement avec des représentants de ces militants opposés au nucléaire.

Dimanche, environ 500 personnes, des familles avec leurs enfants et des jeunes jouant des percussions, ont marché dans le quartier populaire de Shibuya.

Au cours de sa rencontre avec les militants, le premier ministre de centre gauche a répété que son gouvernement préparait un nouveau plan énergétique à l'horizon 2030, avec à l'esprit la volonté de «sortir de la dépendance au nucléaire à moyen ou long terme».

Les contestataires exigent toutefois l'arrêt immédiat et définitif de l'exploitation de l'énergie nucléaire.

Leur mouvement a pris de l'ampleur après le feu vert donné par M. Noda, en juin, à la remise en exploitation de deux réacteurs de la centrale d'Oi (centre), les premiers à être relancés depuis la catastrophe de Fukushima.

Ces deux réacteurs sont actuellement les seuls à être exploités dans l'archipel, sur un parc de 50 unités. La remise en marche des 48 autres, arrêtés à cause d'un séisme ou pour maintenance, est soumise au respect de nouvelles normes de sécurité plus sévères depuis Fukushima et à l'accord préalable des autorités.

Le gouvernement planche sur trois scénarios énergétiques d'ici à 2030: une production nucléaire représentant 20 à 25% de la consommation d'électricité, une part de seulement 15%, ou rien du tout dans l'hypothèse la plus «antinucléaire».

L'énergie nucléaire représentait près de 30% de la consommation de courant au Japon avant la catastrophe de Fukushima, qui a entraîné l'évacuation d'une centaine de milliers de personnes de cette région du nord-est de l'archipel.