La Corée du Nord a qualifié jeudi de «va-t-en-guerre» l'armée sud-coréenne, quelques heures avant le début de manoeuvres militaires à proximité de la frontière qui sépare les deux Corées, dans un communiqué au ton toutefois moins excessif que d'habitude.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Ces va-t-en-guerre disent qu'ils vont entreprendre des manoeuvres à tirs réels, avec la participation de F-15K (avions de combat), de chars et de canons sur l'une de leur base militaire à Pocheon», a déclaré l'agence officielle nord-coréenne, porte-voix du régime de Pyongyang.

Ces manoeuvres, qui se dérouleront sur la seule journée de jeudi, dureront une heure et seront les exercices aéro-terrestres les plus importants de l'année, a indiqué jeudi un porte-parole de l'armée à l'AFP. Elles démarreront à 14h00 heures locales.

Elles auront lieu à Pocheon, à une trentaine (bien trentaine) de km au sud de la frontière entre les deux Corées. Selon l'armée, 800 soldats y participeront, ainsi que des hélicoptères, six avions de combat, des chars, des missiles anti-char et des lanceurs de roquettes, soit au total 105 types d'armes différentes.

La Corée du Sud a également entamé mercredi des manoeuvres navales, à l'est de la péninsule, en mer du Japon, à une centaine de km au sud de la frontière avec le Nord. Y participent six navires de guerre et des hélicoptères. Elles doivent durer quatre jours.

Ces manoeuvres navales sont «des exercices fanatiques en vue d'envahir la Corée du Nord», déclare Pyongyang dans le communiqué, au ton plus modéré que ses déclarations habituelles.

Autre signe d'une petite détente, Séoul a indiqué avoir abaissé d'un cran l'état d'alerte militaire pour les zones frontalières, relevé avant les exercices de lundi.

La tension avait à nouveau brusquement monté sur la péninsule coréenne lundi, en raison de --brèves-- manoeuvres militaires conduites par Séoul sur l'une de ses îles, Yeonpyeong, bombardée par la Corée du Nord le 23 novembre.

La Corée du Nord avait menacé Séoul d'«un désastre» mais avait finalement renoncé à réagir.

La Corée du Sud souligne que ces exercices sont purement défensifs.

Mercredi, la Maison Blanche a mis en garde Pyongyang contre une réaction aux manoeuvres de la Corée du Sud, soulignant qu'ils étaient de nature défensive et annoncés à l'avance. Les Etats-Unis comptent 28 500 soldats au sud de la péninseul coréenne.