Le roi Bhumibol Adulyadej s'est exprimé lundi, pour la première fois depuis le début des troubles politiques en Thaïlande, sans toutefois faire directement référence à la crise parfois violente qui paralyse Bangkok depuis le 12 mars.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les Thaïlandais attendaient beaucoup de l'intervention de leur vénéré souverain qui, bien que souffrant, est considéré comme le meilleur espoir pour sortir de cette impasse politique de façon pacifique. Le roi Bhumibol Adulyadej s'est adressé aux juges nouvellement nommés, depuis la chambre d'hôpital où il est hospitalisé depuis sept mois. Dans son discours, le monarque de 82 ans a exhorté les juges à montrer l'exemple en remplissant correctement leurs tâches, faisant ainsi indirectement référence à la crise, dans des termes se prêtant à toutes les interprétations.

«Cela montrera qu'il existe, dans le pays, des responsables qui exercent leurs fonctions avec une volonté claire et forte et qui sont déterminés à assurer la stabilité dans le pays», a-t-il déclaré. «Cela donnera aux gens la détermination pour assumer également leurs propres responsabilités».

Le gouvernement a été accusé d'avoir échoué à maintenir l'ordre face aux «Chemises rouges», des manifestants de l'opposition qui protestent depuis plusieurs semaines pour réclamer la démission du Premier ministre thaïlandais.

Bhumibol Adulyadej, révéré en Thaïlande, est détenteur du record du plus long règne au monde. Il était intervenu pour mettre un terme au bain de sang lors du soulèvement estudiantin de 1973 et lors des manifestations de rue contre l'armée en 1992. Ces deux événements n'avaient duré que quelques jours.

Le roi a été hospitalisé le 19 septembre pour fatigue et perte d'appétit. Le Palais a affirmé qu'il se remettait d'une inflammation pulmonaire, sans donner d'explications sur les raisons de cette hospitalisation prolongée.