L'armée pakistanaise promet de venir à bout des talibans dans le nord-ouest du pays d'ici deux à trois jours, un peu plus d'un mois après le début d'une vaste offensive, a indiqué dimanche le secrétaire à la Défense.

Lehaz ALI AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les opérations à Swat, Buner et dans les zones voisines sont presque totalement achevées», a déclaré Syed Athar Ali, secrétaire pakistanais à la Défense, lors d'une conférence régionale sur la sécurité à Singapour.

 «Il ne reste que 5 à 10% du travail à terminer et nous espérons que les poches de résistance seront vaincues d'ici deux à trois jours», a-t-il ajouté.

L'armée pakistanaise a indiqué samedi avoir repris aux talibans le contrôle de Mingora, chef-lieu du district de Swat et étape essentielle dans son offensive contre les islamistes.

Les autorités pakistanaises ont annoncé que 15.000 soldats y faisaient face à quelque 2.000 talibans.

«Les forces de sécurité contrôlent la ville. La bataille de Mingora est terminée», a déclaré samedi le porte-parole de l'armée, le général Athar Abbas.

L'information n'a pu être confirmée de source indépendante, les zones des combats étant interdites d'accès.

Jusqu'ici aux mains de ces combattants islamistes liés à Al-Qaïda, Mingora où vivent d'ordinaire quelque 300 000 personnes a été vidée de la presque totalité de ses habitants ces deux dernières semaines.

L'armée avait déclenché une vaste offensive le 26 avril pour «nettoyer» la vallée de Swat et ses environs des talibans qui s'en sont progressivement emparés. Si Mingora a été sécurisée, selon l'armée, les combats se poursuivent dans le district montagneux de Swat, a précisé samedi le général Abbas.

Selon l'ONU le nombre de civils déplacés depuis le 2 mai par ces combats est en passe d'atteindre les 2,4 millions.

Dimanche, l'armée a indiqué avoir temporairement levé le couvre-feu dans la région, notamment à Mingora, pour permettre aux civils, pris au piège sur les routes par l'offensive, de rentrer chez eux ou de quitter la région.

L'armée a assuré avoir tué plus de 1.100 talibans depuis le début de l'offensive dans les districts de Lower Dir, Buner, puis Swat, et n'avoir perdu que 66 hommes. Mais elle n'évoque jamais aucune perte civile, se contentant de dire qu'elle fait tout pour les minimiser, mais qu'elles sont parfois «inévitables».

A mesure que l'armée réduit la résistance des combattants islamistes, les craintes d'attentats des talibans augmentent.

Après les attentats meurtriers de jeudi dans le nord-ouest, les talibans pakistanais liés à Al-Qaïda ont promis d'intensifier la vague sans précédent d'attentats qui a fait plus de 1.900 morts dans le pays en près de deux ans.

Les zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l'Afghanistan, sont considérées comme un bastion des talibans pakistanais et d'Al-Qaïda, qui y a reconstitué ses forces, mais aussi des talibans afghans, qui y disposent de bases arrière. Depuis deux ans, les insurgés pakistanais avaient progressé bien au-delà, en particulier dans la vallée de Swat, à une centaine de kilomètres d'Islamabad.

Le gouvernement pakistanais a promis vendredi une récompense de 50 millions de roupies (plus de 600 000 dollars) pour la capture mort ou vif du chef de la rébellion talibane dans la vallée de Swat, le maulana Fazlullah, un dignitaire religieux.

Dimanche, l'armée a annoncé avoir tué au moins 25 combattants islamistes et perdu 7 hommes dans des incidents séparés dans la zone tribale du Waziristan du Sud, fontalière avec l'Afghanistan, au nord-ouest du pays.

Des responsables locaux ont fait état de leur côté de «plus de 45 combattants tués».

Dans le même temps, les talibans ont attaqué une école à Hangu, au sud de Peshawar, tuant un employé et enlevant trois personnes, selon la police locale. Au Waziristan du Nord, un médecin et un ressortissant afghan ont été tués par des combattants présumés, ont indiqué des responsables.