(Pékin) Pékin a lancé vendredi un dépistage massif de ses habitants après quelques cas de COVID-19, dont certains liés au variant britannique, entraînant la formation d’impressionnantes files d’attentes dans les rues de la capitale chinoise.

Publié le 22 janv. 2021
Agence France-Presse

Les deux arrondissements centraux de Dongcheng et Xicheng, où se trouvent notamment la place Tiananmen et d’innombrables bâtiments gouvernementaux, ont annoncé vouloir tester en deux jours tous leurs résidants et travailleurs – soit au moins 2 millions de personnes.

La Chine, où l’épidémie est apparue fin 2019, l’a largement endiguée depuis le printemps dernier, grâce à des confinements, au suivi des déplacements, au filtrage drastique des personnes venant de l’étranger et aux dépistages. Un seul mort a été recensé depuis mai.  

Mais de petits foyers ont émergé dans le nord du pays ces dernières semaines. Pékin a enregistré 19 malades de la COVID-19 lors des sept derniers jours. Certains sont liés au variant anglais du coronavirus, plus contagieux.

Un journaliste de l’AFP a constaté vendredi dans la capitale la formation d’une file d’attente de plus de 400 mètres, soit d’environ 1000 personnes, devant un site de dépistage de l’arrondissement de Dongcheng.

PHOTO GREG BAKER, AGENCE FRANCE-PRESSE

« J’ai reçu une notification ce matin pour me faire tester. Je suis venu pendant la pause déjeuner, sans penser qu’il y aurait autant de monde ! », a indiqué une habitante.

Sur le réseau social Weibo, plusieurs Pékinois ont fait état de queues « interminables ».

Les autorités de Xicheng ont indiqué vendredi que certains malades de la COVID-19 étaient passés par l’arrondissement et que « le risque accru d’une importation » du coronavirus dans la zone justifiait le dépistage en cours.

La municipalité de Pékin, cœur du pouvoir politique, se montre extrêmement prudente à l’approche des vacances du Nouvel An lunaire (11-17 février).  

Celles-ci provoquent d’ordinaire des afflux massifs dans les transports de centaines de millions de personnes rentrant chez elles pour passer en famille la fête – la plus importante de l’année dans le pays.

Dans l’arrondissement de Daxing (sud de Pékin), les autorités avaient déjà interdit à 1,6 million d’habitants de quitter la ville et confiné un peu plus de 20 000 personnes dans des quartiers résidentiels.

Au niveau national, le ministère de la Santé a fait état vendredi de 103 nouveaux malades de la COVID-19, dont six à Shanghai (est de la Chine) et trois à Pékin.

La majorité des autres cas ont été enregistrés dans des provinces du nord-est du pays.