(Yokohama) Les États-Unis ont commencé à évacuer dans la nuit de dimanche à lundi des ressortissants américains en quarantaine au large des côtes du Japon, passagers d’un paquebot Diamond Princess où ont été constatés 355 cas du nouveau coronavirus.

Quentin TYBERGHIEN avec Sara HUSSEIN à Tokyo
Agence France-Presse

Plusieurs dizaines d’autobus sont venus chercher les croisiéristes qui devaient ensuite partir à bord de deux avions à destination des États-Unis, où ils devront observer une quarantaine de 14 jours.

Au moins 40 Américains ont été infectés, ont annoncé dimanche les autorités américaines.

Le Diamond Princess avait été placé en quarantaine le 5 février avec ses 3711 passagers et membres d’équipage pour 14 jours après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong. En date de dimanche, 355 personnes étaient déclarées infectées et hospitalisées, une hausse de 70 par rapport à samedi.  

Mais sans attendre, face à l’aggravation de la situation et compte tenu de doutes sur l’efficacité des mesures prises, plusieurs pays ont décidé d’évacuer leurs ressortissants paraissant sains pour les placer 14 jours en quarantaine dans leurs pays respectifs.

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Les États-Unis ont ainsi dès samedi adressé aux quelque 350 passagers américains un courrier pour leur donner cette option.

Parmi les passagers, Sarah Arana, 52 ans, originaire de Californie, en contact avec l’AFP, a confirmé être à bord d’un des autobus et raconté être passée par un contrôle de passeport de fortune sans examen médical.

« Je suis contente et prête à partir », a-t-elle dit à l’AFP depuis le bateau. « Il nous faut une vraie quarantaine et ça n’en était pas une ».

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L'appareil à bord duquel les Américains doivent être rapatriés.

Refus de partir

Le gouvernement américain aurait dû intervenir « beaucoup plus tôt, dès le début », a-t-elle estimé.

« C’était trop pour le Japon et ils n’auraient pas dû avoir à en porter tout le fardeau », a-t-elle ajouté. « Le peuple japonais ne méritait pas cela. Je suis pleine de reconnaissance ».

Mais d’autres Américains à bord ont refusé de partir bien qu’il leur a été précisé qu’ils ne pourraient pas dans ce cas retourner dans leur pays avant deux semaines suivies d’un test négatif.

« Pourquoi voudrais-je monter dans un autocar et un avion avec des gens dont on pense qu’ils sont peut-être infectés alors que j’ai passé près de deux semaines isolé d’eux ? », a tweeté Matt Smith, un avocat américain à bord du paquebot avec son épouse.

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Il a décrit pour appuyer son propos le comportement d’une compatriote qui criait « États-Unis, États-Unis » de son balcon alors qu’approchaient les autocars devant plus tard les transporter.

« Et bien sûr, à l’encontre de toutes les règles de quarantaine, elle ne porte pas de masque et bavarde avec un passager du balcon adjacent […] et vous voulez que je prenne l'autocar avec elle ? »

Le ministre japonais de la Santé Katsunobu Kato avait expliqué dans la journée que 1219 des passagers seulement avaient subi les analyses de détection du virus.

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Une ambulance transportant un passager touché par le coronavirus quitte le port de Yokohama où le Diamond Princess a été placé en quarantaine.

« Nouvelle phase »

Le Japon n’a pu tester tout le monde à bord en raison d’un nombre insuffisant de tests, de sites et de main-d’œuvre, également nécessaires à l’examen des cas suspect à terre.

Mais le ministère de la Santé a annoncé samedi que les passagers âgés de plus de 70 ans étaient examinés et que ceux présentant un test négatif et en bonne santé seraient autorisés à quitter le navire à partir de mercredi.

Les tests des passagers plus jeunes devaient commencer dimanche et des personnes saines seront autorisées à sortir après mercredi, a précisé le ministère.

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Le gouvernement de Hong Kong a lui aussi dit vouloir rapatrier les siens – 330 ressortissants – « le plus tôt possible ».

Les autorités canadiennes ont pris une initiative similaire pour environ 250 Canadiens notamment « pour alléger le fardeau sur le système de santé japonais ».  

Les médias australiens ont indiqué que Canberra envisageait aussi l’option de l’évacuation.

En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont répertoriés 59 porteurs du coronavirus dans différentes régions du pays.  

Le ministre japonais de la Santé, Katsunobu Kato a averti dimanche que le Japon entrait dans une « nouvelle phase » de cette infection virale, le pays constatant de jour en jour des cas supplémentaires parmi des personnes ne s’étant pas rendues en Chine, centre de l’épidémie, et n’ayant pas eu de contact avec des visiteurs en provenance de Chine.

Il a appelé la population à éviter les rassemblements « non indispensables » ainsi que les trains bondés des heures de pointe.