(Sydney) Un haut responsable de la marine américaine a estimé jeudi qu’une rupture du pacte militaire avec les Philippines nuirait à la lutte contre le terrorisme, alors que le président Donald Trump avait indiqué mercredi que cela lui était « égal ».

Agence France-Presse

L’amiral Philip Davidson, qui dirige le commandement Indo-Pacifique, a espéré que Manille revienne sur sa décision de rompre le « Visiting Forces Agreement » (ou VFA, accord sur les forces étrangères), qui offre un cadre légal à la présence de troupes américaines aux Philippines et à l’organisation d’exercices militaires conjoints.

Les Philippines ont en fait enclenché le compte à rebours de six mois avant la résiliation effective de l’accord.

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L’amiral Philip Davidson

« Nous avons donc un peu de temps pour mener des efforts diplomatiques », a déclaré l’amiral Davidson à Sydney. « J’espère que nous aurons un bon résultat. »

Cette décision a été qualifiée de « grave » par l’ambassade des États-Unis aux Philippines, mais le patron de la Maison-Blanche a relativisé mercredi son importance.

« Pour être honnête, cela ne m’a jamais vraiment préoccupé », a déclaré M. Trump, interrogé sur cet épineux dossier lors d’un échange avec les journalistes dans le Bureau ovale.

« Cela m’est vraiment égal, s’ils veulent le faire, ce n’est pas un problème, cela nous fera économiser beaucoup d’argent », a-t-il ajouté.

Mais l’amiral Davidson a estimé qu’une telle rupture compliquerait les opérations militaires contre les organisations islamistes dans le sud de l’archipel.

« Nos capacités à aider les Philippines dans leur combat contre l’extrémisme violent dans le Sud, nos capacités à nous entraîner et à opérer au sein des Philippines et avec les forces armées philippines serait mise en cause sans cet accord sur les forces étrangères », a-t-il dit.

Un accord de paix avait été signé en 2014 avec le principal groupe de la rébellion musulmane dans le sud des Philippines, le Front Moro islamique de libération (MILF). Il a débouché l’an passé sur le vote par référendum de la création d’une région autonome dans le sud.

Mais ce processus, qui a débuté dans les années 1990, n’inclut pas les organisations islamistes-dont celles qui ont prêté allégeance au groupe État islamique - encore très actives dans le sud des Philippines et que le MILF combat aux côtés des forces gouvernementales, avec lesquelles il a fait alliance.  

Le président philippin Rodrigo Duterte, connu pour ses provocations, a souvent menacé depuis son élection en 2016 de mettre fin à l’alliance de son pays avec les États-Unis, au profit de la Russie ou de la Chine.

Il avait spécifiquement menacé de résilier le pacte militaire VFA en 2016 – puis de nouveau en janvier dernier, après l’annulation par les États-Unis d’un visa pour l’ex-chef de la police du pays Ronald Dela Rosa, aujourd’hui sénateur.