(Pékin) Pékin a fustigé jeudi les « arrières-pensées » politiques de Washington après l’arrestation sur le sol américain de cinq « agents » accusés d’avoir harcelé des opposants au régime communiste résidant aux États-Unis.

Agence France-Presse

La Chine mène depuis plusieurs années une campagne nommée « Chasse aux renards », qui entend rapatrier les fugitifs économiques. Il s’agit pour l’essentiel de fonctionnaires suspectés de corruption.

Dans un contexte de fortes tensions bilatérales, les autorités américaines ont annoncé mercredi l’arrestation de cinq personnes présentées comme des « agents » de Pékin ayant mené une « opération de police illégale » sur le sol des États-Unis.

« Sans se coordonner avec les autorités américaines », ces équipes « ont surveillé et localisé des fugitifs présumés et ont déployé des tactiques d’intimidation pour les forcer à rentrer en Chine », a déclaré John Demers, ministre adjoint de la Justice.

Certains fugitifs « sont peut-être coupables de ce qui leur est reproché, mais dans de nombreux cas, ce sont des opposants au (président) chinois Xi (Jinping), des rivaux, des dissidents ou des critiques », selon M. Demers.

« Ces opérations sont au-delà de tout reproche », a réagi jeudi lors d’une conférence de presse Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, parlant d’une « juste cause ».

« Les États-Unis préfèrent fermer les yeux sur cette réalité de base et, avec des arrière-pensées, calomnier les efforts entrepris par la Chine pour poursuivre ces fugitifs et rapatrier ces biens mal acquis. »

« Les forces de l’ordre chinoises coopèrent avec leurs homologues étrangères dans le strict respect du droit international », a assuré M. Wang, appelant les États-Unis à ne pas devenir « un refuge pour les criminels ».

La Chine présente sa « Chasse aux renards » comme un volet de la campagne anticorruption menée depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en 2013.  

Elle est populaire dans l’opinion publique et la télévision publique retransmet régulièrement en direct les descentes d’avion à Pékin de fugitifs économiques rapatriés – souvent menottés et penauds.

Mais certains critiques soupçonnent également Xi Jinping de profiter de cette campagne pour frapper des adversaires politiques.

Le département américain de la Justice n’a pas précisé quelles étaient les personnes visées par ces opérations de rapatriement. Il a uniquement indiqué qu’elles auraient fait l’objet de surveillance, de harcèlement et de menaces.