(Tokyo) Les sauveteurs étaient toujours mobilisés lundi dans le sud-ouest du Japon, fouillant des habitations ravagées par des inondations et des glissements de terrain ce week-end, alors que le bilan humain risque encore de s’alourdir.

Agence France-Presse

Les autorités locales redoutent la mort d’au moins 36 personnes après que des pluies record sont tombées tôt samedi matin dans la région de Kumamoto, sur l’île de Kyushu, faisant déborder les rivières et inondant les zones à faible altitude.

Le décès de dix-neuf d’entre elles a été confirmé, tandis que 17 autres ont été trouvées en « arrêt cardio-respiratoire », ont annoncé des responsables locaux, un terme usité au Japon avant le constat officiel du décès par un médecin.

« Les sauveteurs poursuivent sans relâche leurs recherches ce matin », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la région de Kumamoto, alors que 11 personnes sont par ailleurs toujours portées disparues.

Bien que les pluies aient baissé en intensité, routes et ponts ont été emportés par les inondations, et beaucoup dans les communautés les plus isolées se sont retrouvés coupés du monde.  

Dans l’une des zones les plus touchées, des habitants ont écrit les mots « riz, eau, SOS » au sol, pendant que d’autres agitaient des serviettes pour appeler à l’aide, selon des images d’hélicoptère de l’agence de presse Kyodo.

Dans une maison de retraite, 14 personnes sont présumées mortes noyées en raison de l’inondation du rez-de-chaussée par une rivière en crue, ayant empêché les résidents en fauteuil roulant de se réfugier dans les étages supérieurs.

Les services d’urgence ainsi que des riverains sont parvenus à secourir une cinquantaine de résidents et d’employés de la maison de retraite avec des canots de sauvetage.

Des pluies torrentielles doivent continuer à frapper la région, où jusqu’à 250 mm de précipitations sont attendus jusqu’à mardi matin. L’Agence météorologique japonaise a appelé des centaines de milliers d’habitants de Kumamoto et de la région voisine de Kagoshima à évacuer leurs logements.

Les opérations étaient ralenties par les craintes de nouvelles contaminations de coronavirus. Des cloisons ont été installées dans les centres d’évacuation pour préserver une distanciation sociale, et les réfugiés étaient appelés à se laver les mains fréquemment et à porter des masques.

Quelque 4640 foyers dans la région de Kumamoto étaient toujours privés d’électricité lundi matin, selon la compagnie Kyushu Electric Power.  

Le premier ministre Shinzo Abe avait annoncé dimanche que 40 000 policiers, pompiers, garde-côtes et membres des Forces d’auto-défense japonaises devaient participer toute la nuit aux recherches.