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Risque de botulisme dans du lait de Nouvelle-Zélande

Depuis le retentissant scandale du lait frelaté à... (PHOTO Stringer, REUTERS)

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Depuis le retentissant scandale du lait frelaté à la mélamine en 2008, des millions de familles chinoises ont perdu confiance dans le lait produit en Chine et s'approvisionnent à l'étranger.

PHOTO Stringer, REUTERS

Neil SANDS
Agence France-Presse
WELLINGTON

Verts pâturages et nature intacte: «100% pure» est le slogan mis en avant par la Nouvelle-Zélande pour vanter son agriculture, mais cette image de marque pourrait bien souffrir des craintes de botulisme dans plusieurs lots de produits laitiers.

Le géant des produits laitiers Fonterra a révélé ce week-end que trois lots de petit-lait, utilisé pour la fabrication de laits maternisés et de boissons pour les sportifs, contenaient en mai 2012 la Clostridium botulinum, qui peut causer le botulisme, une maladie provoquant la paralysie, voire la mort.

La France, la Chine, la Russie et l'Arabie Saoudite ont réagi depuis.

Le groupe français Danone a rappelé dans plusieurs pays d'Asie des lots de lait en poudre pour bébé de ses marques locales Dumex et Karicare. «A titre de précaution, des lots ont été rappelés en Chine, à Hong Kong, en Malaisie, en Thaïlande et en Nouvelle-Zélande mais aucune plainte de consommateur n'a pour l'instant été signalée», a-t-on appris lundi auprès d'une porte-parole du géant agroalimentaire.

Fonterra a dû présenter lundi à Pékin ses «profondes excuses» tout en niant avoir tardé à réagir. Dans la foulée, l'Autorité chinoise de régulation pharmaceutique et alimentaire a enjoint dimanche à trois firmes agroalimentaires ayant utilisé ces lots de Fonterra de «cesser immédiatement de vendre» et de «rappeler tous les produits» pouvant contenir des éléments incriminés.

Soucieux de rassurer les consommateurs chinois et de préserver l'image du groupe dans le pays, où le marché des produits laitiers est en plein essor, le patron de Fonterra s'est déplacé en personne à Pékin.

«Nous présentons nos excuses les plus profondes aux personnes qui ont été affectées», a déclaré Theo Spierings lors d'une conférence de presse lundi, tout en affirmant que sa coopérative, qui regroupe quelque 13 000 fermiers néo-zélandais, avait donné l'alerte dès confirmation de la contamination.

Quant aux autorités russes, elles ont annoncé lundi l'interdiction des produits laitiers de Fonterra. L'agence russe de protection du consommateur Rospotrebnadzor exige «le retrait du commerce des produits laitiers potentiellement contaminés de la société Fonterra et l'arrêt de leur importation sur le territoire de la Fédération de Russie».

Les autorités saoudiennes ont, de leur côté, annoncé avoir saisi avant sa commercialisation un lot de lait maternisé en cause.

Une image entachée

La crise que traverse le géant des produits laitiers Fonterra risque de se répercuter sur l'ensemble du pays, dont l'économie occupe un rang modeste, mais est très tournée vers l'agriculture. Et ses produits alimentaires jouissent d'une excellente image de marque en Asie, en Chine en particulier, note Chris Galloway, expert en relations publiques.

«Les réputations de la Nouvelle-Zélande et de Fonterra sont intimement liées», déclare à l'AFP M. Galloway, de l'université Massey. «Fonterra est notre premier exportateur et représente la Nouvelle-Zélande à travers le monde».

Selon lui, «cette crise réduit en miettes notre image de "100% pure" et il faudra du temps pour que cela retombe».

La Nouvelle-Zélande pratique peu l'élevage intensif et ses vaches broutent de vertes prairies, au lieu d'être confinées dans des élevages industriels, une pratique qui lui vaut une réputation d'excellence pour ses produits laitiers.

Cette réputation est particulièrement appréciée en Chine, où plusieurs scandales alimentaires, dont un sur les laits maternisés en 2008, ont rendu les consommateurs méfiants envers les produits chinois.

Mais le premier ministre néo-zélandais John Key a souligné lundi la difficulté de la tâche pour rétablir la confiance des consommateurs, une fois entamée.

«Le risque est que les consommateurs se disent "je suis fatigué de tout ça". Cela sape la confiance», a-t-il déclaré sur Radio New Zealand.

Pour Chris Galloway, spécialisé dans la gestion de crise, la situation est d'autant plus délicate qu'elle implique des produits destinés aux bébés, et que Fonterra est impliqué pour la deuxième fois dans ce type d'affaires.

«Les gens vont avoir du mal à penser qu'il s'agit d'un incident isolé», estime l'expert. En 2008, une entreprise chinoise, détenue partiellement par Fonterra, avait causé la mort de six bébés en vendant du lait maternisé mélangé à de la mélamine. Quelque 300 000 jeunes enfants avaient été malades, certains gravement.

«Plus inquiétant que la crise elle-même, la façon dont se comporte Fonterra semble montrer que (le groupe) n'a pas appris grand-chose du scandale de la mélamine en 2008», s'étonne le Manawatu Standard, le quotidien qui couvre la région laitière de l'île du Nord.

Il est notamment reproché à Fonterra d'avoir révélé sur le tard cette contamination, qui date de mai 2012.

Pour Mike Lee, expert en images de marque à l'université d'Auckland, la coopérative Fonterra, qui regroupe quelque 13 000 fermiers, peut rétablir sa réputation si les autorités étrangères se satisfont de sa réponse à la crise.

«La demande (en lait) est supérieure à l'offre», note-t-il dans le New Zealand Herald.




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