Un congrès sur le sida porteur d'espoir

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Réjean Thomas

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Louise Leduc
La Presse

Une éradication totale de la maladie en 2030, des espoirs de guérison complète, des vaccins qui se rapprochent: le Congrès international sur le sida, endeuillé en lever de rideau par la mort de sept éminents chercheurs néerlandais dans la tragédie de Malaysia Airlines, s'est conclu en Australie dans l'espoir.

«Pour la première fois, à Melbourne, j'ai entendu parler de la fin du sida», dit le docteur montréalais Réjean Thomas, un habitué de ces conférences.

L'horizon de 2030 donné par l'ONUSIDA est certes ambitieux, relève-t-il, mais cette organisation estime vraiment que c'est possible si l'on arrive à dépister 90% des malades, à les mettre sous traitement et à en arriver à des charges virales indétectables dans la quasi-majorité des cas.

«Avec le temps, on en était venus à tenir pour acquis que le sida était devenu une maladie chronique, mais là, on parle de plus en plus de guérison, poursuit le Dr Thomas. Et ça, pour les patients, c'est énorme, parce que même si les traitements s'améliorent sans cesse, le simple fait d'être atteint demeure très stigmatisant.»

Restent de gros défis, notamment un meilleur dépistage (une bonne partie de la population séropositive mondiale ignorant son état) et le manque de ressources dans plusieurs pays pauvres.

Les troupes au congrès de Melbourne ont aussi été galvanisées par les cas de guérison. Celle du «patient de Berlin», il y a cinq ans, qui n'a plus aucune trace de VIH dans le corps, avait déjà fait grand bruit. S'ajoutent maintenant «cinq hommes sur six d'une étude danoise qui ont été guéris en prenant un médicament contre le cancer», dit le Dr Thomas.

Autre source d'espoir: la recherche sur les vaccins, qui, depuis cinq ans, aurait progressé comme jamais, se sont fait dire les congressistes en Australie.

On parle maintenant de deux types possibles de vaccins, explique le Dr Thomas: l'un pour des personnes non infectées et un autre, thérapeutique, pour les personnes séropositives.

Études prometteuses

Parmi les autres bonnes nouvelles: les études prometteuses sur le Truvada, un médicament que l'on administre de plus en plus de façon totalement préventive aux personnes à risque, mais non encore infectées.

À la clinique l'Actuel, où travaille le docteur Thomas, le Truvada est administré à une cinquantaine de personnes. «J'ai par exemple un jeune patient aux prises avec des problèmes de drogue. On lui en prescrit le temps qu'il se soigne et qu'il suive une psychothérapie.»

Le coût prohibitif du Truvada - 700$ par mois - fait cependant en sorte qu'il ne peut pas être administré à très grande échelle. Par contre, il semble tout indiqué de le prescrire à des clientèles très précises qui, si elles devenaient infectées, occasionneraient des coûts beaucoup plus élevés au système de santé.

Voilà pour les bonnes nouvelles. Les mauvaises, maintenant? Le Dr Thomas rappelle que la population mondiale de personnes homosexuelles qui devient infectée est en hausse de 12% et que quelque 30% des nouveaux cas sont des hommes de moins de 30 ans «qui n'ont pas connu les années très noires du sida».

LE SIDA EN CHIFFRES 

35 MILLIONS : Nombre de personnes vivant aujourd'hui avec le VIH dans le monde (dont 17 millions l'ignorent)

2,1 MILLIONS : Nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH en 2013

1,5 MILLION : Nombre de personnes mortes du sida ou de maladies en découlant en 2013

Source: Rapport de l'ONUSIDA publié en juillet




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