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Étude sur les déchets: les contenants de boissons polluent Montréal

Gobelets de café ou de boissons gazeuses, bouteilles et canettes : l'essentiel des déchets qui jonchent les espaces publics montréalais ou qui remplissent les poubelles municipales a servi à étancher notre soif et provient principalement de la restauration rapide. C'est ce que révèle la toute première étude de caractérisation des déchets à Montréal. Faits saillants.

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« Trois générateurs majeurs [...] ressortent de manière plus significative : Tim Hortons, McDonald's et Starbucks », peut-on lire dans l'étude.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Pierre Batellier, auteur de l'étude et président de la... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 1.1

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Pierre Batellier, auteur de l'étude et président de la coopérative de solidarité Les Valoristes

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

Un grand responsable

La restauration rapide ou à emporter « est responsable à elle seule de près des deux tiers des matières résiduelles » récoltées sur le domaine public à Montréal, révèle une étude de caractérisation sur la « collecte hors foyer » réalisée pour la Ville par la coopérative de solidarité Les Valoristes, qui accueille ceux désirant vendre des contenants consignés. Au-delà des emballages alimentaires et des serviettes en papier, les contenants de boissons sont les principaux déchets trouvés. « Trois générateurs majeurs [...] ressortent de manière plus significative : Tim Hortons, McDonald's et Starbucks », peut-on lire dans l'étude.

L'utopie du recyclage

« On constate un mélange général des matières potentiellement recyclables et non recyclables », malgré la présence de « poubelles doubles » qui permettent de les séparer, lit-on dans le rapport. « La réalité, c'est que [le recyclage] ne marche pas encore très bien », reconnaît en entrevue avec La Presse l'auteur de l'étude et président de la coopérative, Pierre Batellier. Et comme il y a « encore beaucoup de contamination dans le recyclage », notamment par des liquides et des aliments, « finalement, il n'y a pas grand-chose qui est recyclé en fin de compte », explique-t-il.

L'efficacité de la consigne

Le rapport relève une très faible présence dans les poubelles publiques et au sol des contenants consignés, qui sont ramassés par les « valoristes ». L'étude a même calculé la fréquence de leurs passages, qui varie entre 18 et 30 minutes selon les secteurs. Ce constat démontre l'efficacité de la consigne, estime Pierre Batellier, qui rappelle que lorsqu'elle a été instaurée, son « but premier » n'était pas de favoriser le recyclage, « c'était de lutter contre les déchets sauvages ». De plus, ces « corps creux » remplissent rapidement les poubelles, note M. Batellier.

Poubelles 101

L'étude note un « manque de cohérence » en matière de poubelles publiques, à Montréal : modèles différents, avec ou sans recyclage, mauvaise disposition. « C'est clair que ça nuit à la performance, à créer un réflexe », s'exclame Pierre Batellier. « La personne veut juste ne plus avoir son déchet dans la main », explique-t-il, en ajoutant que les études démontrent qu'« un système homogène avec une signalétique claire » favorise une meilleure utilisation. L'étude relève également un problème de visibilité des poubelles, une fois le soleil couché. « On fait toujours des modèles avec de beaux graphiques bien éclairés », illustre M. Batellier.

Déchets sauvages

La grande quantité de déchets sauvages, donc au sol, « même dans des zones avec de fortes densités [de poubelles publiques] », a étonné Pierre Batellier, qui y voit « les limites de la sensibilisation », puisque « les gens continuent de jeter des déchets par terre ». Il est d'autant plus important de « prendre en compte » ces déchets souvent ignorés dans les analyses, car ils nécessitent le déploiement de beaucoup de ressources et sont donc « assez coûteux à ramasser », dit-il. « C'est un coût collectif qu'on assume comme contribuables et pour lequel il n'y a aucune contribution des générateurs. »

Et maintenant, quoi ?

« Il faudrait commencer à envisager une forme de contribution financière [des générateurs] », affirme Pierre Batellier. « Recycler, ce n'est pas la solution, il faut agir à la source » pour réduire la quantité de déchets, dit-il, en suggérant par exemple de favoriser l'utilisation de contenants réutilisables. L'étude recommande par ailleurs d'élargir la consigne et d'« homogénéiser » les poubelles montréalaises. Elle propose notamment un prototype de poubelle dotée d'un réceptacle pour les contenants consignés, ce qui les rendrait beaucoup plus faciles à recueillir par les « valoristes », comme il en existe ailleurs au pays. Une centaine de ces poubelles ont été déployées dans le centre-ville dans le cadre d'un projet-pilote. Questionnée sur les suites qu'elle entendait donner à cette étude, la Ville de Montréal n'a pas répondu aux questions de La Presse.

Méthologie de l'étude

L'étude de caractérisation a été réalisée entre mai et juillet 2016, dans six artères situées au coeur de Montréal (Sainte-Catherine, Saint-Denis, Saint-Hubert, Saint-Laurent, Masson et Beaudry) et deux grands parcs (La Fontaine et du Mont-Royal). Les observations ont été menées à différentes heures du jour et de la nuit, par beau temps et par mauvais temps. Les déchets de moins de 4 po2 (comme les mégots de cigarette) n'ont pas été comptabilisés.

L'ÉTUDE EN CHIFFRES

66 %

des déchets récoltés étaient issus de la restauration rapide

41 %

de matières recyclables dans les bacs de recyclage

31 %

de matières recyclables dans les poubelles




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