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Ile au Foin: entente entre la MRC et le ministère de l'Environnement

Le niveau de l'eau monte au printemps dans... (Photo fournie par Lorraine Moquin)

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Le niveau de l'eau monte au printemps dans ce chenal qui sépare l'île au Foin de l'île Goyer à Carignan. C'est à cet endroit qu'on prévoit construire une voie d'accès.

Photo fournie par Lorraine Moquin

Le sort de l'île au Foin, à Carignan, en Montérégie, pourrait bien être fixé cette semaine. Après avoir essuyé plusieurs refus des autorités gouvernementales, la MRC de la Vallée-du-Richelieu présente ce soir au cours d'une assemblée publique un projet de règlement modifié pour un développement résidentiel dans l'île, qui abrite notamment un écosystème forestier exceptionnel.

Le préfet de la MRC de la Vallée-du-Richelieu a annoncé au début de la réunion d'information qu'une entente tacite était intervenue entre la MRC et le ministère de l'Environnement pour des modifications au projet de règlement.

L'atmosphère est particulièrement tendue, de nombreux citoyens étaient visiblement en colère d'apprendre cette nouvelle en début de soirée.

Pendant que la Ville de Carignan semble être prise entre l'arbre et l'écorce, les citoyens opposés au projet se mobilisent. La controverse dure depuis plusieurs années à Carignan au sujet de cette île située entre la rivière L'Acadie et le bassin de Chambly. La MRC entend soumettre le projet au vote des maires à la prochaine réunion, prévue jeudi.

«L'île au Foin, c'est la pièce maitresse de cet écosystème», affirme Lorraine Moquin, porte-parole pour le Collectif pour le parc du Bassin de Chambly. En espérant se faire entendre des élus, le Collectif tient d'ailleurs une manifestation devant les bureaux de la MRC pendant l'assemblée d'information qui a débuté à 18h30 ce soir.

La dernière version du projet déposé à la MRC prévoyait la construction en zone inondable d'une voie d'accès de 116 mètres de long pour prolonger une rue jusqu'à l'île au Foin. «La version modifiée du projet de règlement, qui sera présentée ce soir, comprend des dispositions au niveau de la hauteur et de la largeur de la voie de circulation, ainsi que du nombre de tuyaux de ponceau», a signalé par courriel Ariane Levasseur, agente de communication à la MRC. 

Deux ministères disent non 

En mai 2012, la MRC de la Vallée-du-Richelieu adopte un projet de règlement pour permettre la construction d'un chemin d'accès en zone inondable dans l'île au Foin. Quelques mois plus tard, le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, écrit à la MRC que le projet ne respecte pas les orientations gouvernementales en matière de sécurité publique et de protection de l'environnement.

La MRC essuie un deuxième refus en décembre 2012. Dans une lettre envoyée à la MRC et au promoteur Mario Venafro, le ministère de l'Environnement s'inquiète notamment de la construction d'une voie d'accès. La biologiste Isabelle Piché signale qu'un tel ouvrage ne serait pas sans conséquence sur le régime hydraulique dans ce secteur où confluent les rivières Richelieu et L'Acadie. 

«Nous considérons que seule une infrastructure d'accès limitant l'empiètement d'au plus 20% du littoral serait acceptable», écrivait Mme Piché. Le projet actuel prévoit un remblai sur plus de 95% de la zone d'écoulement. La biologiste rappelait que le régime hydraulique à cet endroit est complexe. Elle invitait aussi à la prudence dans un secteur où les crues hivernales sont présentes et récurrentes.

Rappelons que le promoteur Mario Venafro poursuit la Ville de Carignan au motif qu'il a subi une expropriation déguisée quand le zonage a été changé dans l'île, il y a quelques années, pour interdire les tours d'habitation sur son terrain. 

Le juge responsable du dossier a interrompu les procédures, invitant les parties à trouver un terrain d'entente. Selon le directeur général de la Ville de Carignan, Alain Cousson, le promoteur s'est engagé à retirer sa poursuite si on lui permet de construire 13 maisons dans l'île avec une dérogation pour une voie d'accès. Carignan a déjà engagé plus de 350 000$ en frais juridiques dans ce dossier.

Le promoteur Mario Venafro n'a pas rappelé La Presse.




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