La ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, n'envisage pas de mettre en place un système de redevance-remise (bonus-malus) pour le secteur automobile au Québec. Une décision critiquée par les groupes environnementaux.

Publié le 23 mars 2018
Éric-Pierre Champagne LA PRESSE

La ministre a présenté ce matin le  bilan de mi-parcours du Plan d'action 2013-2020 sur les changements climatiques. Le rapport propose des mesures plus sévères pour atteindre les objectifs de la province pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). 

Les efforts déployés jusqu'à présent n'ont pas permis à Québec d'atteindre ses objectifs. Les émissions du secteur du transport ont notamment augmenté de 20% depuis 1990.

Le rapport propose entre autres un système de redevance-remise (bonus-malus), qui aurait pour effet de taxer les véhicules polluants et subventionner les voitures à faible émission.

«On en est pas là, affirme la ministre Melancon. On a du travail à faire au niveau gouvernemental avant de faire ça.»

Si aucune annonce concrète n'a a été faite ce matin, la ministre reconnaît néanmoins que Québec «doit redresse le tir». «On veut accélérer certaines mesures. Nous devons faire plus, nous devons faire mieux [pour réduire les GES]».

Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace, se dit complètement déstabilisé par l'immobilisme du gouvernement du Québec. « Avec un tel constat d'échec, on n'est plus au temps des excuses. C'est clair que ce gouvernement ne veut pas mettre en place un système de bonus-malus pour ne pas déplaire à l'électorat. C'est une mauvaise décision politique et climatique. »

Pour Normand Mousseau, professeur de physique et auteur du livre Gagner la guerre du climat, le gouvernement « navigue à l'aveuglette ». « On se donne des cibles ambitieuses, mais aucun moyen pour les atteindre. Tout ce qu'on entend, c'est une série de voeux pieux. »

M. Mousseau ne croit pas à la formule de bonus-malus, mais serait favorable à un « malus », soit une taxe sur les véhicules plus énergivores.