L'opposition a exprimé de sérieux doutes sur la capacité du Canada d'atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre, hier, au moment où le gouvernement Harper a assuré que ses objectifs sont toujours à sa portée.

Martin Croteau LA PRESSE

La ministre de l'Environnement, Leona Aglukkaq, s'est rendue à Varsovie, hier, pour prendre part à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques. À Ottawa, son secrétaire parlementaire, Colin Carrie, a assuré que le Canada va atteindre les cibles qu'il s'est fixées à Copenhague, en 2009.

«Le plus récent rapport démontre que nous faisons des progrès significatifs vers des réductions réelles», a indiqué M. Carrie, en entrevue.

Plusieurs études ont avancé au cours des derniers mois que le Canada échouera à réduire ses émissions de GES de 17% par rapport au niveau de 2005 d'ici 2020. Cette cible, celle de Copenhague, était déjà moins ambitieuse que celle de Kyoto, dont le gouvernement Harper s'est retiré.

C'est pourquoi le Nouveau Parti démocratique a accueilli avec scepticisme les dernières promesses du gouvernement Harper. La députée Megan Leslie a lâché un rire ironique lorsqu'elle a été questionnée sur l'atteinte des objectifs du Canada.

«Il n'y a aucun moyen d'atteindre nos objectifs de 2020, a-t-elle dit. Chaque rapport d'analyse publié jusqu'ici montre que nous allons échouer.»

Ottawa a choisi une approche «sectorielle» pour réduire les émissions de GES, c'est-à-dire que chaque secteur industriel se verra imposer des règlements pour limiter la pollution. Or, à ce jour, aucune norme n'a encore été présentée pour encadrer les émissions du secteur pétrolier et gazier, celui qui connaît la plus forte croissance au pays.

La part des émissions canadiennes de gaz à effet de serre liée à l'industrie des sables bitumineux est de 7,8%, selon le dernier Rapport d'inventaire national publié par Ottawa.

«Le pétrole et le gaz sont des industries importantes pour notre économie et nous voulons nous assurer que des règlements ne viennent pas, sans le vouloir, nuire à la compétitivité de ces entreprises», a affirmé M. Carrie.

Le gouvernement Harper avait promis de présenter des normes l'été dernier, mais le dépôt se fait toujours attendre. Des documents obtenus récemment par Greenpeace démontrent que l'industrie pétrolière a mené un lobby intensif pour convaincre les autorités qu'un éventuel plafond aux émissions de GES risque de nuire aux investissements dans ce secteur.

Quand les normes seront-elles présentées? «Elles seront déposées lorsqu'elles seront prêtes», a simplement répondu M. Carrie, hier.





LES ÉMISSIONS CANADIENNES DE GES

2011: 702

2010: 701

2009: 689

2008: 731

2007: 749

2006: 727

2005: 737

> 607 Cible de Copenhague (pour 2020)

> 558,4 Cible de Kyoto (pour 2012)

(en millions de tonnes)