L'ancien vice-président américain Al Gore accuse Barack Obama d'avoir trop peu fait contre le réchauffement climatique depuis le début de son mandat en janvier 2009 et de n'avoir pas réussi à «exposer aux Américains l'ampleur de la crise» environnementale.

AGENCE FRANCE-PRESSE

S'exprimant dans le magazine Rolling Stone, M. Gore, auquel a été décerné le prix Nobel de la Paix en 2007, reconnaît que l'actuel président démocrate fait face à des défis de taille. Mais il s'en prend aussi aux multinationales, aux médias et au Congrès des États-Unis pour leur inertie sur le sujet.

Certes, admet Al Gore, l'administration Obama a «légèrement» fait avancer les États-Unis, mais Barack Obama «n'a jusqu'à présent pas réussi à se servir du prestige de la fonction présidentielle pour appeler à prendre des mesures audacieuses afin de lutter contre le changement climatique».

«Le président Obama n'a jamais exposé aux Américains l'ampleur de la crise climatique», martèle Al Gore.

«Les États-Unis sont le seul pays à pouvoir mobiliser un effort mondial pour préserver notre avenir. Et le président est la seule personne à même de mobiliser les États-Unis», écrit-il encore.

Par ailleurs, M. Gore vilipende les «climats-sceptiques» et ceux qui demandent à être convaincus que le changement climatique est une réalité, notant au passage que sur les 13 dernières années, neuf d'entre elles font partie des années les plus chaudes jamais enregistrées.

Des incendies qui ravagent le Texas aux inondations au Pakistan, en passant par la fonte de la calotte glaciaire, «il n'est pas rare que les journaux télévisés ressemblent à une randonnée à travers l'Apocalypse», estime l'ancien vice-président de Bill Clinton.

«Mais malgré cela, les médias n'expliquent absolument pas comment ces événements sont liés à la crise climatique, ou bien alors ils écartent ce lien d'emblée, car ils le jugent trop controversé», assure Al Gore.