Canada Steamship Lines (CSL) assure qu'elle «nettoiera complètement» le mazout qui s'est déversé lundi soir dans la Voie maritime du Saint-Laurent, à la hauteur de Sainte-Catherine.

Paul Journet et Tristan Péloquin LA PRESSE

L'opération nettoyage durera encore six jours. Jusqu'à 50 contractuels y travailleront. CSL doit en payer tous les coûts. «À la fin, on aura nettoyé toutes les traces de fioul sur le rivage», soutient Jean-François Lebrun, porte-parole de CSL.

Mais pour certains, il est déjà trop tard. Six canards sauvages, dont un caneton d'un mois, ont été envoyés d'urgence à la Clinique des oiseaux de proie de la faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe. Un autre, qui avait une patte sectionnée et les ailes brisées, a dû être euthanasié sur-le-champ.

Dans certains cas, les oiseaux sont si sales que les vétérinaires ne peuvent pas dire s'il s'agit de colverts ou de canards noirs. «Pour l'instant, les oiseaux qui nous arrivent sont encore assez vifs. Mais au cours des prochains jours leur état pourrait péricliter. À cause des hydrocarbures, leur plumage est moins imperméable à l'eau. Ils perdent de l'énergie et tombent donc en hypothermie. Ils ont aussi tendance à se déshydrater rapidement», indique la Dre Guylaine Séguin, vétérinaire à la Clinique des oiseaux de proie.

Hier après-midi, les vétérinaires n'étaient cependant pas en mesure de commencer le nettoyage des canards. Ils attendaient toujours un conteneur spécial nécessaire pour récupérer de façon sécuritaire les eaux de lavage souillées.

Il reste encore une dizaine d'oiseaux, pour la plupart des canards, à capturer sur les lieux du déversement, estime Mario Labonté, de la Fondation des oiseleurs du Québec, organisme mandaté par Environnement Canada pour ce travail. «Ils étaient probablement installés là pour l'été. Leur nombre est limité. Heureusement que l'accident ne s'est pas produit plus tard dans l'année, parce qu'il y aurait eu beaucoup plus d'oiseaux de passage», estime M. Labonté.

Une fois nettoyés, la plupart des oiseaux capturés sur les lieux de l'accident devraient être relâchés dans la nature. «J'ai bon espoir qu'il s'en remettront», indique la Dre Séguin.

Quelle quantité déversée?

Vers 19h30 lundi soir, le navire MV Richelieu a perforé son réservoir à mazout en passant sur son ancre. Il voulait freiner à cause d'un problème mécanique. «Le réservoir était rempli à 75%, ce qui équivaut à environ 150 tonnes de fioul (environ 36 750L)», indique Jean-François Lebrun, de CSL.

CSL achevait hier de pomper le contenu de son réservoir. Au terme de cette opération, on connaîtra la quantité de mazout qui s'est répandue dans la Voie maritime.

On sait que le déversement a duré cinq heures. «Peu après l'accident, les écluses ont été fermées pour contenir le mazout et elles le sont toujours, par mesure de prévention», affirme Jack Meloche, porte-parole de la Corporation de gestion de la voie maritime du Saint-Laurent.

La fuite a ensuite été contenue à l'aide de barrières flottantes. «Le mazout a ainsi été confiné à un seul endroit», ajoute M. Meloche. Un bateau-écumoire le pousse maintenant vers les berges, qui sont ensuite nettoyées. «La Garde côtière supervise toutes ces opérations», indique sa porte-parole, Nathalie Letendre.

Des plongeurs-soudeurs posent maintenant des plaques d'acier pour sceller le réservoir. Une fois l'opération terminée, le navire pourra livrer sa cargaison de blé à Québec.